Le G20 entérine l'isolement des USA sur le climat

Donald Trump et Angela Merkel ©AFP

Le communiqué final du G20 a pris acte de la sortie des Etats-Unis de l'accord de Paris de lutte contre le réchauffement climatique, et de l'isolement du pays sur la question. C'est la première fois que le G20 valide le fait qu'un pays membre puisse suivre une politique individuelle, à contre courant des autres membres.

Les pays du G20 ont trouvé un compromis sur le climat pour éviter une rupture définitive avec les Etats-Unis après leur sortie annoncée des accords de Paris, selon le communiqué final.

Ce communiqué l "prend acte" d'une part de la sortie des Etats-Unis de ces accords visant à lutter contre le réchauffement climatique, qui sont qualifiés d'"irréversibles". Une manière d'isoler les Etats-Unis sur le sujet. "Je me réjouis beaucoup que tous les autres chefs d'Etat et de gouvernement" s'en tiennent aux accords de Paris, a déclaré à la presse la chancelière allemande Angela Merkel, hôte du sommet. Dans le même temps, les Etats-Unis de Donald Trump obtiennent une concession.

La déclaration finale dit qu'ils "vont oeuvrer pour travailler étroitement avec d'autres partenaires pour faciliter leur accès et leur utilisation plus propre et efficace des énergies fossiles, et les aider à déployer des énergies renouvelables et d'autres sources d'énergie propre".

Ce passage instaure une situation inédite pour le G20 qui valide ainsi le fait qu'un de ses membres puisse suivre une politique individuelle à contre-courant de ses autres membres.

Ce qu'il faut en outre retenir du sommet 

  • Compromis sur le commerce. Sur ce point très attendu, au vu de la ligne protectionniste affichée par le président américain Donald Trump dès sa campagne, le G20 a accouché d'un compromis de façade entre libre-échange et régulation. Le G20 a réaffirmé son engagement à lutter contre le protectionnisme, un point loin d'être acquis au départ, mais reconnaît aux pays le droit à l'usage "d'instruments légitimes de défense commerciale". Cette formule évasive autorise toutes les interprétations, allant des seules mesures anti-dumping à la protection des industries nationales envisagée par Washington pour la sidérurgie et l'aluminium.
  • Trump-Poutine. Très attendu au vu du ton vindicatif de Donald Trump jeudi envers Moscou, le premier face-à-face vendredi entre le président américain et son homologue russe Vladimir Poutine a duré deux heures et quinze minutes. Syrie, Ukraine, accusations d'ingérence russe dans l'élection américaine: ils ont eu une explication de texte sur nombre de sujets qui empoisonnent la relation entre Moscou et Washington. Leur échange a été "très vigoureux" mais a révélé "une alchimie positive", a assuré le chef de la diplomatie américaine. Selon Moscou, Donald Trump a fini par "accepter" les dénégations russes sur les accusations de sabotage en coulisse de la campagne de Hillary Clinton lors de la présidentielle américaine.
  • Violences. Selon le dernier bilan, 213 policiers ont été blessés et 143 personnes interpellées entre jeudi soir et samedi, alors que le nombre de manifestants blessés n'est pas encore connu avec précision. Les échauffourées entre police et protestataires, les voitures brûlées, les pillages et les barricades ont à la fois perturbé à la marge l'organisation du sommet, éclipsé les vastes manifestations pacifiques et écorné l'image de l'Allemagne. A moins de trois mois des législatives allemandes, le spectacle offert par la deuxième ville du pays est en effet loin de la "porte sur le monde" dynamique et internationale présentée par les dirigeants allemands avant ce sommet. Dans un éditorial au vitriol, le quotidien Bild, fait porter samedi la responsabilité de la "débâcle" à la chancelière, en l'accusant d'avoir "échoué" à maintenir l'ordre public depuis les premiers heurts. 

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