Grève à la SNCB: "On fait du surplace"

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Le ministre de la Mobilité, François Bellot, est prêt à suspendre la circulaire qui réduit le nombre de jours de crédit des cheminots. Les syndicats veulent quant à eux des contreparties avant de continuer à négocier.

La grève du rail touche-t-elle à sa fin? En tout cas, le ministre de la Mobilité François Bellot, essaie de rappeler les syndicats autour de la table des négociations. Il a déclaré être ouvert à suspension de la circulaire qui réduit le nombre de jours de crédit, à condition que les syndicats appellent leurs affiliés à mettre fin aux actions. Pour lui, les deux parties ont tout intérêt à retourner autour de la table. Cette envie de négociation a été confirmée officiellement par un communiqué de presse de HR Rail.

Bref, "suspendre la circulaire litigieuse, mais toujours de manière conditionnée. On fait du surplace", a déploré Michel Abdissi, secrétaire général de la CGSP Cheminots, au sortir d'une nouvelle réunion de conciliation qui s'est terminée mercredi vers 19h00. "Nous aurions été prêts à accepter la proposition du ministre Bellot, mais on nous a répondu que la concertation sociale devait se faire autour de la table", a également expliqué Marianne Lerouge, responsable générale du secteur rail de la CSC Transcom. Aucune nouvelle réunion n'a été planifiée.

Jours de crédit - La pomme de discorde

Les jours de crédit sont une compensation pour les heures de travail supplémentaires des cheminots. Ils remontent à 1996. Il avait alors été convenu entre direction et syndicats de la SNCB que les cheminots travailleraient 38 ou 40h, mais ne seraient payés que 36h (avec une perte de salaire de 1,65%). Les heures non rémunérées étant compensées par les fameux 13 jours de crédit qui ne sont autres que des jours de récupération. Ces jours viennent s’ajouter aux 20 jours de congés légaux des agents de la SNCB.

Le problème: même le cheminot qui ne travaille pas (congé ou maladie) bénéficie toujours des jours de crédit. C’est cette "anomalie" que la direction veut corriger en supprimant un jour de crédit après 18 jours d’absence.

1. Quid de la perte de salaire acceptée par les cheminots en 1996?

2. Parmi ces 18 jours d'absence, la SNCB prend en compte les jours de maladie, de congé (annuel, syndical, parental) et... les jours de crédit. A ce rythme-là, tous les cheminots sont concernés.

 

Des perturbations pourraient en effet encore se poursuivre plusieurs jours. La CGSP Cheminots a déposé un préavis de grève pour mercredi, jeudi et vendredi. Son aile flamande ne suit pas le mouvement. La CSC Transcom - qui n'appelle par officiellement à la grève - a toutefois déclaré qu'elle couvrira les cheminots en grève jusqu'à vendredi au moins.

Sabotage sur le rail

Six actes de sabotage ont été comptabilisés ce mercredi, dont certains étaient toujours en cours vers 10h00 à plusieurs endroits du réseau ferroviaire wallon, indique un porte-parole du gestionnaire de l'infrastructure Infrabel, qui condamne les faits. Ces actes étaient notamment des pétards d'alerte posés sur les voies, qui enclenchent automatiquement le freinage d'urgence, précise Infrabel, ainsi qu'un drapeau rouge sur les voies, qui enclenche également ce freinage. Des courts-circuits ont également été provoqués pour brouiller les signaux.

Ces faits ont été notés à Flawinne, Renaix, Waterloo, Châtelet et La Louvière-Sud, "où des grévistes ont aussi été signalés sur les voies".

Infrabel juge ces actes "irresponsables et scandaleux" et "se réserve le droit de poursuivre les auteurs qui mettent la vie de personnes en danger". "On a déjà vu des blessés durant un freinage d'urgence", ajoute Infrabel.

La circulation ce mercredi

• A la SNCB

Aux environs de 16h00, en début d'heure de pointe, sept trains sur dix roulaient sur les axes ferroviaires les plus importants en Flandre.

En Wallonie, seul un train sur quatre circule, indique le gestionnaire de l'infrastructure Infrabel.

→ Sur la ligne Ostende-Gand-Bruxelles, neuf trains sur dix circulent. Entre Anvers et Bruxelles, c'est cinq trains sur 10. Sur la ligne Liège-Louvain-Bruxelles, 45% des trains roulent mais ne circulent pas en Wallonie et s'arrêtent donc à Louvain.
→ Quatre trains sur dix circulent vers l'aéroport
→ 
La circulation des trains est quasi-nulle dans le Hainaut, ajoute la porte-parole de la SNCB.

"Ailleurs, cela roule partout avec des fréquences nettement moins élevées" qu'à l'habitude. "Cela ne va certainement pas s'améliorer pendant le reste de l'heure de pointe", précise Frédéric Petit, porte-parole d'Infrabel. Les perturbations étaient plus importantes mardi, jour d'action nationale dans les services publics.

• Chez les TEC

La circulation des bus est perturbée en Wallonie à l'exception des provinces du Luxemboug et du Brabant wallon. Et les perturbations se poursuivront ces jeudi et vendredi, a fait savoir le groupe TEC.

 Aucun bus ne circule en province de Liège, à l'exception de la région Verviers-Eupen.
→ 
Aucun bus ni métro ne circule par ailleurs dans la région de Charleroi à cause des piquets de grève présents dans les différents dépôts.
→ A Mons, seuls 4% des services sont assurés; à Eugies, à peine un véhicule sur 10 circule.
→ Dans la région du centre, toutes les lignes sont supprimées.
→ En Hainaut occidental, les perturbations se font moins sentir avec quelque 70% des services qui sont assurés.
→ 
En province de Namur, un tiers des voyages sont maintenus.
→ 
En ce qui concerne la province de Brabant wallon, 82% des bus circulent.
→ Enfin, la province de Luxembourg est la moins impactée par les actions syndicales avec 92% des voyages qui sont assurés.

  Les 900 circuits de transport scolaire vers l'enseignement ordinaire et spécialisé sont par contre tous assurés. Les voyageurs sont invités à s'informer via le site infotec.be ou via les réseaux sociaux.

• A la Stib

Pas de perturbations dans le réseau souterrain de la STIB, alors que le réseau de surface subit les embouteillages.

• Sur les routes

Touring Mobilis comptabilise 209 kilomètres de files sur les routes belges, vers 18h00. Les embarras de circulation concernent surtout le ring de Bruxelles. Il reste difficile de quitter la capitale à l'heure de pointe du soir. Des ralentissements sont notés sur le ring intérieur ainsi qu'à partir de Woluwe-Saint-Etienne jusque Ruisbroek. Pour le reste de la soirée, Touring Mobilis prévoit une situation similaire.

Pour jeudi matin et soir, 250 km d'embouteillages sont à prévoir sur les routes. L'heure de pointe matinale avait été chargée mercredi en raison de la fermeture temporaire du tunnel Léopold II. 

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