Deux projets flamands pour capturer le CO2

La ville de Gand, l'université et un certain nombre d'acteurs industriels, dont Engie, ArcelorMittal ou Fluxys, vont plancher sur le développement d'un hub de capture et de réutilisation du CO2 dans le port de Gand. ©BELGAONTHESPOT

À Gand, ArcelorMittal et Dow Benelux ont commencé à tester la capture du CO2 dans les gaz sidérurgiques. Et le port d’Anvers vient d’annoncer un ambitieux projet de production de méthanol durable à partir de CO2.

À Gand, le sidérurgiste ArcelorMittal et l’entreprise chimique Dow Benelux viennent de commencer à tester une installation pilote qui va séparer le CO2 et le CO provenant des gaz résultant de la production d’acier. L’installation, qui se trouve sur le site d’ArcelorMitall dans le North Sea Port, vise à capturer le CO2 et à le concentrer pour son stockage ou sa valorisation dans des process industriels.

Le projet, dont le budget se monte à 10,5 millions d’euros, a reçu 4,4 millions de subsides européens. Il devrait courir jusqu’à la fin 2020. Les résultats des tests seront utilisés pour déterminer la faisabilité technique et économique de cette manière de réduire le CO2, déjà réalisée en laboratoire, dans un environnement industriel.

En cas de succès, d’autres projets seront lancés pour valoriser le CO et le CO2. Cela pourrait réduire l’empreinte CO2 d’ArcelorMittal, un des plus grands consommateurs d’énergie en Europe, de 10%.

"Nous allons produire du méthanol durable à partir de CO2 capturé et d’hydrogène vert."
Didier Van Osselaer
responsable de projet au port d’Anvers

Plus largement, la ville de Gand, l’université et un certain nombre d’acteurs industriels, dont Engie, ArcelorMittal ou Fluxys, vont plancher sur le développement d’un hub de capture et de réutilisation du CO2 dans le port de Gand.

Le port d’Anvers, de son côté, a annoncé vendredi dernier qu’il avait fédéré différents acteurs, dont l’énergéticien Engie et la société de traitement des déchets Indaver, autour d’un ambitieux projet de production durable de méthanol.

• Les détails de ce projet ici

Le méthanol est une matière première utilisée par les acteurs industriels du port pour toutes sortes de processus chimiques – ils en consomment quelque 300.000 tonnes par an. Il est actuellement produit à base de matières premières fossiles.

Le projet pilote, qui devrait produire 4.000 à 8.000 tonnes de méthanol par an, devrait permettre d’éviter le rejet dans l’atmosphère de 4.000 à 16.000 tonnes de CO2 par an. "À l’avenir, nous allons produire du méthanol durable à partir de CO2 capturé et d’hydrogène produit à base d’énergie verte", explique Didier Van Osselaer, responsable du projet au sein du Port d’Anvers.

Le Vlaamse Milieuholding participera partiellement au financement du projet, dont le budget n’a pas été communiqué.

Stocker le CO2?

On parle depuis des années de capture et de stockage du CO2, par exemple en l’enfouissant dans des formations géologiques profondes. Mais nombre de projets ont été abandonnés après la chute du prix de la tonne de CO2. Le coût des infrastructures nécessaires au transport et au stockage reste élevé, et des questions se posent sur la faisabilité de la séquestration souterraine du carbone.

Selon le Giec, limiter le réchauffement climatique ne se fera toutefois pas sans stockage de carbone via des puits naturels comme les forêts ou des solutions techniques. La capture du CO2 en vue de sa réutilisation plutôt que son stockage est peut-être une voie plus prometteuse. C’est en tout cas ce que croit le gouvernement flamand, qui a décidé de consacrer 400 millions d’euros dans les 20 prochaines années à cette technologie.

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