"Un petit pas en avant dans la réforme du droit du travail" pour la FEB

Pieter Timmermans, CEO de la FEB ©BELGAIMAGE

FGTB et FEB ne voient pas de la même façon le projet de loi du ministre Kris Peeters sur le "travail faisable" et le "travail maniable", adopté ce jeudi par la Chambre. Le syndicat socialiste dénonce le projet de loi alors que la FEB l'approuve tout en précisant qu'"on aurait pu aller plus loin".

La Chambre a approuvé jeudi majorité contre opposition sauf le cdH qui s'est abstenu le projet de loi du ministre Kris Peeters sur le "travail faisable" et le "travail maniable" dont l'ambition est d'améliorer la compétitivité des entreprises mais qu'une large partie de l'opposition voit comme une atteinte à la qualité de l'emploi.

Syndicats et employeurs ont réagi ce vendredi. "Cette loi, qui devait offrir une meilleure combinaison vie privée - vie professionnelle, garantir le bien-être des travailleurs et répondre aux réalités de l'entreprise, ne sert majoritairement que les intérêts des employeurs", a indiqué la FGTB. Du côté des employeurs, le son de cloche est fort différent. On estime au contraire que le projet contient plusieurs éléments positifs mais qu'on aurait pu aller plus loin.

"Le travail maniable' du ministre Peeters facilite la vie des employeurs plutôt que celle des travailleurs : plus de flexibilité, plus d'heures supplémentaires sans récupération possible."
Le communiqué de la FGTB

 

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"Contrairement à ce que le ministre prétend, en raison des heures supplémentaires, le temps de travail moyen ne sera pas de 38 heures semaines. Et ce n'est certainement pas le travailleur qui pourra déterminer la période durant laquelle il souhaite travailler plus ou moins. Contrairement à ce que le ministre prétend, ce 'travail maniable' ne facilitera pas l'équilibre vie professionnelle - vie privée. Il constitue même un danger pour la santé physique et mentale des travailleurs. Le stress et le nombre de burn out vont continuer d'augmenter. Il est certain que le budget de l'INAMI s'en ressentira", ajoute la FGTB.

Cette dernière estime encore que cette loi limitera le rôle des interlocuteurs sociaux, le travailleur se retrouvant seul face à son employeur, ce qui sera, sans aucun doute, un désavantage.

"Il ne constitue qu'un petit pas en avant dans la réforme du droit du travail. À moyen terme, il faudra d'autres réformes."
Pieter Timmermans
Administrateur délégué de la FEB

Du côté des employeurs, on estime que le projet contient plusieurs éléments positifs mais qu'on aurait pu aller plus loin. "Il ne constitue qu'un petit pas en avant dans la réforme du droit du travail. À moyen terme, il faudra d'autres réformes", souligne Pieter Timmermans, administrateur délégué de la FEB.

"La principale mesure positive est que les travailleurs peuvent désormais prester, en accord avec leur employeur, 100 heures supplémentaires sur base volontaire, y compris en dehors des horaires prévus. Ces mesures sont la preuve que nous ne sommes pas du tout dans l'hyperflexibilité", explique la FEB.

Encore un gros chantier à boucler

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Pieter Timmermans insiste enfin sur la nécessité d'approuver rapidement la loi sur la norme salariale. "Tant que la réforme de la Loi de '96 n'est pas approuvée, la CCT salariale interprofessionnelle exécutant le récent AIP ne peut être signée au Conseil national du travail. La conséquence est que nos secteurs et entreprises ne peuvent entamer les négociations salariales. Il est donc nécessaire que le Parlement puisse l'approuver rapidement, dans l'intérêt de la compétitivité, de la sécurité juridique et du pouvoir d'achat."

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