CSC Metea annonce une journée de grève ciblée le 7 octobre

©BELGA

Le secteur du textile et celui du métal sont les premiers à dégainer l'arme de l'action ciblée, censée remplacer la grève générale du 7 octobre. La CSC, la FGTB et la CGSLB ont en effet décidé de suspendre cette grève générale tout en mettant la pression sur les secteurs et les entreprises. La manifestation du 29 septembre est, elle, maintenue.

Les premières actions ciblées promises par les syndicats s'organisent. Ce mercredi, le syndicat chrétien CSC Metea a annoncé le dépôt prochain d'un préavis en vue d'une "journée de grève ciblée", le 7 octobre prochain, dans les secteurs métal et connexes et le secteur du textile. "L'objectif de cette action est d'exprimer notre mécontentement face aux politiques gouvernementales, mais aussi face à la façon dont les patrons des grandes entreprises gèrent les dossiers actuellement", explique le syndicat chrétien, tout en précisant que le préavis de grève sera officiellement déposé ce lundi 26 septembre.

"Les gens en ont marre que les patrons se cachent derrière le gouvernement."
marc leemans
président de la csc

Cette annonce fait suite à la réévaluation du plan d'action des représentants des travailleurs (voir plus bas). Ce mardi, on apprenait du côté du front commun syndical que la grève générale du 7 octobre allait se substituer en actions ciblées dans les différents secteurs. Retour sur ce changement d'attitude dans le chef des syndicats. 

"Les syndicats vont créer de nouveaux Caterpillar avec leurs grèves."
Agoria

 

Pourquoi il n'y aura pas grève générale le 7 octobre

Il n’y aura pas de grève générale le 7 octobre prochain. Vous lisez bien. "Pas" de grève. Les syndicats ont réévalué leur plan d’action lancé depuis le printemps dernier. Le calendrier prévoyait une manif nationale le 29 septembre (elle est maintenue), et une grève générale le 7 octobre. Cette dernière est "suspendue", expliquent la FGTB, la CSC et la CGSLB dans un communiqué commun. Les syndicats mèneront malgré tout des actions de grève dans les secteurs et les entreprises.

Un rétropédalage sur une annonce de grève générale dans le chef de la FGTB, cela n’arrive pas tous les jours. Que s’est-il passé? Décodage.

→ La FGTB était le seul syndicat a afficher ouvertement vouloir partir en grève le 7 octobre. C’était au printemps dernier. Mais il avait toujours été décidé d’évaluer le calendrier au fur à mesure des avancées. Or entre avril et septembre, de l’eau a coulé sous les ponts. Le secrétaire général Marc Goblet a décroché quelques semaines, rattrapé par des soucis de santé. Jean-François Tamellini a pris sa place, assurant un intérim au ton plus modéré. Il a notamment déclaré qu’il fallait "mieux cibler" les actions, toucher "ceux qui tiennent les rênes de l’économie", ne pas rendre le mouvement "contre-productif". Sa voix a manifestement été entendue. Les syndicats ont décidé de cibler les actions sur le patronat, et non sur le gouvernement.

→ La CGSLB avait déjà dit durant l’été qu’elle ne participerait pas à une grève générale. La CSC devait se positionner ce mardi. Elle a jugé que le timing n’était pas le bon. "Nous avions évoqué une grève générale le 7 octobre au cas où le gouvernement prenait de nouvelles décisions budgétaires durant l’été. Mais le processus a été retardé, rien ne sortira avant le 11 octobre. Nous devons donc attendre, évaluer les mesures prises, et voir si le gouvernement rétablira un certain équilibre en notre faveur avant de décider de débrayer", explique le président de la CSC Marc Leemans. La FGTB dit avoir tiré le même constat. Une grève générale aurait été prématurée. Elle se range à l’avis de ses partenaires, en ménageant le front commun. Nécessaire en ces temps sociaux perturbés…

On ne tire pas sur une ambulance? Il y a peut-être aussi de cela. Le gouvernement doit faire face à l’hémorragie sur le front de l’emploi: Caterpillar, Axa, Douwe Egbert, MS Mode… Les jobs se perdent à la pelle. Les syndicats peuvent-ils tirer à boulet rouge sur le pouvoir politique qui a appelé à l’"union sacrée"? Non. Ils choisissent donc de cibler le premier responsable de leurs maux: le patronat. Pour les syndicats en effet, les empêcheurs de tourner en rond dans les dossiers flexibilité ou loi salariale, ce sont les employeurs. "Les gens en ont marre qu’ils se cachent derrière le gouvernement, et soient les instigateurs de sa politique", s’emporte Marc Leemans.

→ Notons qu’en agissant de la sorte, la CSC évite soigneusement de mettre à mal son seul relais politique, le ministre de l’Emploi. En portant ses espoirs de rééquilibrage sur les épaules de Kris Peeters, elle met la pression d’une manière différente – et peut-être pas moins efficace – qu’une bonne vieille grève générale…

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