L'humanité sous la menace d'impacts irréversibles, selon le Giec

Dans 30 ans, la vie sur Terre telle que nous la connaissons sera inéluctablement transformée par le dérèglement climatique, selon un rapport du Giec. ©AFP

Le Giec estime qu'un dépassement de plus de 1,5 degré pourrait entraîner "progressivement, des conséquences graves, pendant des siècles, et parfois irréversibles" sur Terre.

Un nouveau rapport d'évaluation du Giec, le groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, est en préparation. Très alarmiste, il explique que la vie sur Terre telle que nous la connaissons sera inéluctablement transformée par le dérèglement climatique quand les enfants nés en 2021 auront 30 ans, voire plus tôt: pénurie d'eau, exode, malnutrition, extinction d'espèces…

"La vie sur Terre peut se remettre d'un changement climatique majeur en évoluant vers de nouvelles espèces et en créant de nouveaux écosystèmes. L'humanité ne le peut pas."
Le Giec

Selon ce rapport, consulté par l'AFP, quel que soit le rythme de réduction des émissions de gaz à effet de serre, les impacts dévastateurs du réchauffement sur la nature et l'humanité qui en dépendent vont s'accélérer et se faire douloureusement sentir bien avant 2050.

Trop tard?

Ce rapport ne sera officiellement publié qu'en février 2022, après son approbation par les 195 États membres. Il devra éclairer les décisions politiques. Mais il arrivera trop tard cependant pour les cruciales réunions internationales sur le climat et la biodiversité prévues fin 2021.

"La vie sur Terre peut se remettre d'un changement climatique majeur en évoluant vers de nouvelles espèces et en créant de nouveaux écosystèmes", selon le résumé du projet. "L'humanité ne le peut pas."

Prix en hausse de 30%

Nourriture, accès à l'eau et logement seront fortement impactés. La multiplication d'événements météo extrêmes touchera de plus en plus la production. Le manque d'eau pourrait mettre en péril la riziculture dans 40% des régions productrices. L'apport protéinique tiré du riz, du blé, de l'orge ou des pommes de terre devrait chuter entre 6% et 14%, entraînant des carences. S'ajoutera la pression sur les terres à cause de la demande croissante en biocarburants ou de la plantation d'arbres pour séquestrer le carbone. Tous ces facteurs pousseront les prix à la hausse d'environ 30% d'ici 2050.

Propice pour les maladies

Vu que le réchauffement agrandit les territoires propices aux vecteurs de maladies, notamment les moustiques, la moitié des habitants de la planète pourront être exposés à la dengue et la fièvre jaune notamment, d'ici 2050. Les ravages du paludisme ou de la maladie de Lyme vont s'amplifier. Les décès liés aux diarrhées infantiles augmenteront. Les maladies liées à la qualité de l'air, notamment la pollution à l'ozone, typique des vagues de chaleur, vont aussi se multiplier. Il y aura des risques accrus de contamination de l'eau ou des aliments par les toxines maritimes, avertit le rapport.

+1,5°
Dépasser une augmentation de 1,5 degré pourrait entraîner des conséquences graves, pendant des siècles, et parfois irréversibles, selon le Giec

Les experts du Giec anticipent des pressions sur les systèmes de santé, comme celles qu'on a connues avec Covid-19, avec des "conséquences importantes et négatives pour les plus vulnérables".

Le seuil de +1,5 degré

L' abaissement du seuil au-delà duquel le réchauffement peut être considéré comme "acceptable" est une des conclusions les plus importantes du rapport. En signant l'accord de Paris en 2015, le monde s'est engagé à limiter le réchauffement à +2 degrés par rapport à l'ère préindustrielle, si possible +1,5 degré. Or, les trajectoires actuelles ne permettent pas d'atteindre ces seuils, selon les scientifiques.

Seule une "approche transformationnelle" de nos modes de vie et de consommation pourrait enrayer le moteur du changement climatique, selon le Giec.

Désormais, le Giec estime que dépasser 1,5 degré de hausse pourrait déjà entraîner "progressivement, des conséquences graves, pendant des siècles, et parfois irréversibles". Et selon le groupe d'experts, la probabilité que ce seuil soit dépassé dès 2025 est déjà de 40%. Seule une "approche transformationnelle" de nos modes de vie et de consommation pourrait enrayer le moteur du changement climatique, alimenté par la "surconsommation et l'exploitation abusive des ressources naturelles".

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