Ce vendredi, encore une grève

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Ce vendredi 24 juin, la FGTB fera grève dans tout le pays, le secteur public comme le secteur privé seront touchés. La FGTB dément la désinformation dont on l’accuse, et rappelle les mesures qui feront mal aux travailleurs.

Le pitch était facile: "La FGTB ne désinforme pas." Réponse du berger (Goblet) à la bergère (la coalition suédoise, donc Charles Michel) qui l’accuse de mentir aux travailleurs sur les réformes prises par le gouvernement en matière de pensions, de fiscalité et de flexibilité au travail.

Ce pitch, c’est le thème choisi par la FGTB pour le tract destiné à mobiliser les troupes en vue de la grève générale de vendredi. Car demain, l’activité économique va (de nouveau) subir un solide coup de frein. A l’appel de la FGTB, on va débrayer partout dans le pays. Le secteur public comme le secteur privé seront touchés.

Qui va faire grève?

Pour rappel, c’est une grève générale. Ce qui veut dire qu’elle peut potentiellement toucher tout le monde: les entreprises du secteur privé comme du secteur public, les administrations, les transports, les écoles, les hôpitaux… "Ce seront essentiellement des actions avec des piquets devant des entreprises. Il n’y a aucun mot d’ordre pour bloquer des ronds-points, des routes, etc. Mais personne ne peut empêcher des initiatives locales ou régionales", a expliqué Marc Goblet, secrétaire général de la FGTB.

Mais il y a un mais… L’appel n’a été lancé que par la FGTB. La CSC et la CGSLB ont décidé de ne pas suivre, jugeant le timing mal choisi. Elles se joindront au mouvement en octobre prochain, pour la grande grève interprofessionnelle prévue le 7 octobre. Donc, cette fois-ci, ce n’est pas une grève en front commun. La FGTB pèse pour environ 45% des affiliées syndicaux. La grève ne sera donc pas nécessairement suivie partout.

Re-bémol: la CSC a décidé de ne pas lancer d’appel à la grève, mais sa centrale "employés", oui. La CNE a lancé un préavis qui couvre ses membres pour toutes les actions jusqu’au… 7 octobre (jour de la grève générale en front commun).

Le mouvement sera-t-il bien suivi?

Posez la question à un syndicaliste, il vous dira évidemment oui. D’autant qu’elle était prévue de longue date. La FGTB a eu le temps de mobiliser ses troupes. Et pourtant, bien des menaces pèsent sur le succès de l’opération… La principale vient du syndicat lui-même, ou plutôt de l’aile wallonne de sa centrale services publics. La CGSP wallonne est partie en solo dans un mouvement de grève dès la fin du mois de mai. Depuis, les actions éparses se suivent: certaines de grande ampleur (prisons, SNCB, TEC), d’autres plus modestes (administrations, éboueurs, magistrats…). Mais ces mouvements de grève s’essoufflent aussi au fil du temps. La FGTB fédérale réussira-t-elle le pari de regonfler le ballon de la contestation pour une journée? Rendez-vous vendredi…

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Le timing aussi tombe mal: on est en plein tournoi de l’Euro 2016 (et la population s’inquiète davantage de la performance des Diables que de l’épée de Damoclès qui pèse sur leurs pensions), la menace terroriste reste présente.

Le dernier facteur négatif, c’est le manque de résultats produits par les actions jusqu’à présent. Les avancées restent très faibles (c’est d’ailleurs ce qui fait que la FGTB ne jette pas les armes), le gouvernement fédéral ne bouge pas d’un iota de la ligne qu’il s’est fixée. Mais la base, elle, pourrait se lasser face à ce manque de productivité…

Pourquoi encore faire grève?

On l’a dit, la FGTB a orchestré sa communication pour ce 24 juin autour des accusations de mensonge qui lui sont faites. Elle rappelle, dans un trac qui résume les mesures fédérales, la perte des acquis sociaux que risquent d’entraîner les réformes, le non-respect de la concertation sociale, le désinvestissement dans les services publics. La FGTB cherchera aussi à peser sur les discussions sur la pénibilité au Comité national des pensions. L’atterrissage de cette discussion, nouveau jalon de la réforme des pensions, est prévu pour la semaine prochaine.

le résumé

Ce vendredi 24 juin, la FGTB fera grève dans tout le pays, le secteur public comme le secteur privé seront touchés.

La FGTB dément la désinformation dont on l’accuse, et rappelle les mesures qui feront mal aux travailleurs.

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