Les Anglais ont gâché la grève de la FGTB

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Le Brexit a relégué au second plan la grève nationale décrétée par le syndicat socialiste. Un coup d’épée dans l’eau pour Marc Goblet. Qui assure que la contestation gronde toujours.

Dommage collatéral du Brexit, la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne, la grève générale décrétée par la FGTB est passée quasiment inaperçue ce vendredi. Pas grand monde, ou presque, en effet, pour s’émouvoir du mouvement de paralysie du pays initié par le syndicat socialiste – ces Anglais sont des gâcheurs de grève, tout de même…

Passé la perception, sur le fond, il est assez difficile de déterminer si la grève est un four total ou un demi-succès. Côté syndical, on annonce une jolie victoire et une mobilisation confirmée contre les mesures du gouvernement fédéral; côté patronal, sans surprise, on pointe un essoufflement de la contestation et on décèle le début de la fin de ces mouvements "hostiles aux réformes".

"Le mouvement a été bien suivi partout dans le pays, indique le patron de la FGTB, Marc Goblet. Tant en Wallonie qu’à Bruxelles et en Flandre, la mobilisation a été réelle pour ce jour de grève." Pour rappel, le syndicat chrétien n’a pas pris part à la journée d’action – tablant sur deux rendez-vous en front commun en septembre, à savoir le 29 septembre, une manifestation nationale, et le 7 octobre, date du second anniversaire du gouvernement fédéral, journée nationale de grève. La CSC trouvait en outre peu judicieux de se lancer dans une action de grève alors que la moitié de la Belgique a déjà la tête en vacances: "Le timing est mal choisi", dit-on chez les chrétiens.

"Surtout côté flamand, on est un peu handicapé quand la CSC ne fait pas grève, analyse Marc Goblet, mais je dois dire que, tant dans le secteur privé que dans les services publics, le mouvement a été fort suivi. Il n’y a pas d’essoufflement du tout, nous sommes plus déterminés que jamais et nous voulons que ce gouvernement en revienne enfin à une vraie négociation, une vraie concertation avec les partenaires sociaux et plus seulement vouloir imposer sa volonté. La concertation sociale est un facteur de stabilité dans ce pays depuis plus de 80 ans", insiste encore Marc Goblet.

Côté gouvernement fédéral, haussement d’épaules – on ne se donne pas réellement la peine de répondre ou de commenter la journée d’action de la FGTB. On est bien trop occupé à sauver l’Europe…

"Une occasion manquée"

Côté patronal, en revanche, on carbonise le mouvement, jugeant les revendications du syndicat rouge "inaudibles": "Non seulement avec le Brexit, leur message était brouillé mais, franchement, parler de succès, c’est osé. C’est plutôt une occasion manquée", dit-on à la FEB.

"Heureusement, pas mal d’entreprises ont pu s’organiser pour faire du télétravail", dit-on encore à la FEB.

À l’UCM, à Namur, où un piquet de la FGTB s’est rendu vendredi matin, Philippe Godfroid, le président, a déploré "le coup inutile porté à l’économie belge et surtout wallonne ce vendredi par la grève. Les PME sont victimes d’un conflit politique qui ne les concerne guère. Elles subissent un dommage direct et souffrent aussi de ce climat social tendu. La Belgique est à un tournant. Ce n’est pas le moment de fragiliser l’économie et l’emploi. D’importants défis sont devant nous: modernisation des relations de travail, révision de l’impôt des sociétés, réforme des pensions, amélioration de la mobilité, adaptation de l’enseignement, stabilisation de l’État fédéral. Nous serons plus efficaces si nous travaillons ensemble", a indiqué le patron des classes moyennes.

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