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Des cabinettards PS et sp.a en séminaire du Samusocial à Spa

D’un courrier transmis à la commission d’enquête, il ressort que des représentants de Rudi Vervoort et de Pascal Smet étaient en février dernier avec la direction du Samusocial. La ministre cdH Céline Frémault dénonce les jeux d'influences socialistes.

Alors que le président de DéFI Olivier Maingain martèle que l’affaire du Samusocial est circonscrite à la ville de Bruxelles et que la majorité bruxelloise PS/DéFI/cdH est éloignée de ce scandale, il apparaît que des représentants des cabinets du ministre-président Rudi Vervoort et de Pascal Smet étaient à un séminaire du Samusocial à Spa le dernier week-end de février.

©Photo News

Dans un courrier daté du 22 février 2017, le directeur financier du Samusocial Aurélien Doffigny s’adresse à tout le management de l’équipe du Samusocial (Pascale Peraïta, Michel Degueldre, etc) en vue d’organiser une "mise au vert" dans un gîte qui doit intervenir à Spa quelques jours plus tard.  "Les draps sont prévus, mais pas les essuies, merci donc de ne pas oublier de les prendre, j’ai également prévenu qu’il y avait un chien", écrit-il en prévision du week-end.

Et de préciser ensuite que les travaux débuteront le samedi ("sous réserve de confirmation de Pascale Peraïta") en commençant par discuter des bâtiments avec "Guillaume et peut-être la présence de Baptiste". Le "Baptiste" cité et surligné dans le mail est Baptiste Delhauteur, le directeur de cabinet adjoint du ministre-président Rudi Vervoort (PS).

"Cela n’a rien avoir du tout avec toutes les histoires qui sont révélées aujourd’hui. Franchement, j’aurais préféré passer mon samedi à faire autre chose qu’aller à ce séminaire du Samusocial."
Baptiste Delhauteur
Directeur de cabinet adjoint du ministre-président Rudi Vervoort (PS)

Contacté vendredi, il confirme avoir participé à ce séminaire. "Je m’y suis rendu une seule journée, le samedi, afin de discuter de la problématique du financement des bâtiments. Il y a un problème en effet au niveau du financement du bâtiment Poincaré et nous avons étudié les solutions possibles. Cela n’a rien avoir du tout avec toutes les histoires qui sont révélées aujourd’hui. Franchement, j’aurais préféré passer mon samedi à faire autre chose qu’aller à ce séminaire du Samusocial", explique Baptiste Delhauteur.

Il indique par ailleurs avoir débriéfé ses autres collègues directeurs de cabinet de ce dossier. Le mail du Samusocial se poursuit : "Le reste du travail des jours suivants fera l’objet d’un ordre du jour plus détaillé (…). Nous discuterons du projet d’ordonnance et aborderons des points d’organisation du Samu. Tina devrait nous rejoindre également dimanche soir".

Tina Martens ©Photo News

"Tina" est en réalité Tina Martens, la directrice de cabinet adjointe du ministre Pascal Smet (sp.a). Mais celle-ci est également commissaire du gouvernement bruxellois au Samusocial… Pourquoi seule la commissaire de gouvernement socialiste a-t-elle été invitée à ce séminaire? L’autre commissaire de gouvernement, la représentante de la ministre Céline Frémault, n’a en tous cas pas été sollicitée pour participer à cette mise au vert du Samusocial.

Interrogé, Pascal Smet explique : "Ma commissaire m’avait demandé l’autorisation d’aller a ce séminaire, je lui avais dit ok, à condition de tout payer elle-même et de ne pas se faire inviter. Ce qu’elle a fait, elle a payé elle-même son repas. Elle a dormi une nuit sur place car il y avait de la neige. Sur le fond, elle a été à ce séminaire car on voulait convaincre le Samusocial de s’inscrire dans le cadre de la nouvelle loi. La représentante de Frémault n’a pas été invitée mais je peux vous dire qu’elle a parfois rencontré des associations du secteur sans nous. On ne doit pas toujours faire tout ensemble et en même temps".

"Cette présence de membres de cabinet à la mise au vert du Samu fin février 2017 - alors que mon cabinet s'escrime depuis plusieurs semaines à obtenir de la transparence sur les émoluments du Samu - est un élément complémentaire à tout ce qui a été découvert par la commission d'enquête cette semaine"
Céline Frémault

De son côté, la ministre Céline Frémault a déclaré que "cette présence de membres de cabinet à la mise au vert du Samu fin février 2017 - alors que mon cabinet s'escrime depuis plusieurs semaines à obtenir de la transparence sur les émoluments du Samu - est un élément complémentaire à tout ce qui a été découvert par la commission d'enquête cette semaine - des réunions préalables du système PS avant les intercabinets avec mes équipes qui servaient à fixer la politique à mener, l'envoi systématique des PV des intercabinets au Samusocial (cela frise le délit d'initié)."

Elle ajoute: "Cela confirme un lien fort et des jeux d'influence derrière mon dos et le fait que le Samu, déjà soupçonné depuis longtemps de mauvaise gestion, dictait les positions politiques du PS régional. Je pouvais imaginer qu'il y avait un soutien indéfectible entre camarades mais là cela va au delà puisque une des associations à qui s'adresse les futures normes du secteur du sans abrisme formatait à la base celles-ci. Je comprends mieux aujourd'hui pourquoi il y avait une telle réticence chez certains à imposer le contrat de gestion que j'exigeais."

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