Les Etats-Unis déploient en Corée du Sud leur bouclier anti-missiles

©REUTERS

Alors que la Corée du Nord a procédé lundi à de nouveaux tirs d'essais de missiles balistiques, "un exercice en vue de frapper les bases américaines au Japon", les Etats-Unis déploient leur bouclier THAAD qui permet d'intercepter et de détruire ce type de rockets.

L'armée américaine a commencé à déployer son bouclier anti-missiles THAAD en Corée du Sud, quelques heures après l'annonce de nouveaux tirs d'essais de missiles balistiques par la Corée du Nord.

La Corée du Sud avait annoncé l'année dernière qu'elle acceptait le déploiement de ce système de défense anti-missiles, système vu d'un très mauvais oeil par la Chine qui le considère comme une menace pour sa sécurité.

Les forces américaines "ont déployé les premiers éléments" du système THAAD en Corée du Sud mardi, a indiqué le commandement des forces américaines dans le Pacifique (Pacom) dans un communiqué.  Selon le Pentagone, le déploiement de ce système ajoute un niveau de protection supplémentaire par rapport au dispositif anti-missile existant, qui protège le territoire sud-coréen et les forces américaines qui s'y trouvent.

• Qu'est-ce que le Le système THAAD? Ce système tire des missiles conçus pour intercepter et détruire des missiles balistiques alors qu'ils seraient encore juste à l'extérieur de l'atmosphère ou qu'ils viendraient d'y entrer, durant leur dernière phase de vol.

"Les actions provocatrices de la Corée du Nord, y compris les derniers tirs de multiples missiles, ne font que confirmer la pertinence de notre décision" avec la Corée du Sud de déployer THAAD dans le pays, a estimé l'amiral Harry Harris, le chef des forces américaines dans la zone Asie Pacifique, cité par le communiqué de Pacom.

La Chine considère que le système THAAD et son puissant radar sont susceptibles de réduire l'efficacité de ses propres systèmes de missiles. Pékin a pris ces derniers mois une série de mesures considérées en Corée du Sud comme des sanctions économiques liées au projet THAAD, y compris l'annulation de visites de célébrités sud-coréennes populaires en Chine.

De l'entraînement

De son côté, la Corée du Nord a affirmé que ses tirs de missiles balistiques étaient un exercice en vue de frapper les bases américaines au Japon; des tirs d'un régime doté de l'arme nucléaire condamnés de toutes parts.

Trois des engins sont tombés dangereusement près du Japon, dans sa zone économique exclusive (ZEE), dans un nouveau défi à la communauté internationale et au président américain Donald Trump. Celui-ci a réaffirmé lors d'entretiens téléphoniques l'"engagement à toute épreuve" de son pays derrière ses alliés japonais et sud-coréen, selon un communiqué de la Maison Blanche.

Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira mercredi, à la demande de Tokyo et Séoul, pour discuter de la situation.

Les résolutions de l'ONU interdisent à Pyongyang tout programme nucléaire ou balistique. Mais six volées de sanctions n'ont pas persuadé le régime de Kim Yong-Un d'abandonner ses ambitions militaires.

D'après l'agence officielle nord-coréenne KCNA, les tirs de lundi ont été supervisés en personne par le dirigeant nord-coréen. "Se régalant du sillage des missiles balistiques", Kim Jong-Un a chanté les louanges de l'unité d'artillerie Hwasong à l'origine des tirs. "Les quatre missiles balistiques lancés simultanément étaient si précis qu'ils ressemblaient à des avions faisant des acrobaties aériennes en formation", a-t-il dit.

"Rayer de la carte"

"L'objectif" était "de frapper les bases militaires de l'agresseur impérialiste américain au Japon en cas de besoin". Ces tirs sont la démonstration que le Nord est prêt à "rayer de la carte" les forces ennemies au moyen "d'une frappe nucléaire sans merci".

©AFP

Dans des photographies publiées par le journal Rodong Sinmun, on voit Kim Jong-Un observer les missiles s'élancer dans le ciel, ou alors en train d'applaudir, tout sourire, aux côtés d'autres responsables nord-coréens.

Ces tirs sont-ils une réponse aux exercices militaires annuels conjoints entamés par Séoul et Washington la semaine dernière ? En tout cas, ces manoeuvres ne manquent jamais de provoquer la colère de la Corée du Nord.

Pyongyang menace régulièrement ses ennemis de ses foudres. L'année dernière, elle a mené deux essais nucléaires et toute une série de tirs de missiles. Lundi cependant, c'était seulement la seconde fois que des engins tombaient dans la ZEE japonaise.

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