25.000 manifestants à Bruxelles contre la réforme des pensions

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Quelque 25.000 personnes, selon le décompte de la police, se sont réunies ce mardi dans les rues de Bruxelles à l'appel du front commun syndical (FGTB-CSC-CGSLB) pour crier leur colère face à la politique du gouvernement Michel en matière de pensions.

Ils devaient être entre 30.000 et 50.000 dans les rues de Bruxelles ce matin, espéraient les syndicats. Pour défiler contre la réforme des pensions du gouvernement Michel. D'après la police, ils étaient 25.000 à manifester. Le cortège s'est disloqué peu après 12h.

La CSC, la FGTB et la CGSLB mobilisaient en masse contre le dernier projet que le ministre en charge du dossier, Daniel Bacquelaine, n’a pas encore repris complètement en main, la pension à points, qui est toujours sur la table du Comité national des pensions. Le dossier ne risque plus d’être pour très longtemps dans les mains des partenaires sociaux. Une seule réunion doit encore avoir lieu, et Daniel Bacquelaine entend finaliser le dossier en janvier…

En pratique: trains à l'arrêt, écoles perturbées

La présence de nombreux militants à la manifestation entraîne des perturbations dans certains secteurs.

Si le service de la Stib est assuré normalement, le réseau TEC est perturbé. Entre 27% et 50% des bus sont sortis des dépôts dans la région de Charleroi, qui semblait la plus touchée. La circulation des métros carolorégiens est également perturbée. Au sein des TEC Liège-Verviers, le dépôt de Jemeppe est le plus impacté, avec seuls 18% des bus en circulation. Entre 50 et 72% des bus roulent à Robermont, Verviers et en Hesbaye. A Eupen, tous les bus sont sortis du dépôt, a indiqué la porte-parole. Concernant le Hainaut, 24% des bus circulent dans la région du centre, 54% à Mons, 30% dans le Borinage et 82% dans le Hainaut occidental. Dans le Brabant wallon, 87% des parcours sont assurés. Les transports scolaires ne subissent pas de perturbations. A Namur-Luxembourg, plusieurs lignes sont à l'arrêt également.

Du côté du rail, ça roule plutôt bien malgré quelques trains supprimés. Un préavis de grève a été déposé par la CGSP Cheminots, pour permettre à ses affiliés de manifester à Bruxelles. Certaines lignes sont plus affectées: sur les trajets Mons-Bruxelles et Tournai-Bruxelles, un train sur deux circule. Entre Liège et Bruxelles, Charleroi et Bruxelles ainsi que sur la dorsale wallonne, entre 80 et 90% des trains sont opérationnels. Entre Namur et Bruxelles, 70% des liaisons sont effectuées. En Flandre, les trains roulent normalement.

Des perturbations sont aussi possibles dans les administrations, les écoles, etc. L’enseignement provincial liégeois a pour sa part décidé d’annuler les examens prévus ce mardi par crainte des perturbations sur le réseau des bus, ce qui empêcherait les étudiants de se rendre dans leur école. Cela concerne près de 9.000 élèves.

Les syndicats dénoncent une réforme qu’ils jugent peu transparente et lisible, et qui introduira de l’insécurité pour les futurs pensionnés. "Ce système à point n’est nullement une solution pour les travailleurs de notre pays, dit la FGTB dans une carte blanche. Les syndicats craignent en effet que la valeur du point ne soit modifiée en fonction de la conjoncture (économique, démographique ou budgétaire), et que les pensions, au final, ne soient qu’une variable d’ajustement du budget.

Retrouvez l'interview du ministre des Pensions, Daniel Bacquelaine: "Si 10% de la population travaille jusqu'à 67 ans, le résultat sera atteint."

Pension minimum relevée

Mais ce volet de la réforme n’est pas le seul qui suscite l’ire des syndicats. Ils protestent encore et toujours contre le relèvement de l’âge légal de la pension à 67 ans à l’horizon 2030. Ils tempêtent contre le montant moyen de la pension, qui reste l’un des plus bas d’Europe (la FGTB réclame que la pension minimale soit portée à 1.500 euros, ou au moins 75% du salaire moyen contre 65% actuellement). La CSC craint aussi de nouvelles coupes budgétaires dans le poste des pensions légales, pointant qu’il reste à économiser 265 millions d’euros d’ici 2020.

Enfin, FGTB, CSC et CGSLB se crispent aussi sur la prise en compte de la pénibilité de la carrière pour le calcul de la pension. Ce dossier, lui, est actuellement sur la table du gouvernement, et pourrait atterrir à la fin de la semaine. Cette prise en compte de la pénibilité permettra à certains métiers (ou plutôt certaines fonctions) de quitter plus tôt le marché du travail sans pour autant voir le niveau de la pension en pâtir. "Le gouvernement est cynique car il laisse un espace de discussion aux partenaires sociaux mais dans un cadre limité", dit-on à la FGTB.

Chez Bacquelaine, on explique qu’en effet, le projet de loi en discussion va fixer un cadre général qui devra être précisé au sein des secteurs, par les syndicats et les organisations patronales. Cette prise en compte de la pénibilité crispe particulièrement dans le secteur public, parce qu’elle suppose qu’en parallèle, on laisse tomber les tantièmes préférentiels qui permettaient aux fonctionnaires de partir plus tôt à la pension. À côté de cela, les fonctionnaires ont déjà dû faire une croix sur la prise en compte gratuite de leurs années d’études pour le calcul de la pension. Elle est dorénavant payante, comme pour les salariés et les indépendants.

Lire également notre Edito: Une question d'équilibre

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