La concertation sociale en panne sèche

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L’UCM demande ouvertement au Fédéral de reprendre en main le dossier du retour de la période d’essai, vu les tergiversations des syndicats sur la question.

A force de patiner, on risque la sortie de route. Les syndicats sont peut-être en train d’en faire la cruelle expérience. Hier, alors qu’ils devaient retrouver les patrons à la table du Groupe des Dix, les syndicats ont demandé d’annuler la réunion. "On avait convenu de se revoir ce lundi après consultation de nos instances. Mais le tour de piste que nous avons fait montre que les dossiers ne sont pas assez mûrs, explique Robert Vertenueil pour la FGTB. Plutôt que de se rencontrer sans rien pouvoir décider, et crisper nos partenaires, on s’est dit qu’il valait mieux se revoir au mois d’août."

Jusque là, pas de sortie de route en vue. Juste un voyage qui s’annonce un peu plus long que prévu… Syndicats et patrons sont censés conduire sur la ligne d’arrivée trois dossiers: la réintroduction de la période d’essai, la révision des délais de préavis, et le salaire des jeunes. Un deal pourrait être passé: on assouplit les règles sur la période d’essai et les délais de préavis, et en échange on demande au gouvernement de laisser tomber son projet visant à réduire le salaire des jeunes.

"On estime que le gouvernement doit reprendre la main. Ce qui n’empêche pas qu’on puisse discuter plus tard des délais de préavis et du salaire des jeunes au G10."
mathieu dewèvre
conseiller à l’UCM

L’UCM s’impatiente

Mais l’attelage "Classes moyennes", constitué par l’UCM et l’Unizo, ne l’entend pas de cette oreille. Et menace la concertation sociale de sortie de route. Les deux organisations patronales, particulièrement demandeuses de la réintroduction de la période d’essai, estiment que le gouvernement doit reprendre la main et trancher ce dossier lors des travaux budgétaires qui approchent. Ce dossier traîne sur la table depuis la fin mars. "On estime aujourd’hui que le gouvernement doit reprendre la main. Ce qui n’empêche pas qu’on puisse discuter pus tard des délais de préavis et du salaire des jeunes au G10", dit Mathieu Dewèvre (UCM).

On ne sait pas encore si le Premier ministre Charles Michel intégrera ces points à l’agenda du super conseil "emploi, affaires sociales" à venir. Mais les choses ne risquent sans doute pas de rouler mieux que lorsqu’elles étaient pilotées par le G10. Les divergences de vues pourraient se reporter au sein du gouvernement, entre un CD&V qui préférerait que les partenaires sociaux arrangent leurs bidons (Kris Peeters a lancé hier un appel vibrant à la reprise des négociations), et les trois autre partis qui sont prêts à trancher dans le vif. Certains dans l’équipe Michel n’hésitent pas à qualifier le deal que tentent syndicats et patrons d’"horrible", vu le passage à la trappe qu’il prévoit du projet des starter-jobs. Et se frottent donc les mains à l’idée de le voir revenir dans le giron gouvernemental…

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