Condamnation unanime de l'essai nucléaire en Corée du Nord

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Il s'agit là du cinquième essai nucléaire mené par le régime de Kim Jong-Un. Provoquant un séisme de magnitude 5,3, il a suscité la colère de plusieurs puissances internationales, à commencer par la Corée du Sud.

La Corée du Nord a mené dans le courant de la nuit un nouvel essai nucléaire, son cinquième à ce jour. D'après la Corée du Sud, il s'agirait là du "plus puissant" essai de ce type jamais mené par la Corée du Nord. "Cette explosion de 10 kilotonnes était presque deux fois plus que le quatrième essai nucléaire et légèrement moins que le bombardement d'Hiroshima, qui avait été mesuré à 15 kilotonnes environ", a expliqué Kim Nam-Wook, de l'agence météorologique sud-coréenne.

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Vers 13h, l'information a été confirmée à la télévision d'Etat nord-coréenne. Le rituel est toujours le même:dans sa traditionnelle robe coréenne rose et noire, la présentatrice chevronnée Ri Chun-Hee est apparue, sans préavis, sur les écrans. Tout sourire, elle a annoncé aux téléspectateurs de KCTV - et au monde entier - que le dernier test avait permis au programme nucléaire du pays d'atteindre un "niveau supérieur". Elle a expliqué que cet essai avait permis de confirmer que le pays était désormais capable de miniaturiser une ogive nucléaire.

L'explosion s'est produite le jour même de l'anniversaire de la fondation de la Corée du Nord, qui remonte à 1948.

Vers 2h30 cette nuit (heure belge), un séisme de magnitude 5,3 sur le territoire nord-coréen a d'abord éveillé les soupçons de l'Institut géologique américain, avant que les médias du régime le plus fermé au monde ne viennent confirmer l'hypothèse d'une explosion nucléaire. "Nos scientifiques nucléaires ont mené un essai d'explosion nucléaire d'une tête nucléaire nouvellement mise au point, sur le site d'essais nucléaires dans le nord du pays", a déclaré une présentatrice à la télévision nord-coréenne.

Selon l'agence nord-coréenne KCNA, cet essai confirme par ailleurs que le pays dispose de la technologie suffisante pour monter une ogive nucléaire sur un missile. Le test "a sans aucun doute élevé à un autre niveau la technologie" de la Corée du Nord "visant à monter des têtes nucléaires sur les fusées balistiques", rapport l'agence. En mars dernier, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un avait affirmé que son pays avait réussi à miniaturiser une tête thermonucléaire pouvant équiper un missile balistique, ce qui avait été mis en doute par plusieurs experts.

Condamnation générale

Réunion d'urgence autour de la présidente sud-coréenne Park Geun-hye, actuellement à Vientiane au Laos dans le cadre du sommet asiatique. ©EPA

Ce nouvel essai a bien évidemment provoqué l'indignation de plusieurs puissances étrangères, à commencer par le voisin sud-coréen. "Avec cet essai nucléaire, le régime de Kim Jong-Un ne fera que s'attirer davantage de sanctions et d'isolement (...). Une telle provocation va accélérer encore la voie vers son autodestruction", a déclaré la présidente sud-coréenne Park Geun-Hye.

->Au Japon, que les tirs balistiques de la Corée du Nord menacent de plus en plus, le ministère de la Défense se prépare à envoyer des avions militaires afin d'analyser des échantillons d'air et de détecter une éventuelle radiation, a rapporté la chaîne publique NHK. "Le fait que la Corée du Nord ait mené un test est absolument inacceptable pour le Japon", a déclaré le Premier ministre japonais Shinzo Abe. Son ministre des Affaires étrangères, Fumio Kishida, a quant à lui évoqué "un appel immédiat au Conseil de sécurité de l'ONU".

->Barack Obama de son côté a prévenu qu'il y aurait des "conséquences graves", tandis que la présidence française a dénoncé "avec forces" ce nouvel essai: "La communauté internationale doit s'unir face à cette nouvelle provocation qui intervient après une condamnation unanime par le Conseil de sécurité des essais balistiques effectués par la Corée du Nord lundi".

->La Chine a également déclaré qu'elle s'opposait "fermement" à l'essai nucléaire et a appelé son voisin à honorer ses engagements en matière de dénucléarisation.

-> Le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, condamne ce qu'il appelle des provocations répétées et des violations des résolutions contraignantes du Conseil de sécurité de l'ONU qui minent la sécurité régionale et internationale. "J'appelle encore une nouvelle fois la Corée du nord à pleinement respecter ses obligations et engagements internationaux et à s'abstenir de toute action et menace qui accroîtrait les tensions régionales et l'insécurité."

Réunis à Genève dans le cadre des négociations sur la Syrie, le secrétaire d'Etat américain John Kerry et son homologue russe Sergueï Lavrov ont aussi exprimé  leur préoccupation après l'essai nucléaire nord-coréen et annoncé qu'ils allaient saisir les Nations Unies.

Après son premier essai nucléaire, qui remonte à 2006,  Pyongyang s'était attiré les foudres et des sanctions de la part des Nations unies. Le dernier en date remontait quant à lui à janvier dernier. A l'époque, Pyongyang avait alors annoncé avoir réussi son premier essai de bombe à hydrogène, bien plus puissante que la bombe atomique ordinaire.

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