Baptême du feu "réussi" pour Tamellini: il tape (déjà) sur les nerfs des patrons

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Première sentence choc du nouveau boss de la FGTB: "ce sont les patrons qui font la loi dans ce pays". À l’Union wallonne des entreprises, on s’étrangle. "Tamellini est dans la droite ligne de ce que fait toujours la FGTB: taper sur tout ce qui propose un développement économique". D’autres patrons regrettent "les slogans" et "le populisme" de la FGTB.

Ne vous fiez pas aux apparences, entre Jean-François Tamellini et Marc Goblet c’est bonnet rouge et rouge bonnet, à quelques nuances de forme près.

"Ce n’est pas ce genre de slogan qui va servir la cause syndicale."
marc raisière
ceo de Belfius

Ainsi, le nouveau numero uno – ad interim – de la FGTB a-t-il d’emblée monté le gros braquet mercredi en dégainant une sentence bien coupante que n’aurait pas reniée son prédécesseur liégeois: "ce sont les patrons qui écrivent les lois dans ce pays. Nous avons des éléments probants qui tendent à montrer que c’est la FEB et les patrons qui sont derrière les lois qui se dessinent actuellement".

Dans le collimateur du secrétaire général de la FGTB, les fédérations patronales, les grands patrons – Tamellini a pris soin d’avoir un mot gentil pour les PME et les étudiants – mais aussi le gouvernement fédéral.

Réactions

Vincent Reuter

(Union wallonne des entreprises). "Aucune surprise, avec cette déclaration, M. Tamellini montre qu’il se place bien dans la droite ligne de la FGTB et de Marc Goblet: taper sur tout ce qui propose un développement économique dans ce pays. Dès que quelque chose ou quelqu’un bouge dans un sens positif, il faut que la FGTB attaque les entrepreneurs. On a un gouvernement fédéral qui s’active pour le développement économique, c’est une vraie valeur ajoutée. J’irai même plus loin: même si c’est exact ce que je ne crois pas une seconde que la FEB rédige certaines lois, je vous le demande: est-ce réellement choquant? C’est quand même eux qui ont la meilleure expertise pour savoir ce dont ont besoin les entrepreneurs. J’ajouterai enfin que faire croire que les patrons dictent la loi, c’est faire injure à l’intelligence de ministres comme Kris Peeters ou Willy Borsus, tout le monde voit très bien qu’ils ne sont pas le genre de personnes à se laisser dicter quoi que ce soit…", termine Vincent Reuter.

Eric Mestdagh

(groupe Mestdagh). "Je pense que c’est très positif que le gouvernement écoute les fédérations patronales. J’espère bien que le gouvernement les écoute! Dans le même ordre d’idées, le gouvernement écoute aussi, j’imagine, les agriculteurs, les médecins ou encore les syndicats. C’est l’essence d’un système qui fonctionne. Le gouvernement wallon, avec le socialiste Jean-Claude Marcourt, écoute aussi les patrons. Maintenant, je comprends que le nouveau chef de la FGTB doit avoir quelques formules chocs pour ses débuts, mais dire que ce sont les patrons qui écrivent les lois, c’est faux", dit Eric Mestdagh.

Eric Domb

(Pairi Daiza). "Ce genre d’affirmation, c’est du populisme, qu’ils soit de gauche ou de droite, il a le même goût".

Marc Raisière

(Belfius). "Ce type de slogan me paraît totalement hors propos et assez déplacé. A une période où des transformations profondes de nos sociétés se passent, c’est vraiment le genre de slogan qui ne sert en rien la cause syndicale".

Bernard Delvaux

(Sonaca). "Je ne connais pas personnellement Jean-François Tamellini mais serais très intéressé de le rencontrer pour améliorer nos façons de faire, en vue de rebooster la croissance et en particulier la croissance industrielle en Wallonie et en Belgique. Après tout, c’est quand même un objectif que nous avons en commun, me semble-t-il".

Willy Borsus

(MR, ministre fédéral en charge des indépendants et des PME). "C’est une affirmation totalement gratuite et entièrement non fondée. Dois-je rappeler les différentes réactions de l’UCM, de l’Unizo, de la FEB, au sujet de notre proposition de réforme de la législation travail portant sur la flexibilité? Je pense que le nouveau patron de la FGTB devrait faire attention aux commentaires qu’il formule, y compris sur les réseaux sociaux."

Des tweets controversés

Jean-François Tamellini s’est illustré par le passé par quelques tweets "musclés" à l’encontre du gouvernement fédéral et du MR. Il a reconnu hier qu’il devrait à l’avenir quelque peu modérer ses propos.

©Tweeter

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