Pour le climat, faites tourner la machine à laver en journée

©Bloomberg

La start-up e-FlowerPower aide le consommateur à consommer l’énergie verte lorsque celle-ci est réellement disponible.

Lorsque vous souscrivez à un contrat de fourniture d’énergie verte, qu’est-ce qui vous garantit que votre électricité est réellement verte? En allumant l’interrupteur, il vous est impossible de connaître l’origine de l’électricité qui vous permet d’obtenir de la lumière. Elle peut tout aussi bien être d’origine nucléaire que d’origine éolienne par exemple.

L’électricité ne peut être stockée. Le soir et la nuit par exemple, lorsqu’il n’y a pas de soleil, il n’est pas possible de générer de l’énergie solaire. L’énergie consommée proviendra donc plutôt de sources polluantes, même si vous avez souscrit pour de l’électricité verte.

Suivre la météo

Pour aider les consommateurs à anticiper les moments pendant lesquels la production d’électricité est la moins polluante, e-FlowerPower, une start-up créée par des ingénieurs belges et français, donne chaque jour la "météo de l’énergie" via son application gratuite.

Ainsi, lorsqu’on annonce plein soleil, vous pourrez faire tourner la machine à laver, le lave-vaisselle, etc. Parfois, le soir et la nuit seront à éviter, car c’est alors que l’électricité produite est la plus polluante. Ceux qui ont un compteur bi-horaire ne voudront sans doute pas renoncer au tarif de nuit, plus avantageux. Mais là aussi, il y a moyen de moduler: mieux vaut faire tourner ses machines à 2 heures du matin qu’à 22 heures, lorsque le réseau est saturé.

"Il est possible de modifier physiquement l’impact environnemental de nos usages, sans que cela ne coûte un euro", assure Marc Schicks, qui a créé l’application e-FlowerPower.

L’application prévoit les 6 heures de la journée les plus favorables à la consommation d’électricité et les 6 heures pendant lesquelles il est préférable d’éviter de consommer. Elle vous informe également des risques de black-out.

"En adaptant nos comportements de consommation, nous pouvons avoir un impact équivalent à plusieurs centrales nucléaires ou thermiques qui ne seraient dès lors plus nécessaires pour assurer nos besoins de consommation", assure Marc Schicks.

Où va l’argent?

Tout ceci tend à montrer que la vente d’électricité "verte" n’a qu’un aspect purement financier et ne modifie en rien la "qualité" de l’électricité que l’on consomme. Celle-ci est en réalité "un mélange" de toutes les sources de production.

On peut modifier l’impact environnemental de nos usages, sans que ça ne coûte un euro.
Marc Schicks
e-FlowerPower

Se pose dès lors la question d’où va l’argent de ceux qui souscrivent un contrat d’énergie verte, sachant que les producteurs d’énergie renouvelable sont généralement déjà subsidiés au travers des contributions obligatoires sur la facture d’électricité. "L’argent récolté peut donc aussi bien servir au développement de nouvelles unités de production renouvelables non subsidiées qu’à l’augmentation des profits de l’actionnaire", signale Marc Schicks.

Aucune certification ni étude ne répond, selon lui, à la question de la destination de cette manne. "En faisant croire au consommateur qu’il consomme de l’électricité verte, on le disculpe de son impact environnemental. On pourrait comprendre que cela arrange certaines entreprises du secteur qui souhaitent entretenir la consommation d’électricité. Ces abus de langage autour de l’énergie prétendument verte sont en revanche beaucoup plus étonnants de la part des associations."

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