Droit de grève: ça cale...

Pieter Timmermans. ©Photo News

La réunion entre les syndicats et les diverses fédération patronales du pays consacrée au "gentlemen's agreement", qui détermine ce qui est permis lors d'un conflit social, n'a débouché sur aucun accord.

La réunion du Groupe des Dix consacrée à l'actualisation du "gentlemen's agreement" s'est achevée sans que les partenaires sociaux puissent arriver à un accord après un peu plus d'une heure et demie de discussions. Les syndicats restent sur un "constat d'échec", ont-ils indiqué à leur sortie du siège de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB).   

  • Ce "gentlemen's agreement" détermine ce qui est permis lors d'un conflit social et qui n'a plus été actualisé depuis 2002.
"Nous avons dû faire face à des éléments inacceptables qui empêchent toute forme d'action syndicale."
Marc Goblet
Secrétaire général de la FGTB

 

Le but de la réunion était de dépoussiérer l'accord qui détermine ce qui est permis lors d'un conflit social. Une remise à niveau qui n'a plus été faite depuis 13 ans et entre-temps les dernières mobilisations syndicales ont laissé des traces.  Mais à la FGTB, on estime que la question de la responsabilité juridique des syndicats, qui fait l'objet d'une proposition de loi de l'Open VLD, s'apparente à un "délire". "Il faut arrêter avec ça. Les syndicats sont responsables, ils n'appellent pas à l'action violente. Dans une mobilisation, il est impossible de contrôler tout un chacun. Il est également apparu que certains débordements n'étaient pas le fait d'affiliés" indique Marc Goblet.

Une reprise des négociations "demandera du temps"

Le secrétaire général de la FGTB assure que les syndicats "ont été très loin dans le sens de prendre leurs responsabilités, au-delà de ce qu'ils font déjà, mais que des éléments, comme par exemple le fait d'interdire les blocages d'accès aux routes, ont empêché de parvenir à un accord". Marc Goblet souhaite que les partenaires puissent se remettre autour de la table, "mais ça demandera du temps". "Il n'y a rien de programmé, mais les esprits vont travailler et peut-être évoluer", prévoit-il. 

"Il n'y a pas d'accord sur l'ensemble, il n'y a donc d'accord sur rien", a résumé la secrétaire générale de la CSC, Marie-Hélène Ska. "L'objectif est d'empêcher les travailleurs de faire valoir leurs droits, leur liberté élémentaire n'était pas respectée. Les syndicats sont responsables et d'accord pour avancer, mais du côté patronal, certains continuent à croire que tout est permis."

Selon la CSC, la polémique suscitée par l'attitude de la société Accent Jobs, qui encourage ses travailleurs à boycotter les élections sociales en échange d'un jour de congé supplémentaire et d'un smartphone, montre qu'il y a un besoin de médiation et d'organisation du dialogue social par les syndicats.

Les employeurs "très déçus"

"Je n'ai pas compté le nombre de réunions, de versions de textes échangées entre partenaires... Ce ne sera pas évident de recommencer - pour ne pas dire plus. Toutes les voies ont été explorées."
Pieter Timmermans
Fédération des entreprises de Belgique

"Nous sommes très déçus que les négociations entamées en octobre sur ce thème très important n'aient pu déboucher sur un accord", a déclaré l'hôte de la réunion, l'administrateur délégué de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), Pieter Timmermans. La fédération patronale se montre pessimiste sur la possibilité de poursuivre les discussions. "Toutes les voies ont été explorées. Il appartient désormais aux autorités publiques de voir comment elles peuvent éviter de nouvelles actions illégales" des syndicats.

"Les négociations des dernières semaines avaient pour but de montrer que les partenaires sociaux n'acceptaient plus les dérapages ou les action illégales comme les prises en otage de directions, les refus par la violence de l'accès à l'outil de travail, le blocage des autoroutes et zones industrielles, etc.", a souligné Peter Timmermans. "Aucune convention internationale n'indique qu'il est permis d'installer des barrages routiers", martèlent les employeurs.   

L'administrateur délégué de la FEB s'est montré pessimiste pour l'avenir de ces négociations. "Je n'ai pas compté le nombre de réunions, de versions de textes échangées entre partenaires... Ce ne sera pas évident de recommencer - pour ne pas dire plus. Toutes les voies ont été explorées. Personne ne peut accepter des choses illégales. S'il n'y a pas d'accord, c'est désormais aux autorités publiques de voir ce qu'elles peuvent faire pour éviter que ces choses se produisent à nouveau."

©Photo News

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