Un cadeau empoisonné pour la N-VA?

©BELGA

Le PS évincé du pouvoir, on aurait pu imaginer un ton jubilatoire au Nord du pays, tant ce parti incarne aux yeux de la Flandre "le mal wallon". Mais non. On a pris le pouls via une revue de presse.

C’est une joie à tout le moins contenue qui transparaissait mardi matin dans les éditoriaux de la presse flamande. À l’image de la réaction du président de la N-VA, Bart De Wever, qui a déclaré suivre "avec intérêt" les événements dans le sud du pays.

Le PS évincé du pouvoir, on aurait pu imaginer un ton plus jubilatoire, tant ce parti incarne aux yeux de la Flandre "le mal wallon". "La fin de l’État PS", titraient nos confrères du Tijd. "Après la disparition de l’État CVP en Flandre, l’éclatement du paysage politique deviendra une réalité en Wallonie également." La Wallonie deviendrait donc un pays comme un autre.

Mais le Tijd ajoute aussitôt que "la descente aux enfers du PS risque de contrarier les projets confédéralistes de la N-VA". "Bart De Wever comptait que le PS se positionne contre une Belgique dominée par la Flandre et serait dès lors disposé à parler de confédéralisme. L’implosion du PS et la montée du PTB rendent une majorité des deux tiers pour aborder un nouveau round communautaire très problématique."

"C’est le début d’une sale guerre", affirme pour sa part l’analyste politique Rik Van Cauwelaert, toujours dans les colonnes du Tijd. "Le PS fera tout pour déterrer les dossiers puants du cdH."

Quant à l’éditorialiste du Standaard, Bart Sturtewagen, il estime que "cette attaque frontale contre le PS est paradoxalement un développement à risque pour la N-VA". "La plus grande menace serait que les autres partis francophones ne viennent à prouver, en raison des rivalités qui les séparent, leur incapacité à gouverner sans le PS." Il juge dès lors que la position d’Elio Di Rupo ne s’est pas affaiblie, au contraire. "En politique comme dans la vie, on sait qu’à défaut d’être tué, on ne peut sortir que plus fort d’une telle épreuve. L’heure de vérité ne sonnera qu’en 2019. Vouloir porter le coup de grâce trop tôt pourrait bien produire l’effet inverse", prévient Bart Sturtewagen.

Dans le Morgen, dont la ligne éditoriale est nettement à gauche, l’éditorialiste Bart Eeckhout décrit Benoît Lutgen comme "le Macron wallon". "Apparemment, il se sent investi de la mission de conduire son peuple vers un nouveau pays. Reste à voir si l’électeur fera la même analyse."

Et Bart Eeckhout de décocher au passage une flèche en direction du MR "qui à Bruxelles n’a jamais montré une seule seconde être plus éthique que les socialistes au niveau des pratiques gouvernementales".

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