Publicité
Publicité
analyse

Quelle responsabilité individuelle dans le changement climatique?

Environ 3.400 personne ont manifesté ce vendredi aux côtés de Greta Thunberg pour réclamer une politique climatique plus ambitieuse à l'Union européenne. ©AFP

3.400 personnes ont manifesté pour le climat ce vendredi dans Bruxelles, autour de Greta Thunberg. Alors qu'une étude relève que seuls 18% des Belges francophones ont changé leurs habitudes de consommation et de déplacement en faveur du climat...

61% des Belges francophones estiment que d’ici 50 ans, les conditions de vie deviendront vraiment très pénibles à cause des changements climatiques, selon le Thermomètre Solidaris. Mais seuls 18% des 1.000 répondants disent avoir déjà changé leurs habitudes de consommation et de déplacement. Il y a visiblement un grand écart entre la prise de conscience et la décision de passer à l'action

"Les petits gestes sont importants parce qu'ils permettent de ne pas rester dans l'abstrait, de comprendre les difficultés que représente l'effort... et d'en parler autour de soi."
Edwin Zaccaï
Professeur à l'ULB

Visiblement, à lire les résultats de l'étude Solidaris, les consommateurs attendent qu'on les prenne par la main. Trois quarts d'entre eux estiment que les États doivent agir et imposer la réduction des émissions de gaz à effet de serre et autres pollutions environnementales. "La responsabilité est largement collective et les individus disposent de peu de marge de manœuvre, quand ils en ont les moyens", affirme Solidaris.

Individuel vs. collectif

Edwin Zaccaï, directeur du Centre d'Études du Développement durable (CEDD, ULB) et auteur de "Deux degrés. Les sociétés face au changement climatique", confirme que les "petits gestes" ne vont pas suffire pour inverser la tendance en matière de réchauffement climatique. "Mais ils sont importants parce qu'ils permettent de ne pas rester dans l'abstrait, de comprendre les difficultés que représente l'effort... et d'en parler autour de soi. Cela joue un rôle de "ferment" du changement."

Alors, oui, c'est quand même utile de ne pas attendre une obligation légale pour changer. "Mais beaucoup de gens ne se sentent pas concernés par le changement climatique", rappelle Edwin Zaccaï. "C'est aussi parfois difficile de comprendre les actes utiles sans tomber dans les pièges. La pression du groupe dans lequel on évolue pèse en outre lourdement. Et n'oublions pas les contraintes structurelles, parfois héritées du passé. Par exemple si vous habitez la campagne, c'est difficile de gérer les déplacements..."

"Le plus important, c'est l'offre de consommation proposée par les entreprises. C'est de là que peut venir le changement."
Edwin Zaccaï
Professeur à l'ULB


Ce vendredi, plusieurs centaines de personnes ont à nouveau manifesté à Bruxelles pour le climat, à l'appel de l'organisation "Youth for Climate", en présence de la militante écologiste suédoise Greta Thunberg. "Ces mouvements donnent un mandat aux politiques pour qu'ils aillent plus loin", salue le responsable du CEDD, qui loue les efforts de la Wallonie, de Bruxelles et de l'Union européenne en matière de politique climatique.

"Mais le plus important, c'est l'offre de consommation proposée par les entreprises. C'est de là que peut venir le changement. Et le Green Deal européen va dans le bon sens, en permettant de mobiliser l'argent privé pour multiplier les solutions."

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité