Pyongyang propulse, depuis un sous-marin, un missile à 500 km

Les précédents essais de missiles lancés depuis un sous-marin n'avaient accompli que 30 km. Mais celui envoyé ce mercredi a parcouru plus de 500 km. ©REUTERS

Les progrès nucléaires de Pyongyang inquiètent toute la planète. La Corée du Nord a tiré ce mercredi matin un missile balistique à partir d'un sous-marin au large de sa côte est. L'engin a effectué un parcours de 500 kilomètres environ et a atterri dans la zone d'identification aérienne du Japon.

Pyongyang a tiré depuis un sous-marin un missile (SLBM) qui a parcouru un demi-millier de kilomètres en direction du Japon, ce qui constitue pour les experts une nette avancée dans les programmes balistiques nord-coréens.

La distance couverte par le projectile, qui a été suivi par l'état-major interarmée sud-coréen, dépasse de beaucoup celle de précédents missiles SLBM, qui n'avaient pas dépassé 30 km, ce qui laisse penser que la Corée du Nord a effectué d'importants progrès techniques.

Kim Jong-Un Kim inspectant le déroulement d'un précédent tir de missile. ©AFP

Une véritable capacité SLBM ferait monter d'un cran la menace nucléaire nord-coréenne, en ce que Pyongyang pourrait porter sa dissuasion bien au-delà de la péninsule coréenne.

"Beaucoup de questions se posent quant à cet essai, mais il a certainement été un succès", a estimé Jeffrey Lewis, directeur du Programme sur la non-prolifération en Asie orientale à l'Institut Middlebury des études internationales de Californie. "Ce système est toujours en développement, mais la Corée du Nord est clairement en train de faire des progrès", a-t-il poursuivi.

♦ Petit rappel... Les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU interdisent à Pyongyang de développer son programme balistique, mais la Corée du Nord a multiplié les essais de missile depuis son quatrième essai nucléaire en janvier. Séoul a riposté en acceptant le déploiement controversé sur son sol du bouclier anti-missiles américain THAAD, une décision condamnée par Pékin et Moscou.

 

♦ Vers le Japon

Ce missile a été tiré depuis un sous-marin croisant en mer du Japon. Et, ce qui n'était jamais arrivé pour un projectile de cette nature, le missile est "entré dans la zone d'identification de défense aérienne" (ADIZ) du Japon, a déclaré le Premier ministre japonais Shinzo Abe, cité par la chaîne publique nippone NHK.

• Cette zone est celle dans laquelle tous les avions doivent s'identifier auprès des autorités locales.

Abe a dénoncé "une sérieuse menace pour la sécurité du Japon, un acte irresponsable qui ne peut être toléré", selon des propos rapportés par l'agence de presse Jiji. Début août, Pyongyang avait tiré depuis la terre ferme un missile balistique qui, pour la première fois, s'était abattu dans les eaux japonaises.

 

♦ Contexte tendu

Ce tir intervient dans un contexte déjà très tendu sur la péninsule, après une série de défections de Nord-Coréens et au surlendemain du déclenchement de manoeuvres annuelles impliquant 50.000 militaires sud-coréens et 25.000 Américains. L'exercice "Ulchi Freedom" simule sur ordinateur une attaque nord-coréenne.

Séoul et son allié américain assurent que leurs manoeuvres sont purement défensives, mais Pyongyang y voit une provocation, son ministère des Affaires étrangères allant jusqu'à les qualifier d'"acte criminel impardonnable", qui pourrait précipiter la péninsule "au bord de la guerre".

L'Armée populaire coréenne (KPA) s'est dite "complètement prête à lancer des frappes préventives de représailles contre toutes les forces offensives ennemies impliquées".

Après plusieurs mois de tirs nord-coréens de missiles, certains experts considèrent que les relations intercoréennes n'ont plus été aussi tendues depuis les années 1970.

Si Pyongyang est coutumier des menaces, le risque d'une bavure ou d'un incident involontaire -qui pourrait avoir des conséquences militaires dramatiques- est plus élevé du fait de la fermeture ces derniers mois de tous les canaux de communication intercoréenne.

"Nous restons prêts à nous défendre, nous et nos alliés, contre toute attaque ou provocation", a assuré Gary Ross, porte-parole du centre de commandement stratégique américain.

Un missile précédemment envoyé par Pyongyang, selon une photo de l'agence officielle Korean Central News Agency (KCNA). ©EPA

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