Les dossiers qui divisent PS et cdH à Bruxelles

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Cet après-midi, les députés bruxellois vont choisir de renouveler ou non la confiance au gouvernement régional. Le cdH, visé par cette motion de confiance, a déjà affirmé qu’il serait "loyal à l’accord de gouvernement". L’issue du vote ne semble donc pas compromise. Ce qui l’est, ce sont les dossiers sur lesquels le gouvernement doit se mettre d’accord. Les tensions sont vives et risquent de faire capoter les discussions.

Cet après-midi, dès 14h, les députés bruxellois choisiront de renouveler ou non leur confiance envers le gouvernement régional. Ils voteront la motion de confiance déposée lundi par le ministre-président, Rudi Vervoort (PS), qui a voulu pousser le cdH à réaffirmer son soutien. L’issue du vote semble sans surprise. Le cdH a déjà affirmé qu’il serait "loyal à l’accord de gouvernement".

Même si les partenaires de la majorité poursuivent le travail ensemble, celui-ci ne se fera pas dans la joie et la bonne humeur. Les tensions sont vives et risquent de faire capoter les discussions. Trois gros dossiers s’annoncent particulièrement chauds mais la liste des querelles à venir est sans doute bien plus longue…

Les allocations familiales

Le cdH souhaite que Bruxelles se calque sur le modèle wallon, "pour une meilleure cohérence et pour éviter que les familles ne fassent leur shopping entre les Régions".

C’est LE gros dossier du moment. En retard par rapport aux deux autres Régions, Bruxelles n’a pas encore déterminé sa politique dans cette matière régionalisée depuis la sixième réforme de l’Etat.

Le cdH souhaite que Bruxelles se calque sur le modèle wallon, "pour une meilleure cohérence et pour éviter que les familles ne fassent leur shopping entre les Régions". La Ligue des familles soutient cet argument.

Mais les autres partenaires de la majorité estiment eux que le modèle wallon ne tient pas compte de la sociologie bruxelloise et serait tout bonnement impayable. Le désaccord porte donc sur les montants. Le cdH propose une allocation de base de 155 euros pour les moins de 18 ans et 165 euros pour les plus de 18 ans. Les autres partenaires de la majorité proposent une formule qui varie entre 140 euros pour l’allocation de base, 150 euros pour les plus de 12 ans et 160 euros pour les plus de 18 ans.

"Au départ, le PS proposait 130 euros, on a déjà réussi à monter à 140. Le cdH ne doit pas être trop gourmand."

"Au départ, le PS proposait 130 euros, on a déjà réussi à monter à 140. Le cdH ne doit pas être trop gourmand", dit cette source proche du gouvernement. Au cdH, on affirme qu’un accord pourrait être fixé à 150 euros. Mais il y a un autre point de blocage: le basculement vers le nouveau système.

Pour le cdH, le nouveau système doit entrer en vigueur pour les enfants nés après le 1er janvier 2019. Deux systèmes coexisteront donc pendant plus de 20 ans. Les autres partis veulent eux un basculement direct dans le nouveau système.

Un compromis est-il possible? Certains partenaires de la coalition soupçonnent le cdH de vouloir bloquer ce dossier hautement symbolique pour son électorat quitte à reporter le problème à la prochaine législature. "Soutenir les familles, c’est dans notre ADN. On ne va pas s’aplatir là-dessus mais il faut un vote avant la fin de l’année si on veut que le système soit opérationnel pour 2019", assure-t-on au sein du parti.

Certains attendent aussi de voir si le MR ne va pas pousser le cdH à revoir l’accord intervenu en Wallonie lorsque PS et cdH gouvernaient ensemble afin d’y apposer sa marque. Cela changerait la donne.

"On a plutôt l’impression que le PS nous utilise pour faire pression sur le cdH."
Zoé genot et alain maron
députés ecolo

Le dossier pourrait aussi se dénouer au Parlement bruxellois avec une majorité alternative incluant Ecolo. "Le PS affirme que leur proposition est proche de la nôtre. On est ravi de servir de modèle. Mais on aimerait comparer les textes. Or, on ne nous a rien présenté. On a plutôt le sentiment qu’on nous utilise pour faire pression sur le cdH", disent les députés écologistes Zoé Genot et Alain Maron.

Pour le cdH, "une majorité alternative sur ce dossier serait une déclaration de guerre. Si on commence comme ça, il n’y a plus de gouvernement. Ecolo n’a qu’à prendre notre place alors".

Les nominations

 Le refus du cdH de nommer Yves Goldstein, l’ancien chef de cabinet de Rudi Vervoort, administrateur délégué du futur musée d’art contemporain a mis le feu aux poudres. Le point devrait à nouveau être abordé ce jeudi en gouvernement.

"Il y a déjà eu cinq bidules créés depuis le début de la législature avec à chaque fois des socialistes placés à leur tête. On ne peut plus travailler de la sorte."

Les cabinets examinent cependant dans quelle mesure ils pourraient se passer de l’accord du cdH. D’autres nominations doivent intervenir dans les prochaines semaines, notamment à la future Agence pour l’entreprise. Comment le gouvernement va-t-il procéder?

Le cdH dit vouloir faire barrage à toute nomination politique. Même si c’est un des siens? "Il y a déjà eu cinq bidules créés depuis le début de la législature avec à chaque fois des socialistes placés à leur tête. On ne peut plus travailler de la sorte. Cela s’est fait à une période. On y a participé aussi, c’est vrai. De même qu’Ecolo. Maintenant, cela doit cesser. ça, le PS ne semble pas encore l’avoir compris".

La bonne gouvernance

"Le cdH se pose en donneur de leçons mais il y a une bonne part d’hypocrisie dans leur chef car ce n’est pas la formation politique avec laquelle on avance le mieux sur les questions de bonne gouvernance", réagit Ecolo.

"Les tensions entre le PS et le cdH sont une période d’ouverture pour avancer sur la bonne gouvernance."

Le cdH bloque sur le décumul intégral alors que le PS s’est prononcé en faveur. À la place, il propose de diminuer le nombre d’élus régionaux de 89 à 50. Un écran de fumée, juge Ecolo. "Le cdH sait que c’est impossible, c’est pour cela qu’il le propose", lance ce PS. "Et eux, ils proposent le décumul car ils savent que les Néerlandophones n’en veulent pas. Or, il faut une double majorité pour voter le décumul", répond le cdH.

Quoi qu’il en soit, le sujet est sur la table et cela arrange Ecolo. "Les tensions entre le PS et le cdH sont une période d’ouverture pour avancer sur la bonne gouvernance mais sur d’autres sujets aussi  sur tous les dossiers où le cdH bloque en fait. Il faut saisir ce moment car dans 6 mois, on craint que les rangs se resserrent", disent les verts.

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