Les trois syndicats rejettent l'accord

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Les trois syndicats du pays demandent des explications supplémentaires au gouvernement sur la disponibilité des chômeurs âgés et des prépensionnés. Si la FGTB s'est montrée très menaçante, les syndicats chrétien et libéral ne prévoient aucune action de grève. Pour le gouvernement, il n'est pas question de se livrer à un match de ping-pong avec les syndicats. Kris Peeters souhaite rapidement éclaircir et concrétiser cet accord.

La CSC "s'en tient à l'accord conclu avec les employeurs au sein du Groupe des 10 sur la disponibilité", a annoncé  son président Marc Leemans à l'issue d'une réunion de concertation. Néanmoins, le syndicat réclame des clarifications sur la disponibilité adaptée ainsi qu'une évaluation dès 2016 "pour avoir plus de marge de négociation pour 2017-2018".

"Les travailleurs sont très inquiets car personne ne sait ce que signifie disponibilité adaptée", a indiqué M. Leemans. En ce qui concerne l'allongement à 62 ans de la disponibilité des travailleurs de la construction et des métiers pénibles à partir de 2017, le président de la CSC estime que "c'est très compliqué". "On veut continuer à un certain rythme, mais un rythme déterminé dans la concertation sociale."

Du côté du syndicat libéral, on regrette vivement les choix du gouvernement qui portent gravement atteinte à la concertation et mettent selon la CGSLB inévitablement en danger la paix sociale.

"La notion de disponibilité adaptée qui a été inventée est impossible à définir et sera une source importante d'insécurité juridique."
CGSLB

En réponse aux avis des trois syndicats, Kris Peeters a tenu à apporter des éclaircissements. Le ministre de l'Emploi explique comprendre que certains éléments de la mise en œuvre de l'accord doivent encore être concrétisés et éclaircis. Il ne veut cependant pas se livrer à des échanges interminables avec les syndicats. Une modification de l'accord du gouvernement sur cette réforme n'est en outre pas à l'ordre du jour, selon le ministre.

Pour le syndicat chrétien, 2017 constitue une échéance trop tardive pour une évaluation. "Il faut l'avancer à 2016 car nous voulons des possibilités d'emploi pour les jeunes, un travail qu'on peut maintenir pour les plus âgés. Plein de choses doivent être clarifiées, mercredi avec les employeurs puis avec le gouvernement. Nous avons énormément de questions sur les deux points avancés par le gouvernement."

De son côté, Bart De Wever est sorti du bois. Le président de la N-VA incite le gouvernement à exécuter l'accord même si les syndicats y sont opposés. Il a clairement précisé que le dernier mot reviendrait à l'équipe Michel. pportées par le gouvernement au compromis du Groupe des 10 relatif à la disponibilité des chômeurs âgés et des prépensionnés.

"Annuler l'accord de gouvernement ce n'est pas possible. Sinon, autant laisser les syndicats gouverner le pays."
Bart De Wever
Président de la N-VA

Rappelons que la FGTB avait rejeté ce lundi la nouvelle mouture de l'accord. Le syndicat socialiste évoquait même la mise en place rapide d'un plan d'action.

Le parti socialiste a réagi dans la foulée au communiqué de la FGTB. Il dénonçait la décision du gouvernement, qui selon le PS "met la concertation sociale en danger".

A la FEB et à l'Unizo, la menace d'actions syndicales passe mal. Les deux organisations patronales se disent déçues par la réaction de la FGTB.

 

 

Pieter Timmermans, l'administrateur délégué de la FEB, est "déçu" du rejet, par la FGTB, des modifications apportées par le gouvernement au compromis conclu au sein du Groupe des 10 sur la disponibilité des chômeurs âgés et des prépensionnés. Si le syndicat socialiste se lance dans de nouvelles actions, il jouera avec le feu, a averti le patron de la Fédération des Entreprises de Belgique.
    "Je suis très déçu du ton agressif de la FGTB alors que nous avions convenu, ce lundi matin au sein du Groupe des 10, de consulter nos bases respectives avant de voir, mercredi, comment réagir et si nous allions réagir ensemble", a expliqué Pieter Timmermans.
     Ce dernier a estimé par ailleurs que le syndicat socialiste "joue avec le feu" en menaçant de nouvelles actions alors que les modifications apportées par le gouvernement sont "minimes".
     La fédération des entrepreneurs indépendants flamands Unizo estime même que de nouvelles actions constitueraient "un inacceptable coup dans la figure du Groupe des 10" qui détruirait la concertation sociale. T.

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