Voici le missile nord-coréen censé atteindre Paris... et donc Bruxelles

©AFP

Selon les analystes, quoi qu'en dise Kim Jong-Un, la Corée du Nord ne disposera d'un missile capable d'atteindre la côte ouest des Etats-Unis que dans un an.

Après le nouveau tir de missile effectué hier, la Corée du Nord publie les images. De quoi permettre aux analystes de vérifier s'il est capable, comme le prétend Pyongyang, de frapper n'importe où aux Etats-Unis et même Paris, selon la ministre française de la Défense Florence Parly. Et de Paris à la Belgique, il n'y a qu'un pas.  

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un déclare, lui, qu'avec avec l'essai de l'ICBM , son pays est devenu un état nucléaire à part entière. Les analystes restent perplexes quant à la véritable maîtrise technologique de la Corée du Nord en matière de tir et guidage d'un missile. Sans parler d'assurer la survie des ogives à leur rentrée dans l'atmosphère depuis l'espace.

"Bien que le Nord continue de progresser, notre évaluation n'a pas changé: nous sommes encore à environ une année d'un ICBM capable d'atteindre la côte occidentale du territoire continental des Etats-Unis", indique-t-on chez 38North, un organisme américain voué à la surveillance des programmes d'armement de Pyongyang.

Pourquoi de tels doutes?

La taille

→  Pour les analystes: la grande taille du missile est notable sur les clichés. Selon un membre des services de renseignement américains, le Hwasong 15 serait doté de plus grands moteurs à propergols solides, en particulier au niveau du deuxième étage. "Le premier étage semble équipé de la même chose (que le Hwasong 14), mais il a deux moteurs. Le deuxième semble pouvoir emporter plus de deux fois plus de carburant. La combinaison des deux choses fait qu'il s'agit réellement d'un nouveau missile plus performant."

le Hwasong-15 ©REUTERS

La portée

→ Pour Pyongyang: le Hwasong-15 a atteint une altitude de 4.475 kilomètres avant de s'abîmer à 950 kilomètres du site de lancement.

→ Pour les analystes: les paramètres laissent entendre que si le missile avait suivi une trajectoire traditionnelle plutôt qu'une trajectoire en cloche (à la verticale), il aurait eu une portée de 13.000 kilomètres. Un tel engin "aurait un rayon d'action largement suffisant pour atteindre Washington D.C. (la capitale fédérale américaine) et en fait n'importe quelle partie des Etats-Unis continentaux".

La fiabilité

→ Pour Pyongyang: le Hwasong-15 peut transporter une "ogive lourde extra-large" jusqu'à sa cible. "Après un vol de 53 minutes dans son orbite prédéterminée, le missile s'est abîmé avec précision sur la cible sélectionnée en mer. La capacité à atteindre des cibles précises en contrôlant la position et en corrigeant la vitesse à mi-parcours, la précision en opération du moteur à forte poussée (...) ont été confirmées". L'engin a été tiré à partir d'un nouveau véhicule à neuf essieux, plus gros que les véhicules de lancement utilisés jusqu'alors.

©AFP

→ Pour les analystes: ce véhicule semblait être un tracteur-érecteur capable de transporter le missile et de l'élever en position de tir. "Cela veut dire que le véhicule s'approche d'une infrastructure spécifique, élève le missile, se détache et s'en va". Un processus donc relativement long. "Puisque les Etats-Unis et (la Corée du Sud) sont focalisés sur des réactions rapides et précises, ce facteur sera important en temps de crise."

La rentrée dans l'atmosphère

→ Pour Pyongyang: la Corée du Nord a maintes fois déclaré avoir des ogives capables de résister à l'échauffement qui se produit lors de l'entrée dans l'atmosphère terrestre en provenance de l'espace. "L'essai a reconfirmé la technologie de contrôle et de stabilisation (...) et la sécurité de l'ogive dans l'environnement de rentrée de l'atmosphère."

→ Pour les analystes: le nez du missile est arrondi, à la différence du nez pointu des deux ICBM Hwasong-14 testés en juillet, témoignant des efforts pour maîtriser cette technologie. Mais d'après un responsable américain, le Hwasong-15 s'est élevé et est retombé à des angles prononcés. Cela signifie qu'il n'a pas rencontré la même friction que s'il avait suivi un arc plus régulier, à altitude plus basse.

"Il faudra de nombreux autres tests pour établir la fiabilité et la performance du missile. On ne sait toujours pas si les ingénieurs nord-coréens ont tenté de valider l'efficacité du véhicule de rentrée dans l'atmosphère du missile," entend-on.

©EPA

"Le régime de Pyongyang sera détruit" 

Le régime de Pyongyang sera "complètement détruit" en cas de guerre, ont averti mercredi les Etats-Unis, quelques heures après le lancement d'un nouveau missile nord-coréen. Cette mise en garde a été lancée par Nikki Haley,ambassadrice des Etats-Unis auprès de l'Onu, qui s'exprimait lors d'une réunion du Conseil de sécurité, convoquée en urgence après ce nouveau tir.
"Nous n'avons jamais cherché la guerre avec la Corée du Nord et nous ne la cherchons pas plus aujourd'hui", a déclaré Nikki Haley. "Si une guerre éclate, ce sera en raison d'actes d'agression comme ceux dont nous avons été témoins hier (...).Et si une guerre survient, croyez-moi, le régime nord-coréensera complètement détruit."

Les Etats-Unis demandent à tous les pays de rompre leurs relations, notamment commerciales, avec la Corée du Nord et d'expulser les travailleurs nord-coréens.
Donald Trump envisage des sanctions plus sévères. "Je viens de parler au président chinois Xi Jinping. De nouvelles et sévères sanctions seront imposées aujourd'hui à ce pays. Nous nous occupons de ce cas!", écrit le président américain surTwitter.



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