"Comment est-il possible de créer de l'emploi sans que le chômage ne baisse?"

Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC ©Photo News

Marie-Hélène Ska, la secrétaire générale de la CSC, est revenue sur la crise politique dont elle craint les conséquences en matière sociale. La veille, au sein du Groupe des Dix, les partenaires ont tenté d’apaiser les crispations sur les dossiers période d’essai, délais de préavis et salaire des jeunes. Mais l’accord se fait attendre.

On a cru un instant que c’était reparti comme dans les belles années de la concertation sociale. Quand les interlocuteurs sociaux s’appelaient entre eux "partenaires". La lune de miel – qui a débuté au lendemain de la conclusion de l’accord interprofessionnel au mois de janvier – a été de courte durée.

Il y a deux semaines, alors qu’ils discutaient des trois dossiers à trancher sur la table (réintroduction de la période d’essai, salaire des jeunes et délais de préavis), les syndicats et fédérations patronales se sont à nouveau lancé des assiettes à la tête. Hier, ils devaient tenter de renouer le dialogue. Ça a été le cas. Mais sans pour autant aboutir à un accord.

"Les discussions ont été longues, tendues, mais on est parti du principe qu’on ne voulait pas rompre."
une source syndicale

"Les discussions ont été longues, tendues, mais on est parti du principe qu’on ne voulait pas rompre", nous dit une source syndicale. Et donc, les interlocuteurs sociaux n’ont pas signé le divorce, pas de cris ni de claquements de porte. Ils doivent se revoir la semaine prochaine, pour tenter à nouveau de dénouer les dossiers. "On n’a pas le choix, on est condamné à trouver une solution. Car s’il y a rupture du dialogue sur ces dossiers-là, ça sera difficile de parler d’autres choses encore…"

Ce refus de renvoyer la balle au gouvernement n’est néanmoins pas partagé de toutes parts. Du côté des classes moyennes, il semblerait que l’idée fasse son chemin. L’Unizo (classes moyennes flamandes) a déjà fait savoir qu’elle préférerait que le gouvernement tranche plutôt que de devoir faire des concessions aux syndicats…

L'interview de Marie-Hélène Ska

La CSC exhorte les futures majorités à ne pas faire table rase des accords négociés. "Quels que soient demain les partenaires à Bruxelles, en Wallonie et à la Fédération Wallonie-Bruxelles, j'espère qu'ils seront responsables et en capacité de comprendre le travail qui a été accompli et de le mettre en oeuvre", a déclaré la secrétaire générale de la CSC. 

Quels sont les blocages?

Les syndicats ont du mal à faire passer auprès de leur base le projet qui consisterait à prévoir une période d’essai "light": au cours des deux premiers mois de l’engagement, le préavis serait réduit à une semaine, au lieu des deux semaines qui sont en vigueur actuellement.

L’idée de prévoir des délais de préavis plus courts dans certains secteurs, comme la construction, cabre aussi le banc syndical.

Il y a deux semaines, alors que tout le monde pensait être parvenu à un accord sur ce point au Groupe des Dix, les instances syndicales ont rejeté le texte à la grande surprise du banc patronal. Aux yeux des instances de la FGTB et la CSC, il y avait trop peu de contrepartie sur la table pour que le texte puisse passer. En effet, le ras-le-bol général continue de dominer face aux mesures prises par le gouvernement. La base syndicale l’a donc fait savoir: entre les projets sur les pensions, le saut d’index, la sécurité sociale mise au régime, ça suffit. Trop is te veel, on ne cède plus sur rien.

Manque de vision

Ce retournement de situation a passablement énervé le patronat, la Fédération des entreprises de Belgique y voyant un manque de vision des syndicats.

Sur le banc patronal, on précise qu’on était prêt à renoncer au projet d’abaissement du salaire des jeunes si les syndicats acceptaient les points concernant la période d’essai et les délais de préavis. Ce projet portant sur le salaire des jeunes est dans les cartons du gouvernement. Il avait pour but de stimuler l’embauche des jeunes de moins de 21 ans en rendant le coût du travail moins élevé pour eux. Les syndicats craignent un "marché de dupes".

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