La productivité augmente mais pas les salaires, dénonce la FGTB

Secrétaire général de la FGTB, Marc Goblet ©Photo News

À la veille de la manifestation nationale du 29 septembre, la FGTB veut démontrer que la situation des travailleurs s’est dégradée. Le syndicat socialiste présente son baromètre socio-économique.

Chaque année, la FGTB présente une nouvelle édition de son baromètre socio-économique. Cette année encore, elle fait le même constat: la qualité de vie des Belges s’est détériorée. Et les mesures prises sous ce gouvernement n’ont pas amélioré les choses, dénonce le syndicat socialiste.

La richesse est mal répartie, déplore en premier lieu Marc Goblet, le secrétaire général de la FGTB, de retour aux affaires. Il prend pour preuve l’évolution du risque de pauvreté qui est aujourd’hui plus élevé qu’il y a dix ans. Il est passé de 14,3% à 15,5%. "Mais ces moyennes masquent les extrêmes. Certains publics sont plus exposés au risque de pauvreté", souligne-t-il. Les personnes avec un faible niveau de formation, les familles monoparentales ainsi que les chômeurs sont plus susceptibles de tomber dans la pauvreté. Le nombre de personnes qui ont recours au règlement collectif de dettes est aussi en augmentation, ainsi que le nombre de personnes qui reportent des dépenses en matière de soins de santé, ainsi que le nombre de personnes qui font appel au CPAS.

©Mediafin

La FGTB rappelle également que les inégalités hommes-femmes sont persistantes. La moitié des femmes ont une pension inférieure à 1.000 euros par mois (voir infographie). L’écart salarial entre hommes et femmes s’élève lui à 20%. "Beaucoup de femmes travaillent à temps partiel mais il n’empêche qu’elles ne sont toujours pas sur le même pied d’égalité que les hommes", commente Marc Goblet.

Il insiste pour dire que globalement "les salaires belges ne sont pas trop élevés. 50% des travailleurs gagnent moins de 2.976 euros bruts par mois soit 1.850 à 1925 euros nets". Le syndicaliste dénonce un pouvoir d’achat en baisse. "On a tendance à dire que grâce à l’indexation automatique des salaires, le pouvoir d’achat est suffisant mais depuis 1985, on a tellement fait de manipulations de l’index que le pouvoir d’achat est en recul continu depuis 2009 par rapport aux pays voisins. Le pouvoir d’achat est redescendu au niveau de 2006 alors que la productivité, elle, augmente". Il en conclut que les travailleurs belges sont de plus en plus productifs mais que les profits supplémentaires qui en sont tirés ne se traduisent pas en hausses de salaires équivalentes.

Il analyse également que les aides accordées aux entreprises ne se traduisent pas en création d’emplois. "On ne voit pas de création d’emplois avec ces cadeaux fiscaux faits aux entreprises. Mais on constate un parallélisme surprenant entre la hausse des dividendes sur 18 ans (+11,972 milliards) et la hausse des subsides salariaux (+9,93 milliards). Ce sont donc les actionnaires qui en profitent".

Emplois précaires

Pour Marc Goblet, l’essentiel des emplois créés sont précaires. "Le nombre d’emplois à temps partiel et l’intérim sont en augmentation constante". Pour lui, la solution est à chercher entre autres dans la réduction collective du temps de travail. Il réclame aussi une fiscalité "plus juste" qui englobe tous les revenus. "Mais ce sont des débats que ni les patrons ni le gouvernement ne veulent ouvrir", regrette-t-il.

Il attend de pied ferme le résultat des négociations budgétaires. "Je suis curieux de voir ce qu’il va ressortir des négociations budgétaires. Pour nous, des coupes dans la sécurité sociale ou des nouvelles manipulations de l’index seront inacceptables", prévient-il encore.

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