La rentrée sociale sera chaude sur le rail et dans la fonction publique

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La CGSP-Cheminots annonce une grève pour le 10 octobre à la SNCB. Le SLFP-Cheminots préfère le dialogue et la CSC-Transcom se tâte. La CGSP fédérale annonce des actions les 20 et 25 septembre en Wallonie et en Flandre.

Le ton était donné il y a quelques jours, mais aujourd’hui les choses sont un peu plus claires. Les organisations syndicales entendent croiser le fer avec le gouvernement fédéral à la rentrée, c’est-à-dire dans quelques jours. La CGSP-Cheminots a annoncé une grève des agents de la SNCB le 10 octobre. La grève générale commencera le lundi 9 octobre à 22h et prendra fin le lendemain à la même heure. Le ministre fédéral de la Mobilité François Bellot (MR) a fustigé un mouvement qui prendra en otage les navetteurs. Son cabinet estime que la SNCB est utilisée comme une arme contre le gouvernement fédéral. Il souligne que le mouvement du 10 octobre prouve à suffisance l’utilité d’un service garanti (service minimum) sur le réseau ferré belge. Chef de groupe MR à la Chambre, David Clarinval dénonce une grève politique. Il ne croit pas si bien dire que car les critiques mises en avant par la CGSP-Cheminots dépassent largement le cadre de l’entreprise ferroviaire. "Depuis l’automne 2014, la CGSP est confrontée à une politique gouvernementale de droite qui se concentre sur le démantèlement des services publics. Parallèlement à cela, le gouvernement Michel a mené une politique fiscale catastrophique, qu’il présente aux citoyens comme un redressement économique, mais qui n’existe en réalité que sur le papier", critique Pierre Lejeune, secrétaire national du syndicat socialiste des cheminots. Il dénonce les économies dans les investissements et la privatisation de la SNCB.

Cette option avancée il y a quelques jours par le ministre nationaliste flamand Johan Van Overtveldt (Finances) a été repoussée tant par le ministre Bellot que par le Premier ministre himself Charles Michel (MR). Mais il n’empêche que la sortie du ministre Van Overtveldt a échaudé les esprits surtout qu’il a annoncé l’intention (confirmée ici) du gouvernement de céder des participations dans des entreprises (Proximus, bpost, Belfius, BNP Paribas).

Privilégier le dialogue

La CSC-Transcom veut d’abord débattre de la situation avec ses affiliés avant de s’engager sur la voie de la grève. "Les sujets mis en avant intéressent tant les cheminots que les citoyens, mais nous voulons mener le débat en interne d’abord", confirme Marianne Lerouge, responsable générale du syndicat chrétien. La grève générale annoncée par la CGSP ne semble pas trouver un écho favorable au SLFP-Cheminots. "Nous privilégions le dialogue, il est donc hors de question de parler de grève pour l’instant. Nous avons un comité permanent ce jeudi (aujourd’hui, ndlr) et un bureau permanent élargi le 11 septembre. On décidera de la position à adopter", renchérit Philippe Delhalle, président du syndicat libéral des cheminots.

Le SLFP-Cheminots fustige tout autant l’idée du service minimum que le Fédéral veut imposer au rail belge.

Programme d’actions

En attendant la grève du 10 octobre, la CGSP-Cheminots participera le 20 septembre à une action de manifestation programmée par la CGSP fédérale. "La rentrée sera chaude dans la fonction et l’action du 20 septembre s’inscrit dans un programme visant à dénoncer la politique du gouvernement fédéral. Celui-ci prend des mesures négatives comme la fin du statut et l’introduction des intérimaires ou des contractuels dans la fonction publique, des attaques sur les pensions, le service minimum à la SNCB", nous confié Michel Meyer, président fédéral de la CGSP.

"Nous privilégions le dialogue, il est donc hors de question de parler de grève pour l’instant."
philippe delhalle
président du slfp-cheminots

Les dates des premières actions correspondraient aux jours de la rentrée parlementaire dans les Régions. Ce serait le cas le 20 septembre en Wallonie et le 25 septembre en Flandre. D’après Michel Meyer, la grève du 10 octobre risque de ne pas se limiter seulement au rail. "De ce je ressens auprès des travailleurs, il y a de fortes chances que la grève du 10 octobre soit étendue à d’autres secteurs. Ce qui est sûr, c’est qu’on ne va pas s’arrêter aux actions qui vont démarrer le 20 septembre", souligne le grand patron de la centrale syndicale de la fonction publique.

Il annonce des campagnes de sensibilisation pour informer encore plus la population sur les conséquences, d’après lui, négatives des mesures du gouvernement fédéral qui auront un impact pour les finances communales et les CPAS. Il critique vertement la dernière sortie du nouveau ministre wallon de l’Économie, Pierre-Yves Jeholet (MR), sur le Forem. "On ne peut accepter de tels propos violents et qui donnent l’impression que rien n’est fait en Wallonie. C’est à croire que le MR n’a jamais participé au pouvoir en Wallonie ces 30 dernières années. Ces propos sont d’un aveuglement coupable de la part d’un responsable politique", martèle Michel Meyer.

Il fustige également les options du Fédéral, qui envisage de privatiser des entreprises (Proximus, bpost, BNP Paribas) qui, d’après le président fédéral de la CGSP, rendent encore un service public à la population. "Les autorités fédérales parlent de la fonction publique alors qu’elles ne la connaissent pas. Les fonctionnaires sont devenus une variable d’ajustement budgétaire pour le gouvernement fédéral. C’est leur choix, mais on ne l’acceptera et nous refusons de la subir. D’où la mobilisation", dit-il.

La question est de savoir maintenant si la CGSP réussira à entraîner dans son sillage les autres organisations syndicales ou si elle se retrouvera seule aux commandes d’une contestation qui ne trouvera pas de combattants.

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