La FGTB, anti-chambre d'un PTB en pleine ascension?

©AFP

La grève sauvage à la SNCB et la déclaration de guerre de la CGSP donnent l’impression d’une FGTB noyautée par un PTB en pleine ascension. Démentis internes. "Nous sommes indépendants".

Le PTB est-il en train de prendre le pouvoir à la FGTB? Le doute plane depuis que la CGSP wallonne a déclaré la guerre au gouvernement Michel, jurant de lui couper la tête.

Que des affiliés FGTB soient proches du parti d’extrême gauche n’est un secret pour personne. Le PTB aligne deux députés ex-syndicalistes dans ses rangs: Frédéric Gillot au parlement wallon, et Marco Van Hees au Fédéral. Jusqu’ici, rien de très dramatique. Il y a eu des transferts similaires (parfois inverses) entre PS et FGTB… Marc Goblet en est un des exemples les plus emblématiques. Le constat prend une tout autre dimension depuis les déclarations de guerre de la CGSP. Le durcissement du mouvement au sein de la FGTB est perçu, au nord du pays, comme un téléguidage organisé par l’extrême gauche.

Marc Goblet, le secrétaire général de la FGTB, proteste: "ce durcissement, il vient du fait que les gens en ont ras-le-bol. Nous ne croyons plus du tout en une négociation. Mais nous ne sommes influencés par personne, nous ne sommes aux ordres de personne. Ni du PTB, ni du PS, ni même du front des gauches."

"Nous ne sommes aux ordres de personne, ni du PTB, ni du PS."
Marc goblet
Secrétaire général FGTB

En 2014, le PTB avait pourtant fait une large publicité de sa proximité avec la FGTB lors de sa campagne électorale. Raoul Hedebouw se vantait alors d’avoir placé 170 syndicalistes sur ses listes. 74% étaient militants la FGTB (le reste CSC), 38% étaient dans les services publics. Une nuance: 54 candidats sur les 127 FGTB se présentaient en Flandre… Le PTB est aussi présent dans les rangs FGTB au nord qu’au sud du pays.

"Je le répète, la FGTB est un syndicat indépendant. Mais les adhérents ont le droit d’avoir leurs convictions politiques. Cela ne veut pas dire que c’est le PS, le PTB ou Ecolo qui nous dit quoi faire, et comment mener nos actions!", insiste Marc Goblet.

Le berceau du PTB est à Liège, et les rumeurs ont souvent couru sur l’infiltration de la FN Herstal ou Arcelor par l’extrême gauche. "Le PTB est sur le terrain liégeois depuis longtemps, confirme Francis Gomez, président de la centrale générale liégeoise. Il est surtout présent sur le terrain de crise, mais de mon expérience, il n’a jamais influencé le syndicalisme liégeois, dit le leader syndical. On mène très bien notre syndicalisme de combat, et je ne pense pas que cela laisse de la place aux autres…". Mais ce n’est pas dans ce bastion syndical que le PTB est le plus présent, mais à Charleroi. dans le Hainaut, il a aligné 23 candidats FGTB, contre 12 à Liège. Lors des élections de 2014, la FGTB carolo était aussi la seule à apporter son soutien ouvert au PTB. Ce qui n’avait d’ailleurs pas plu aux ténors du syndicat socialiste. Anne Demelenne, alors secrétaire générale de la FGTB, disait craindre une "division" de la gauche.

Division qui, aujourd’hui, commence à prendre de l’ampleur dans les sondages… La présence hyperactive du PTB sur le terrain (souvenez-vous de Marie-Hélène Ska déclarant cette semaine que "dans l’opposition, on n’entendait que lui") a en effet offert le jackpot à l’extrême gauche, qui s’est hissé sur la troisième place du podium des forces politiques wallonnes avec 13,5% des intentions de vote.

Réactions

Roland Duchâtelet (Melexis): 

 "Ce n’est plus possible. Les partis politiques qui ne sont pas au pouvoir sabotent le gouvernement et, dans le même temps, la société dans son ensemble. Les dégâts pour notre pays sont immenses, juste au moment où notre réputation souffre déjà après les attentats."

Michèle Sioen(Sioen Industries):

"Les grèves spontanées où les syndicats ne suivent pas les procédures sont totalement inacceptables.Cela fait peur aux investisseurs étrangers.Et c’est néfaste pour l’image du pays."

Eric Mestdagh (Groupe Mestdagh):

"D’un côté, je comprends les demandes des syndicats, car il n’y a pas aujourd’hui de dialogue avec le gouvernement.Mais d’un autre côté, quelle image donnons-nous aux Flamands avec ces grèves?Et surtout, que doivent penser aujourd’hui les investisseurs étrangers?"

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