Respirer tue 500.000 personnes par an en Europe

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Plus de 10.000 Belges sont morts prématurément en raison de la pollution de l’air en 2014, selon l’Agence européenne de l’environnement. Les principaux responsables de cette hécatombe sont les particules fines, même si leur niveau en Belgique est moins inquiétant qu’ailleurs en Europe. Friande de diesel, la Belgique est l’une des lanternes rouges européennes en matière de pollution au dioxyde d’azote, également mortel.

Respirer de l’air pollué tue, ça n’est pas nouveau, mais un rapport publié par l’Agence européenne de l’environnement (AEE) documente le phénomène d’une nouvelle couche de chiffres. Selon elle, la pollution de l’air a tué prématurément 10.400 Belges en 2014. À l’échelle de l’Union européenne, ce sont 487.600 personnes qui ont perdu la vie en raison de la pollution de l’air avant d’atteindre l’espérance de vie de leur pays (81 ans en Belgique).  

"En tant que société, nous ne devrions pas accepter le coût de la pollution atmosphérique, a commenté le directeur de l’agence européenne, Hans Bruyninckx, tout en se disant encouragé de constater que de nombreux gouvernements européens, et en particulier les villes, montrent l’exemple et protègent la santé des personnes en améliorant la qualité de l’air."

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Belges victimes du diesel

Le calcul de mortalité a été obtenu en croisant des données démographiques et épidémiologiques avec des mesures de concentration de polluants de quelque 2.500 stations à travers l’Europe. Il établit que, à elles seules, les particules fines sont responsables plus de trois décès sur quatre liés à la pollution de l’air.  

Le principal coupable de la mortalité est plus précisément le "PM2,5", qui désigne les particules d’un diamètre inférieur à 2,5 micromètres dégagées par les pots d’échappement et autres cheminées. Elles ont causé 8.340 décès en Belgique en 2014 et 399.000 sur l’ensemble de l’Union européenne.

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Comparé au reste de l’Union, la Belgique est loin d’être le pays le plus exposé aux particules très fines: elles coûtent 7,69 années de vie par 1.000 habitants contre une moyenne européenne de 8,52.

Moins de un citadin sur dix a été exposé en 2015 à des niveaux de PM2,5 supérieurs à la limite européenne (une moyenne de 25 µg/m3 par an). Mais si l’on suit les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ce sont plus de huit citoyens sur dix dépassent le plafond sanitaire (10 µg/m3).

S’agissant des particules fines de plus gros calibre (PM10), 19% des citadins européens ont été exposés à des niveaux supérieurs au seuil européen (mais 53% à des niveaux supérieurs aux prescrits de l’OMS).

→ Les autres polluants significativement létaux présents dans l’air européen sont le dioxyde d’azote (NO2) et l’ozone (O3), toujours selon le rapport. La Belgique est d’ailleurs l’un des pays européens où la mortalité due à l’exposition au dioxyde d’azote est la plus élevée, alors que ce gaz est notamment diffusé par les moteurs au diesel. L’Agence européenne estime qu’en Belgique, ce polluant coûte 1,7 année de vie perdue pour 1.000 habitants – seuls l’Italie et le Royaume-Uni font pire.

Un gouffre économique

En touchant la santé humaine, la pollution de l’air a "des impacts économiques considérables, augmentant les coûts médicaux et réduisant la productivité à travers les jours de travail perdus", souligne l’agence européenne dans son rapport. Sans compter que la pollution atmosphérique – en particulier par l’ozone, l’ammoniac et les oxydes d’azote – touche aussi directement "la faune et les végétaux, ainsi que la qualité de l’air et des sols et les services écosystémiques qu’ils soutiennent".

L’AEE ne brosse pourtant pas un tableau totalement noir. Elle considère que les politiques d’amélioration de la qualité atmosphérique produisent des effets positifs – "les émissions réduites ont amélioré la qualité de l’air en Europe, et pour un nombre de polluants, les dépassements des standards européens sont rares", écrit l’agence. Tout en s’empressant de souligner que des "défis substantiels" perdurent et que les solutions ne sont pas seulement technologiques: l’agence en appelle à "des changements structurels et comportementaux".

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