Laaouej, chef de groupe PS à la Chambre

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Elio Di Rupo désigneé le député Ahmed Laaouej comme chef de groupe à la Chambre. Frédéric Daerden prend la vice-président du groupe: un premier pas dans la reconstruction socialiste. Elle ouvre la voie à Rudi Vervoort et à Rachid Madrane pour remodeler la fédération bruxelloise du Parti socialiste.

S’il est né et a grandi à Liège pour ensuite migrer vers Bruxelles (tiens, donc, comme celle qu’il va remplacer) il ne reste finalement pas grand-chose de liégeois à Ahmed Laaouej, un des piliers du Parti socialiste bruxellois, qui s’apprête à monter en grade ce jeudi.

C’est lui, en effet, qui a été désigné par le président Elio Di Rupo à la tête du groupe socialiste au Parlement fédéral. Cette désignation devrait être effective dès la semaine prochaine.

La promotion d’Ahmed Laaouej comme "number one" pour pallier le départ de Laurette Onkelinx est une étape dans la tentative de "reconquista" d’une formation politique laminée par les scandales successifs.

Encensé de toutes parts, même par ses plus cinglants adversaires politiques comme le ministre des Finances Johan Van Overtveldt qui le considère comme le député le plus affûté de la commission des Finances, Ahmed Laaouej possède un pedigree relativement rare puisqu’il allie bagage technique (il est inspecteur des finances) et art oratoire.

"Ahmed Laaouej est un très bon choix: il est offensif. On ne peut plus se permettre de perdre du temps."
un député PS

Il aura donc fort à faire pour redonner des couleurs à une opposition socialiste atone à la Chambre, asphyxiée par les ultra-loquaces Raoul Hedebouw (PTB) et Jean-Marc Nollet (Ecolo). "C’est un très bon choix, nous sommes derrière lui", appuie un député socialiste liégeois. Un autre parlementaire: "Il est offensif et c’est un avantage, on ne peut plus se permettre de perdre du temps en tergiversant."

Ahmed Laaouej va devoir mettre sa science de la diplomatie et du compromis en avant pour panser les plaies d’un groupe déchiré par les divisions internes entre "pro" et "anti" Onkelinx, entre Bruxellois et Liégeois, etc. Contacté mercredi, Ahmed Laaouej n’a pas souhaité s’exprimer, refusant de commenter une décision qui n’a pas encore été prise.

Madrane et Vervoort

La désignation d’Ahmed Laaouej, plutôt proche du président Di Rupo, va donc laisser un espace à Laurette Onkelinx pour peser sur sa succession dans une autre instance très sensible: la fédération bruxelloise du PS.

L’Etterbeekois Rachid Madrane apparaît de plus en plus comme un candidat capable de rallier le consensus des différents courants même si, dit-on, il n’a pas l’intention de lâcher son job de ministre à la Communauté française avant son terme en 2019.

Le véritable homme fort du PS bruxellois est donc désormais Rudi Vervoort: le ministre-président bruxellois est passé entre les gouttes et sa coalition régionale est restée en place: il est même très en verve puisqu’il a sèchement comparé le cdH bruxellois aux protagonistes du western "Le bon, la brute et le truand"…

Outre Rachid Madrane, Rudi Vervoort peut compter sur l’appui de la plupart des "barons" rouges comme Emir Kir (Saint-Josse), Philippe Close (Bruxelles), Caroline Désir (Ixelles). Ce Parti socialiste-là, en tout cas, aura bien besoin de se serrer les coudes s’il veut résister à la marée de l’extrême gauche et aux vagues d’antisocialisme qui déferlent depuis les affaires Publifin et du Samusocial.

Pour le reste, les camarades tiendront leur congrès de rentrée ce week-end à Forest – un congrès où devait initialement être présentés les résultats du "chantier des idées", sorte de road book du renouveau socialiste devant leur permettre d’avance des solutions nouvelles et les bases de leur futur programme électoral, mais il n’en sera finalement rien.

"On a pris du retard", regrette un ténor du parti. Ce processus-là a donc été postposé au mois de novembre, le temps que les fédérations puissent examiner dans le détail l’ensemble des propositions et ensuite délivrer leur feed-back. Le congrès va donc être relativement classique – entendez des charges contre la droite et la politique des gouvernements wallon et fédéral.

Reste que le pas de côté de Laurette Onkelinx laisse désormais Elio Di Rupo bien seul en selle pour mener la cavalerie rouge dans cette "reconquista" déjà évoquée. Le risque, évidemment, c’est d’emmener les troupes à la bataille, de se retourner, et de constater qu’il n’y a plus grand-monde derrière pour vous suivre.

Allez, on vous laisse avec cette citation: "Si le général est généreux, mais incapable de diriger, bienveillant, mais incapable de rétablir l’ordre, ses soldats, tels des enfants gâtés, seront inutiles”, a écrit Sun Tzu, dans "L’art de la guerre"

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