Bellot aux syndicats du rail: "Faites preuve de bon sens"

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Depuis 22 heures hier soir, de nombreuses gares et des ateliers de la SNCB sont paralysés par une grève surprise décrétée par les syndicats francophones. Le rail wallon est complètement à l'arrêt, ce qui impacte aussi la circulation des trains en Flandre et à Bruxelles. La grève provoque aussi d'importants embouteillages sur les routes en direction de Bruxelles.

La circulation ferroviaire est à l'arrêt jeudi matin en Wallonie en raison de la grève des cheminots convoquée mercredi en fin de journée par les syndicats CGSP Cheminots et CSC Transcom.

"Deux tiers du personnel affilié à l'un des syndicats participants se croisent les bras", a affirmé le secrétaire permanent de la CGSP-Cheminots pour Bruxelles, Philippe Dubois.

Selon lui, une réunion avec la direction de HR-Rail est prévue à 11h00. Les syndicats CGSP Cheminots et CSC Transcom ont lancé un appel pour protester contre la décision de HR-Rail, la société qui emploie juridiquement le personnel des chemins de fer, d'appliquer une mesure diminuant les jours de crédit des cheminots, sorte de jour de récupération, dans le cadre de l'augmentation de la productivité demandée aux cheminots par le gouvernement.

"Nous voulons le retrait de la circulaire qui met cette mesure en œuvre. Il s'agit d'une provocation, alors que la procédure que nous avons engagée devant le conseil d'Etat pour contester cette décision est toujours en cours", a ajouté Philippe Dubois.

"Les gens sont pris en otage"

L'action constitue une véritable épreuve du feu pour François Bellot, ministre de la Mobilité depuis le 18 avril.  L'homme a déploré la grève sauvage entamée en violation d'un protocole d'accord datant de 2009 et prévoyant des délais avant de déclencher une telle action.

"C'est une grande incompréhension", a-t-il affirmé lors de l'émission Matin Première de la RTBF-radio, dont il était l'invité, tout en refusant de prononcer le mot "inexcusable" utilisé par le syndicat étudiant de l'Unécof pour qualifier cette grève en période d'examens scolaires et universitaires.

"Ici, les gens sont pris au piège", a déploré François Bellot  qui affronte ainsi son premier mouvement social d'envergure depuis son entrée en fonction. Il a appelé les syndicats à faire preuve de "bon sens" en arrêtant "de grâce" ce mouvement qui prend au piège les usagers. 

François Bellot a souligné que cette grève intervenait alors que l'"encre de l'accord social (conclu récemment entre les syndicats et la direction de la SNCB, ndlr) n'est pas encore sèche" et ne concernait qu'un seul article de cet accord.

Chacun campe sur ses positions

Le mouvement de grogne des cheminots a débuté mercredi après la décision de HR-Rail, la société qui emploie juridiquement le personnel des chemins de fer, d'appliquer une mesure diminuant les jours de crédit des cheminots, sorte de jour de récupération (voir explications plus bas).

Plus tôt dans la journée de mercredi, des discussions entre la direction de la SNCB et les syndicats, réunis en sous-commission paritaire nationale extraordinaire, n'ont rien donné. Les travailleurs ont ainsi choisi la voie du durcissement de ton. La CGSP-Cheminots a d'ailleurs d'ores et déjà fait savoir qu'une grève "au finish" sera organisée dès 22H00, jusqu'à obtenir satisfaction, de l'ensemble des agents SNCB. "Aujourd'hui, tous les ateliers étaient en grève. Le mouvement va être repris par les accompagnateurs et les conducteurs de train face au refus des directions du rail d'entendre les requêtes du personnel", explique Michel Abdissi, chef de file de la CGSP Cheminots.

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Le syndicat chrétien a rejoint la position de ses confrères socialistes et suit le mouvement de grève. Mais si du côté de la CGSP, on parle de grève au finish, la CSC se montre plus prudente: "Nous espérons quand même que la direction ouvrira les débats", fait savoir Isabelle Bertrand, permanente nationale de la CSC Transcom.  La grève menée en front commun débutera dès 22h00. "Nous voulons donner la possibilité aux voyageurs de rentrer chez eux", indique Philippe Dubois, secrétaire permanent de la CGSP Cheminots pour Bruxelles.

Au sommet de la SNCB, les patrons se sont montrés disposés à poursuivre la concertation à propos du calendrier et de l'application des mesures d'augmentation de la productivité, apprend-on dans un communiqué de HR Rail, l'employeur juridique du personnel ferroviaire.  Mais il n'est néanmoins pas possible, selon les différentes directions du rail belge, "de retirer à nouveau ces mesures sans garanties d'alternatives qui permettraient d'atteindre tout aussi bien les objectifs initiaux".   

Aucune nouvelle rencontre avec les directions n'est prévue à l'heure actuelle, selon les syndicats. "Nous attendons d'être réinvités autour de la table", selon le président de la CGSP Cheminots.

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