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Les matières premières remontent la pente

Depuis la débâcle de Lehman Brothers, les matières premières ont globalement progressé de 36%. Il leur faudrait toutefois encore grimper de 51% pour effacer totalement leurs pertes depuis l'éclatement de la bulle des matières premières.

Bruxelles (L'Echo) - Si la réalité économique de la zone euro apparaît comme éclatée, elle l’est tout autant sur le marché des ressources naturelles. Pris dans sa globalité, il fait état, selon l’indice qui lui est consacré par S&P et Goldman Sachs (SPGSITR), d’un return total moyen en hausse de 36% (en euros) depuis son point bas de février 2009.

Même s’il est encore loin d’avoir effacé les pertes engendrées par l’éclatement de la bulle des matières premières au second semestre 2008 - pour ce faire, il lui faudrait encore s’apprécier de 51%-, le marché a vu les capitaux revenir massivement à lui.

La logique inhérente à ces réallocations de portefeuille est, somme toute, assez simple. Pariant sur une reprise de l’activité et, son corolaire, un retour des pressions inflationnistes, les investisseurs ont, l’aversion au risque diminuant, privilégié des actifs réputés pour leur caractère cyclique et positivement corrélé à l’inflation (leurs cours monte lorsque les indices de prix augmente).

Ce choix s’est révélé d’autant plus approprié que, dans un contexte de taux historiquement bas, il n’existe pas, hormis les actions et les dérivés, énormément d’autres placements susceptibles de générer des returns supérieurs aux placements sans risque (le rendement à deux ans des emprunts d’Etat allemand n’est plus que de 0,96%!).

Il y a les métaux…

Derrière ce constat global se cache cependant des situations diamétralement opposées suivant les segments du marché.

On peut même dire que les métaux et les denrées agricoles sont aux antipodes les uns par rapport aux autres. Les cours des métaux précieux libellés en euros se traitent, en moyenne, à des niveaux historiques (soit 2,5 fois au-dessus de leur cours de la fin des années 1990).

La récession engendrée par la crise du crédit, qui trouve son « apothéose » dans la faillite de Lehman Brothers, a, en fin de compte, renforcé leur statu de valeur refuge en période d’instabilité économique et financière. Depuis Lehman, le palladium (+118%), l’argent (+69,3%), et l’or (+50,45%) sont d’ailleurs les trois produits de base repris dans l’indice SPGSCITR enregistrant les performances en euros les plus spectaculaires, le platine (+41,74%) arrivant en neuvième position.

Mais leur rally, qui a pris des proportions exagérées au vu des fondamentaux (on songe surtout à l’or), est aujourd’hui freiné par le regain de forme du dollar et la perspective de resserrement monétaire. On ne parle toutefois pas encore de correction dans la mesure où, historiquement, les métaux précieux voient leur return souffrir lorsque les taux directeurs de la Réserve fédérale (Fed) sont supérieurs à 3%.

Sachant que l’objectif des Fed Funds est compris entre 0% et 0,25%, il y a encore de la marge…

Un constat qui vaut aussi pour les métaux industriels (+118% depuis décembre 2008) dont la virulence de la demande à des fins d’investissement compense le niveau élevé des stocks.

… et le reste (ou presque)

Contrairement aux métaux, la plupart des matières agricoles n’ont pas retrouvé les faveurs des investisseurs. Globalement, elles n’ont récupéré que 5,3%, en moyenne, depuis leur plancher de septembre 2009. Ce qui porte leurs pertes à 45% (en euros) depuis leur sommet de février 2008. Blé, maïs, et café trustent les dernières placent du classement avec l’énergie.

Mais ce n’est qu’une question de temps avant que leurs stocks ne soient remis sous la pression des facteurs qui avaient fait flamber leurs cours en 2008 (démographie et urbanisation croissante, carburant bio, hausse du niveau de vie dans les marchés émergents, etc.).

Tôt ou tard les investisseurs reviendront, à condition que la reprise se confirme, sur des denrées dont les cours réels restent très éloignés de leurs sommets des années 1970.

A fortiori si le climat devait mettre à mal les récoltes comme c’est le cas pour le jus d’orange dont le cours a bondi de plus de 48% depuis Lehman.

Soit presqu’autant que le bois, la matière première la plus en verve de ce début d’année (+47,54%). La déforestation, la poussée immobilière, les contraintes environnementales, les incendies et la demande réduisant les quantités de bois disponibles, les forêts prennent de la valeur.

Enfin, l’énergie (+48% depuis décembre 2008) reste aussi à la traîne (-60% depuis Lehman), le marché étant suffisamment approvisionné en charbon ( -36,6%), gaz naturel (-44,6%), ou électricité (-41,92%), et quasi à l’équilibre dans le cas du pétrole brut de la mer du Nord (-7,06%).

Luc Charlier

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