La Suisse se pose en médiatrice dans la crise coréenne

Kim Jong-Un en face d'une supposée bombe H. ©AFP

Après le sixième essai nucléaire réalisé ce week-end par la Corée du Nord, les Etats-Unis n'excluent pas d'utiliser leurs capacités nucléaires en cas de menace. La Chine, de son côté, a protesté officiellement. La Suisse se dit disposée à jouer le rôle de médiateur.

Les Etats-Unis ont menacé dimanche la Corée du Nord d'une "réponse militaire massive" au cas où elle menacerait leur territoire ou celui de leurs alliés, à la suite du sixième essai nucléaire du régime de Pyongyang.

Doris Leuthard ©AFP

La Suisse est disposée à jouer un rôle de médiatrice pour résoudre cette crise, notamment en accueillant des sessions de discussions, explique la présidente Doris Leuthard.

 

La Maison Blanche a indiqué, dans son compte rendu d'un entretien du président Donald Trump avec le Premier ministre japonais Shinzo Abe, que les Etats-Unis n'excluaient pas d'utiliser leurs capacités nucléaires en cas de menace nord-coréenne.

La Corée du Nord semble préparer de nouveaux tirs de missiles

La Corée du Nord semble avoir entamé des préparatifs en vue de nouveaux tirs de missiles balistiques, a déclaré un responsable du ministère sud-coréen de la Défense, lundi. "Nous voyons des signes qu'il pourrait y avoir de nouveaux tirs de missiles balistiques. Nous nous attendons aussi à ce que la Corée du Nord tire un missile balistique intercontinental", a précisé Chang Kyung-soo devant le Parlement.

Le responsable du ministère de la Défense était invité à répondre aux questions des députés sur le sixième -et plus important à ce jour - essai nucléaire effectué dimanche par le régime de Pyongyang.

Le Conseil de sécurité de l'ONU, qui a déjà infligé en vain sept série de sanctions à la Corée du Nord pour la contraindre à renoncer à ses programmes nucléaire et balistique, doit se réunir lundi en urgence. 

Peu après le test de l'engin nord-coréen, qui était selon Pyongyang une bombe à hydrogène ou bombe H, le président Trump a dénoncé une action "hostile", et le secrétaire américain à la Défense, le général Jim Mattis, est monté en première ligne.

Depuis la Maison Blanche, Jim Mattis a adressé une mise en garde solennelle au régime de Kim Jong-Un, tout en l'appelant à entendre les injonctions de la communauté internationale.

"Nous avons de nombreuses options militaires et le président voulait être informé sur chacune d'entre elles", a déclaré le secrétaire à la Défense à l'issue d'une réunion entre Donald Trump et son équipe de sécurité nationale.

"Toute menace visant les Etats-Unis ou ses territoires, y compris Guam (dans le Pacifique, ndlr), ou ses alliés, fera l'objet d'une réponse militaire massive", a averti Jim Mattis, à côté duquel se tenait le général Joe Dunford, le chef d'état-major inter-armes.

Jim Mattis a cependant souligné que les Etats-Unis ne recherchaient pas "l'anéantissement total" de la Corée du Nord.

Simulation des dégâts potentiel d'une bombe atomique identique à celle d'Hiroshima sur la ville de Bruxelles, via Nukemap. ©Alex Wellerstein

"Capacités nucléaires"

Quelques heures après l'avertissement lancé par le général Mattis, la Maison Blanche a mentionné, dans son compte rendu de l'entretien téléphonique intervenu entre Trump et Abe après l'essai nord-coréen, que les Etats-Unis n'excluaient pas d'utiliser leurs forces nucléaires pour riposter à une éventuelle menace.

Kim Jong-Un. ©AFP

"Le président Trump a réaffirmé l'engagement des Etats-Unis à défendre notre patrie, nos territoires et nos alliés en utilisant la gamme complète des capacités diplomatiques, conventionnelles et nucléaires dont nous disposons", selon le communiqué.

Le régime nord-coréen a publié dimanche, avant l'essai nucléaire, des photos montrant son dirigeant Kim Jong-Un en train d'inspecter un engin présenté comme une bombe H (bombe à hydrogène ou thermonucléaire) miniaturisée pouvant être installée sur le nouveau missile balistique intercontinental dont dispose le régime.

Option militaire risquée

Donald Trump, qui a dénoncé "des actions dangereuses pour les Etats-Unis", a laissé planer le doute sur ses intentions. A un journaliste qui lui demandait s'il envisageait une réponse militaire, le président américain a répondu: "Nous verrons".

"La Corée du Sud s'aperçoit, comme je le leur ai dit, que leur discours d'apaisement avec la Corée du Nord ne fonctionnera pas, ils ne comprennent qu'une chose!", a lancé Donald Trump sur Twitter à l'intention de son homologue sud-coréen Moon Jae-In, partisan d'un dialogue avec le régime de Kim Jong-Un.

Les experts estiment que l'option militaire contre le régime de Kim Jong-Un est extrêmement risquée, car elle pourrait provoquer une réaction en chaîne et un grave conflit régional.

Le Président américain lance aussi un appel "déguisé" à tous les pays de cesser toutes relations commerciales avec la Corée du Nord.

La Chine proteste

De son côté, la Chine a protesté officiellement auprès de la Corée du Nord. Pékin a fait part de "ses sévères remontrances auprès de la personne responsable de l'ambassade de la Corée du Nord en Chine", a déclaré Geng Shuang, porte-parole de la diplomatie chinoise.

"La Chine s'oppose au développement par la Corée du Nord de son programme nucléaire et balistique et nous sommes engagés dans la dénucléarisation de la péninsule. Cette position est bien connue et la Corée du Nord la connaît également parfaitement bien", a-t-il ajouté.

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