La FGTB sauve les apparences en signant l'accord social

Le vote de l'accord social révèle une fracture au sein du syndicat socialiste. ©BELGA

La FGTB a confirmé jeudi son approbation du projet d'accord social, bien que certains votes n'aient pas pu être pris en compte. Un bel exemple de realpolitik...

Au terme d'un suspens digne des meilleurs thrillers, la FGTB a confirmé jeudi soir qu'elle approuvait le projet d'accord dégagé début juin par les partenaires sociaux.

"Le syndicat sauve les meubles, mais l'épisode laissera probablement des traces"
Une source syndicale

"Le syndicat sauve les meubles, mais l'épisode laissera probablement des traces", nous glisse une source syndicale."En ne prenant pas en compte près de 4.000 voix, sous prétexte de leur arrivée tardive, on a bafoué certaines de nos valeurs", déplore une autre.

Un vote historiquement serré

Comment en est-on arrivé là? On vous refait en vitesse le film du psychodrame qui a secoué la maison rouge ces derniers jours. Tout commence mardi lorsque la FGTB, à l'instar de la CSC et de la CGSLB, avalise le projet d'accord social. Pour rappel, celui-ci prévoit, entre autres, un relèvement progressif du salaire minimum ainsi que des mesures de flexibilité sur le travail, principalement sous la forme d’heures supplémentaires défiscalisées.

49,06%
Des VOTES
Le camp du "oui" à l'accord social l'a emporté avec seulement 49,06% des suffrages.

Loin d'être glorieuse, l'approbation au syndicat socialiste se joue à quelques milliers de voix sur plus d'un million de votants. Après décompte, le camp du "oui" l'emporte avec 49,06% des suffrages, contre 49,01% pour les partisans du "non".

De surcroît, ce score "historiquement serré" laisse transparaître des différences communautaires, avec plus de 80% des militants wallons opposés au deal conclu avec le patronat. Soyons clairs, ce texte ne doit son salut qu’aux soutiens de l’aile flamande (72% des votes favorables) et, dans une moindre mesure, bruxelloise du syndicat.

4.000 voix non comptabilisées

Ce résultat étriqué, déjà difficile à assumer, a carrément viré au cauchemar pour les pontes de la FGTB lorsqu’il est apparu mercredi qu’environ 4.000 voix, dont celles des jeunes de l’interrégionale wallonne, n'avaient pas été comptabilisées. Avec un écart d’à peine 0,05% entre les partisans et les détracteurs de l’accord, ce paquet de votes aurait suffi à faire pencher la balance de l’autre côté.

Réuni d’urgence mercredi, le bureau de la FGTB s’est trouvé confronté à un choix cornélien: invalider le vote avalisant l’accord et annoncer son rejet ou rester sur sa position initiale et préserver sa crédibilité, quitte à bafouer sa démocratie interne. "Ce serait une catastrophe pour nous, mais le vote pourrait être invalidé", reconnaissait à ce moment la porte-parole du syndicat, Aïcha Magha.

Ce dilemme, il a finalement fallu deux jours aux plus hautes instances du syndicat pour y apporter une réponse. Jeudi aux alentours de 19h00, le bureau fédéral a tranché: la FGTB maintient son approbation du projet d'accord, bien qu’un certain nombre de voix est arrivé en retard et n’a pas pu être pris en compte. Realpolitik, quand tu nous tiens...

Au PS, le fait qu’une majorité de la FGTB wallonne ait refusé l’accord constitue très certainement une source d’inquiétude.
Communiqué de la FGTB

En interne, certaines dents grincent, mais la cohésion prévaut. C'est sans surprise dans les rangs des opposants à l'accord que la pilule semble la plus dure à avaler. Maigre consolation, ceux-ci ont obtenu la certitude que des actions seront menées par la FGTB dès la publication de l'arrêté royal fixant la norme à 0,4%.

Soulagement politique

Au sein de la Vivaldi, l'issue de ce feuilleton sera probablement accueillie avec soulagement. Le gouvernement pourra donc continuer à prendre les dispositions nécessaires à la mise en œuvre des différents points sur lesquels patrons et syndicats se sont mis d'accord.

Au PS toutefois, le fait qu’une majorité de la FGTB wallonne ait refusé l’accord constitue très certainement une source d’inquiétude. Cela veut notamment dire qu’une partie de son électorat n’adhère pas à la ligne qu'il défend en tant que parti du gouvernement. Une situation délicate, d'autant plus avec un PTB prêt à lui tirer dessus à boulets rouges depuis l'opposition...

Le résumé

  • La FGTB a confirmé son vote favorable à l'accord social malgré le fait que 4.000 voix arrivées en retard n'ont pas été prises en compte.
  • Vu le résultat historiquement serré du scrutin, ces voix auraient pourtant changé la donne.
  • Dans les rangs du syndicat, certaines dents grincent, tandis qu'au PS, on s'inquiète de l'opposition de la FGTB wallonne à l'accord social.

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