Pyongyang promet d'envoyer "d'autres cadeaux" aux Etats-Unis

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Sanctions "plus lourdes", clame Washington après le nouveau tir de missile de Pyongyang. Attention à ne pas arriver à une "catastrophe planétaire", rétorque Moscou. Il faut dialoguer, lance Pékin. Alors que du côté nord-coréen, on remet de l'huile sur le feu.

L'ambassadeur de Corée du Nord à l'Onu à Genève, Han Tae-song, n'y va pas par quatre chemin. Alors que son pays s'est attiré les foudres de bon nombre de pays, Etats-Unis en tête, il a déclaré que la Corée du Nord était prête à envoyer d'autres "cadeaux" à Washington, au surlendemain de son sixième essai nucléaire.

"Les récentes mesures d'autodéfense prises par mon pays, la République populaire démocratique de Corée, sont un 'cadeau' adressé seulement aux Etats-Unis". Les Etats-Unis recevront d'autres 'cadeaux' tant qu'ils continueront leurs provocations irresponsables et leurs futiles tentatives de faire pression sur la Corée du Nord."
Han Tae-song
L'ambassadeur de la Corée du Nord à l'Onu

Le diplomate nord-coréen estime que pressions et sanctions n'auront aucune influence sur son pays, ajoutant que Pyongyang ne négociera jamais sur son arsenal de dissuasion nucléaire. Avec cet essai nucléaire, la Corée du Nord a une nouvelle fois défié la communauté internationale, a soutenu pour sa part Robert Wood, ambassadeur des Etats-Unis à l'Onu à Genève. "Nous réfléchissons actuellement avec nos partenaires du (Conseil) de sécurité à une nouvelle résolution qui pourrait sanctionner le plus fortement possible la Corée du Nord", a-t-il dit à la conférence sur le désarmement.

L'ONU en ordre dispersé face à la Corée du Nord

La Corée du Nord ne "demande qu'une chose, la guerre", accuse Washington. Les Américains plaident avec leurs alliés pour des sanctions de l'ONU "les plus fortes possible" après le 6e essai nucléaire de Pyongyang. La Chine et la Russie ont manifesté leurs réticences.

Nikki Haley (USA) avec Liu Jieyi (Chine) ©AFP

"Trop, c'est trop" et "seules les mesures les plus fortes possible nous permettront de résoudre ce problème par la diplomatie", a déclaré l'ambassadrice américaine auprès des Nations Unies, Nikki Haley, lors d'une session du Conseil de sécurité convoquée en urgence. Elle appelle à "cesser les demi-mesures".

Les membres de l'ONU doivent dans les prochaines semaines négocier le 8e train de sanctions -présenté cette fois par Washington-. Les dernières résolutions de sanctions de Pyongyang ont été adoptées à l'unanimité des 15 membres du Conseil de sécurité. Quant à Washington, il dispose au sein du Conseil de sécurité le soutien de Londres, Paris, Rome et Tokyo.

♦ Moscou: des sanctions "inutiles" et "inefficaces"

Le Président russe, Vladimir Poutine ©AFP

A Moscou, on affirme d'ores et déjà que des sanctions ne sont pas une solution. Le président russe Vladimir Poutine les juge même "inutiles et inefficaces". Des nouvelles sanctions mèneraient, selon lui, à "s'engager dans une hystérie militaire" autour de la Corée du Nord. "Cela n'a aucun sens" et "peut mener à une catastrophe planétaire".

Certes la Russie condamne les exercices nucléaires de la Corée du Nord.

♦ Pékin: dialoguer pour dénucléariser

Pour la Chine, la crise "doit être résolue de manière pacifique", déclare son ambassadeur à l'ONU, Liu Jieyi. "Grâce au dialogue, nous pouvons aboutir à une dénucléarisation de la péninsule coréenne". Il ajoute que Pékin "ne permettra jamais le chaos et la guerre dans la péninsule" coréenne.

Conseil de sécurité de l'ONU ©AFP

Liu Jieyi demande donc l'adoption du plan russo-chinois. Il prévoit le gel des tests atomiques et de missiles nord-coréens en échange d'une suspension des exercices militaires conjoints des armées américaine et sud-coréenne. L'ambassadrice américaine juge toutefois cette proposition "insultante": "Quand un régime voyou braque sur vous une arme atomique et un (missile intercontinental) ICBM, on ne peut pas baisser la garde. Nous ne le ferons certainement pas", lance Nikki Haley.

Séoul prêt à riposter

En réaction, la marine sud-coréenne a mené des exercices à tirs réels en mer de l'Est ou mer du Japon. Objectif: démontrer sa détermination à réagir face aux "provocations nord-coréennes", rapporte l'agence Yonhap. "Si l'ennemi nous provoque où que ce soit, sur l'eau ou sous l'eau, nous répliquerons immédiatement et les ensevelirons en mer", déclare le capitaine Choi Young-chan, commandant du 13e "Maritime Battle Group".

♦ Reynders appelle l'Union européenne à la médiation

 "L'Union européenne doit tenter de jouer un rôle de médiation" dans le dossier nord-coréen, estime le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders sur les ondes de Bel-RTL. Le chef de la diplomatie belge a appelé à un renforcement des sanctions à l'encontre de Pyongyang, mais aussi à l'ouverture d'un dialogue. "Toute la communauté internationale doit se mobiliser. On n'arrivera pas à une solution sans augmenter les sanctions, mais sans en même temps chercher le dialogue". Il insiste sur l'implication fondamentale de la Chine, mais aussi la nécessité pour l'Union européenne de faire entendre sa voix dans ce dossier.

Et pour cause, selon Florence Parly, ministre française de la Défense, "l'Europe risque d'être plus tôt que prévu à portée de missile nord-coréen."  

Le Président nord coréen Kim Jong Un

Pendant ce temps, la Corée du Nord déplace vers sa côte ouest ce qui semble être un missile balistique intercontinental (ICBM), rapporte le quotidien sud-coréen "Asia Business Daily". Il cite une source proche des services de renseignement. Le transport est effectué de nuit pour échapper à la surveillance.

La Corée du Nord dispose d'installations balistiques sur sa côte occidentale.

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