Il n'y aura pas d'AIP 2019-2020

Fin février, les partenaires sociaux - en ce compris Robert Vertenueil, le patron de la FGTB - accouchaient d'un projet d'AIP. Projet qui n'a visiblement pas satisfait les troupes du syndicat socialiste. ©Photo News

Le projet d'accord interprofessionnel a buté sur l'épreuve de l'approbation syndicale. Si la CSC et la CGSLB ont voté "oui", la FGTB a rejeté le projet à une courte majorité (56%).

Deux "oui", mais un "non". Le projet d'accord interprofessionnel 2019-2020 a pris l'eau ce matin.

Ce mardi était un grand jour pour le projet d'accord interprofessionnel (AIP) concocté, il y a pile un mois, par les partenaires sociaux, réunis au sein du Groupe des 10. Les trois syndicats se prononcent ce mardi matin sur ce fruit de la concertation sociale; rappelons qu'il faut que chrétiens, libéraux et socialistes l'approuvent pour que l'on puisse parler d'AIP en bonne et due forme.

Le premier verdict à tomber est celui du conseil général de la CSC. Qui s'est prononcé en faveur du projet d'AIP, avec 65% des voix. 

Menace et manque d'enthousiasme

Le syndicat libéral a suivi de près: le "oui" l'emporte largement (75,5%) à la CGSLB. "Même si sans grand enthousiasme", commente-t-on au sein du syndicat libéral. En somme, ce sont les aménagements pour les fins de carrière qui ont fait pencher la balance, malgré la maigreur des avancées salariales obtenues.

Avec un avertissement à la clef, lancé par le président national Mario Coppens: si la loi de 1996 - ou plutôt la révision qui en a été faite par le gouvernement Michel - n'est pas corrigée afin de laisser plus d'air et de marge à la concertation sociale, il n'y aura, à l'avenir, plus d'AIP

La FGTB dit "non"

Le coup d'arrêt est provenu du syndicat socialiste - où l'on savait que le camp du "non" risquait de l'emporter. Le verdict est tombé ce midi. La FGTB recale le projet d'une courte majorité (56%). 

La progression salariale est trop faible, détaille la FGTB. Une marge de 1,1%, même si elle est plus satisfaisante que le 0,8% initial, "n’est pas proportionnelle à l’augmentation de la productivité au niveau de l’économie". Et c'est amplement insuffisant pour le salaire minimum. Il n'y a, par ailleurs, "aucune avancée notable ni en matière de formation ni en matière de travail faisable", poursuit la FGTB. Et ce alors que le nombre d'heures supplémentaires volontaires a été relevé. Sans surprise, le syndicat socialiste attend du prochain exécutif qu'il rouvre le chantier de la loi de 1996 et élabore "un cadre favorable au relèvement des salaires minimums vers 14 euros de l'heure, soit 2.300 euros par mois". 

L'AIP 2019-2020 ne sera pas, un AIP s'adoptant par la voie du consensus et non via une quelconque majorité. La Belgique se retrouve finalement dans une situation similaire à celle de 2015, où tout le monde avait dit "oui", sauf la FGTB. 

La balle est à présent dans le camp du gouvernement Michel - elle l'était de toute façon, quelle que soit la réponse syndicale. 

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