La loi climat renvoyée à l'après 26 mai

©REUTERS

Une majorité de Belges veulent une loi climat. Et pourtant, la loi climat ne sera pas votée sous cette législature.

C'est clair: il y a des marches organisées chaque semaine. Il y a ce sondage* aussi: plus de la moitié des Belges (53%) estiment que notre pays doit se doter d'une loi climat contraignante, d'après un sondage effectué pour le compte de la coalition "Sign For My Future", alors que les débats parlementaires sur la proposition de loi spéciale climat se poursuivent à la Chambre.

  • 51% des Flamands, 52% des Wallons et 63% des Bruxellois interrogés pensent que la Belgique devrait approuver une loi climat qui soit contraignante. 
  • Pour 10% seulement, la question climatique n'est pas un problème urgent à résoudre maintenant.
  • Une vaste majorité (73%) indique également vouloir connaître le coût des solutions climatiques.
  • 64% des répondants souhaitent un plan d'investissement à grande échelle permettant aux citoyens et aux entreprises de mettre en œuvre des solutions efficaces.
  • Pour 45% des sondés, la question climatique pèsera certainement sur leur comportement électoral.
  • Six Belges sur dix déclarent vouloir voter pour un parti qui voit dans les mesures climatiques des opportunités pour garantir la prospérité et le bien-être dans le futur.
  • Enfin, 60% des personnes interrogées pensent qu'il n'est pas trop tard, mais estiment qu'il faut agir, car les problèmes liés au réchauffement climatique ne se résoudront pas tout seuls (76%).

→ Alors, quand est-ce que la Belgique politique bouge?

La publication du sondage intervient alors que les débats parlementaires sur la proposition de loi spéciale climat, co-signée par les écologistes, les socialistes, le MR, DéFI et le cdH, avaient lieu à la Chambre, divisant opposition et partis de l'ex-Suédoise sur le sort qu'il lui sera réservé.

• Cette proposition de loi, élaborée par des experts, vise à donner plus de cohérence à la politique climatique belge, éclatée entre le fédéral et les Régions. Elle assigne aussi à la Belgique plusieurs objectifs, dont la réduction des gaz à effet de serre de l'ordre de 55 % d'ici à 2030 par rapport à 1990. Ce qui complique le parcours de cette proposition de loi, c'est qu'elle implique une révision de la constitution belge.

Et ce matin, l'Open VLD a redit son opposition à la proposition, Patrick Dewael rappelant l'opposition de son parti à une réforme de l'article 7 bis de la constitution nécessaire pour faire passer cette loi. Le MR a aussi affiché son scepticisme: "Nous avons mis le communautaire au frigo et nous n'avons pas l'intention d'ouvrir la boîte de Pandore. Nous ne voulons pas jouer aux apprentis-sorciers", a souligné David Clarinval. Une révision de la Constitution implique de réunir les deux tiers des voix du parlement. Or, ni la N-VA, ni le CD&V, ni l'Open Vld ne veulent de cette loi spéciale. Les libéraux refusent d'entrer dans une discussion sur la répartition des compétences entre le fédéral et les Régions où certains partis flamands auraient demandé une contrepartie."

Ce faisant, le MR confirme que la loi spéciale climat ne sera pas adoptée sous cette législature.

"C'est un bras d'honneur aux dizaines de milliers de manifestants qui se mobilisent chaque semaine pour que la Belgique se mette enfin sur le chemin de l'accord de Paris. C'est très lourd de sens et c'est irresponsable à l'égard des générations futures", a dénoncé Jean-Marc Nollet (Ecolo). 

• En février, la coalition "Sign For my future", qui rassemble des centaines de chefs d'entreprise et d'associations de la société civile, a lancé une pétition en ligne, appelant les citoyens à signer pour une politique climatique forte. A ce jour, plus de 195.000 personnes l'ont signée.

* L'enquête a été menée auprès d'environ 2.000 personnes du 8 au 13 mars. Elle a été réalisée par les bureaux d'étude Burat et Dynata en collaboration avec le professeur Gino Verleye de l'université de Gand.


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