Les Etats-Unis envisagent "toutes les options" contre la Corée du Nord

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Le président américain Donald Trump a réaffirmé mardi que "toutes les options sont sur la table" concernant la Corée du Nord, laquelle a effectué dans la matinée un tir de missile balistique qui a survolé le nord du Japon.

Une nouvelle étape d'importance vient d'être franchie dans le conflit à distance que se livrent la Corée du Nord et les Etats-Unis. Alors que la situation semblait s'être calmée depuis plusieurs jours, les Nord-Coréens viennent de remettre fameusement de l'huile sur le feu. Ils ont en effet tiré ce mardi un missile qui a survolé le Japon avant de s'abîmer dans les eaux de l'océan Pacifique.

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Dans la foulée de ce tir, les Etats-Unis, le Japon et la Corée du Sud ont demandé une réunion urgente du Conseil de sécurité des Nations unies. Selon l'armée sud-coréenne, le missile a été lancé depuis la région de Sunan, située non loin de Pyongyang, la capitale nord-coréenne, peu avant 6h du matin (23h heure belge), avant de parcourir 2.700 kilomètres.

Le ministre japonais de la Défense a dit penser que le missile était du même type que celui tiré le 14 mai dernier, c'est-à-dire un missile balistique de moyenne portée. Selon la chaîne de télévision publique NHK, le projectile s'est abîmé au large d'Hokkaïdo, la plus septentrionale des grandes îles japonaises.

"Toutes les options sont sur la table"

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Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, et le président américain, Donald Trump, se sont entretenus au téléphone. Ils ont affirmé être d'accord pour "augmenter la pression sur la Corée du Nord".

Le secrétaire général du gouvernement japonais, Yoshihide Suga, a de son côté indiqué que le missile nord-coréen avait terminé sa course 1.180 km à l'est du Cap Érimo, situé à l'extrémité sud de l'île d'Hokkaïdo. "Il s'agit d'une menace sans précédent, sérieuse et grave pour notre nation", a-t-il déclaré. Ce tir, a-t-il ajouté, est une violation évidente des résolutions des Nations unies et le Japon travaillera étroitement avec ces dernières pour formuler une réponse.

Le Pentagone a confirmé qu'un missile avait survolé le Japon tout en précisant qu'il n'avait jamais présenté la moindre menace pour le territoire américain. Donald Trump a une nouvelle fois mis en garde mardi la Corée du Nord, affirmant que "toutes les options sont sur la table". "Le monde a reçu très clairement le dernier message de la Corée du Nord: ce régime a montré son mépris pour ses voisins, pour tous les membres des Nations Unies et pour les normes minimales d'un comportement international acceptable", a déclaré le président américain. 

En Europe, plusieurs chefs d'Etat ou de gouvernement ont dénoncé le tir nord-coréen. La chef de la diplomatie de l'Union européenne, Federica Mogherini, a, elle aussi, vivement dénoncé ce nouveau tir de missile et a exhorté Pyongyang à "s'abstenir de toute nouvelle action provocatrice". "Ces actions constituent des violations manifestes des obligations internationales de la République démocratique de Corée du Nord telles qu'établies dans plusieurs résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU", a tancé Federica Mogherini, en proclamant son "plein soutien au Japon et au peuple japonais face à cette menace directe".

Les explications nord-coréennes

Côté nord-coréen, Han Tae-Song, l'ambassadeur du pays à l'ONU a affirmé que son pays avait "le droit à l'autodéfense" face aux "intentions hostiles" affichées par les Etats-Unis.

Quelques heures après le tir, il a aussi expliqué lors de la Conférence sur le désarmement de l'ONU à Genève que "les exercices militaires conjoints américano-sud-coréens actuellement en cours, en pleine tension sur la péninsule coréenne et en dépit des fermes avertissements de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), ne sont rien d'autre qu'un acte fanatique qui ajoute de l'huile sur le feu".

→ Quel impact à la Bourse?

La Bourse de Tokyo a terminé dans le rouge, alors que le yen, valeur refuge, s'est renforcé face au dollar. A l'issue des échanges, le Nikkei des 225 valeurs vedettes a cédé 0,45% (-87,35 points) à 19.362,55 points, au plus bas depuis début mai, et l'indice élargi Topix de tous les titres du premier tableau a perdu 0,15% (-2,36 points) à 1.597,76 points.

A mi-séance, les Bourses européennes sont en net repli à, plombées à la fois par la hausse ininterrompue de l'euro et par le regain d'aversion au risque lié au tir du missile nord-coréen. Le repli sur les valeurs refuges touche tous les marchés actions et Wall Street est attendue dans le rouge tandis que le dollar souffre à nouveau et que l'or évolue au plus haut de l'année.

Ce nouvel accès de tension sur le dossier de la péninsule coréenne favorise les valeurs refuges comme l'or, au plus haut depuis novembre à plus de 1.320 dollars l'once, le yen, qui prend près de 0,6% face au dollar, ou les emprunts d'Etat (le rendement à dix ans allemand a touché un point bas à 0,32%). L'indice de volatilité de l'EuroStoxx 50 est en hausse de plus de 2,3 points, soit 14%.

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