Service minimum approuvé, "chaos maximum" à prévoir sur le rail

©BELGA

Le service minimum à la SNCB a été adopté en commission de la Chambre. Pour les syndicalistes, c'est la sécurité des voyageurs qui sera menacée. Ils vont contester cette loi.

La commission de l'Infrastructure de la Chambre a adopté en deuxième lecture le projet de loi permettant l'organisation d'un service minimum à la SNCB. La majorité a soutenu le texte au contraire du PS et d'Ecolo-Groen qui ont voté contre. Le cdH s'est abstenu.

Selon le projet de loi du ministre François Bellot tel qu'il a été adopté, les travailleurs sont tenus de signaler 72 heures avant la grève s'ils participent à l'action, lorsque celle-ci ne dépasse pas 24 heures.

Au-delà de 24 heures, les circonstances peuvent évoluer:

→ Celui qui s'était signalé non gréviste peut changer d'avis s'il prévient 72 heures à l'avance.
→ Celui qui s'était déclaré en grève mais souhaite reprendre le travail à un moment donné reçoit la possibilité de se signaler à la direction dans les 48 heures.

Chaos maximum

"Quel voyageur pourra partir? Qui aura droit à un train et qui n'en aura pas?"
Marianne Lerouge
CSC-Transcom

Côté syndicats, on regrette cette décision. "Nous avons toujours exprimé notre opposition à ce projet", indique Marianne Lerouge, responsable du secteur chemins de fer à la CSC-Transcom. "Cela n'apportera aucune solution aux problèmes que connaissent les voyageurs." Selon elle, "le service minimum se transformera en chaos maximum et la sécurité ne sera pas garantie. Quel voyageur pourra partir? Qui aura droit à un train et qui n'en aura pas? La relation entre le voyageur et son employeur va également changer puisqu'il sera forcément contraint de rejoindre son lieu de travail coûte que coûte, avec le risque de voir des trains saturés. Que les personnes qui ont voté cela en assument à présent les conséquences", conclut-elle.

"Ce projet, qui n'aidera pas à améliorer le dialogue social, est en violation avec la charte sociale européenne et les réglementations de l'Organisation internationale du travail", ajoute Michel Abdissi, président national de la CGSP-Cheminots. "Le dossier est entre les mains de nos juristes et nous allons contester cette loi sur le plan juridique. Au lieu d'ouvrir un dialogue social de qualité, le gouvernement s'enferme par pure idéologie dans ce système.

Selon le président de la CGSP-cheminots, on risque également d'assister à une augmentation du nombre de jours de grève. "En France, le nombre d'actions a été multiplié par trois depuis l'instauration d'un tel service minimum."

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