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"Face aux difficultés, le cdH a manifestement choisi de déserter"

Le PS a pris acte de la "trahison" du cdH. Benoît Lutgen, président des humanistes, a lancé un appel au MR, Ecolo et DéFI pour constituer de nouveaux gouvernements, sans le PS, largement impliqué dans les "affaires" (Publifin, Samusocial). Le MR accepte de dialoguer.
  • A savoir

    → Le président du cdH a lancé un appel à Ecolo, au MR et à DéFI pour mettre en place des majorités alternatives. Il souhaite évincer le PS, fortement impliqué dans les "affaires" (Publifin, Samusocial...).

    Elio Di Rupo, le président du PS, a pris acte de "la trahison du cdH".
    - Le MR accepte de dialoguer avec Benoît Lutgen.
    Ecolo se sent pris en otage et estime que la question du gouvernement ne se pose pas.
    - DéFI a critiqué la méthode utilisée par le cdH, d'autant que le MR n'est pas à l'abri des critiques en matière de gouvernance (cf. Kazakhgate).

    → Le Premier ministre Charles Michel n'envisage pas de modifier la composition de sa majorité au fédéral.

  • La question de la gouvernance

    La co-présidente d'Ecolo Zakia Khattabi refuse de réduire le débat de la gouvernance à une question de gouvernement ou de casting ministériel, a-t-elle indiqué à l'issue d'une réunion de son parti, qui présentera mercredi aux différents partis politiques ses propres propositions de gouvernance.

    "Ce qui se joue aujourd'hui n'est pas une question de casting ou de gouvernement, mais de gouvernance."
    Zakia Khattabi
    Co-présidente d'Ecolo

    Ecolo a été pris par surprise par l'annonce du président du cdH Benoît Lutgen, et Zakia Khattabi évoque une prise en "otage". Elle doute fortement de la sincérité de la motivation du cdH.

  • Quelles coalitions possibles?

    Le MR est incontournable si le PS est exclu.

    Le parlement wallon

    ©MEDIAFIN

    Le Parlement wallon compte 75 députés. Il en faut donc 38 pour disposer d'une majorité. Si le PS et ses 30 sièges sont exclus, deux scénarios sont possibles:

    • Une "orange-bleue": MR (25) + CDH (13) = 38 sièges.
    • Une "jamaïcaine": MR (25) + CDH (13) + Ecolo (4) = 42 sièges.

    Le PTB et ses 2 sièges ne montera très probablement pas dans la majorité.

    Le parlement bruxellois

    ©MEDIAFIN

    Le Parlement bruxellois compte 89 députés. Il en faut donc 45 pour disposer d'une majorité. Mais attention, il faut également une majorité dans les deux groupes linguistiques. 36 sièges sur 72 du côté francophone et 9 sièges sur 17 du côté néerlandophone.

    Le PS et ses 22 sièges sera exclus, mais le SP.A subira-t-il le même sort? Les socialistes flamands ont marqué leurs désaccords avec leur cousin francophone suite à l'affaire du Samusocial. Deux scénarios sont possibles:

    • Une coalition MR (17) + CDH (8) + Défi (12) + VLD (5) + SP.A (3) + CD&V (2) = 47 sièges (37 du côté francophone et 10 du côté néerlandophone).
    • Une coalition MR (17) + CDH (8) + Défi (12) + Ecolo (8) + Groen (3) + VLD (5) + CD&V (2) = 55 sièges (45 et 10).

    Mais imaginons maintenant que le CDH, à l'origine de ce coup politique, se retrouve dans l'opposition, cela donne trois scénarios supplémentaires.

    • Une coalition MR (17) + Défi (12) + Ecolo (8) + VLD (5) + Groen (3) + SP.A (3) = 48 sièges (37 et 11).
    • Une coalition PS (22) + Défi (12) + Ecolo (8) + Groen (3) + VLD (5) + SP.A (3) = 50 sièges (42 et 11).
    • Une coalition PS (22) + MR (17) + Groen (3) + VLD (5) + SP.A (3) = 50 sièges (39 + 11).

    Le parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles

    ©MEDIAFIN

    Le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles compte 94 députés. Il en faut donc 48 pour disposer d'une majorité. Si le PS et ses 36 sièges sont exclus, trois scénarios sont possibles:

    • Une "jamaicaine": MR (30) + CDH (16) + Ecolo (6) = 52 sièges.
    • Une coalition MR (30) + CDH (16) + Défi (3) = 49 sièges.
    • Une coalition MR (30) + CDH (16) + Défi (3) + Ecolo (6) = 55 sièges.
  • "Incompréhensible", selon Onkelinx

    Le départ du gouvernement du cdH au moment où les réformes de gouvernance sont en discussion dans les parlements est incompréhensible et cela cache sans nul doute d'autres objectifs, a affirmé lundi la présidente des socialistes bruxellois, Laurette Onkelinx, soulignant que face "aux difficultés liées au comportement inacceptable de certains de ses membres", le PS avait pris le taureau par les cornes, non seulement par des sanctions et réformes internes, mais aussi en participant très activement au renouveau par des projets de décrets et d'ordonnances pour changer la gouvernance. "Le partenaire cdH se retire donc de tous les gouvernements où il siège. C'est son droit, c'est étonnant", a commenté Mme Onkelinx.

  • L'agenda du Parlement de la Fédération bouleversé

    Le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a décidé, vu la crise politique francophone, d'annuler l'ensemble de ses travaux prévus cette semaine. Toutes les séances de commissions prévues jusque jeudi, ainsi que la séance plénière de mercredi, n'auront donc pas lieu, a décidé la conférence des présidents de l'assemblée.

  • Un changement de coalition serait inédit

    Il est déjà arrivé que des ministres au pouvoir dans les entités fédérées démissionnent en cours de législature. Mais un changement de coalition tel que souhaité par le cdH serait totalement inédit s'il devient réalité, analyse le constitutionnaliste Mathias El Berhoumi (Université Saint-Louis). 

    Convoquer de nouvelles élections de manière anticipée n'est toutefois possible qu'au niveau fédéral. "La répartition en sièges entre mouvements politiques ne changera donc pas d'ici 2019 et l'électeur ne peut pas intervenir. Les nouvelles majorités éventuelles doivent donc se constituer sur base des résultats politiques que nous connaissons actuellement", explique le constitutionnaliste Christian Behrendt (ULg). Et vu la force politique du PS au sein des entités fédérées, "cela s'apparente à un véritable défi", complète Mathias El Berhoumi. 

  • Le PS dénonce une trahison

    Elio Di Rupo, le président du Parti Socialiste, a pris acte de "la trahison du cdH". 

    "Face aux difficultés, le cdH a manifestement choisi de déserter", a-t-il déclaré dans un communiqué estimant que "des mesures nécessaires pour restaurer la confiance des citoyens envers les institutions démocratiques" ont été prises. Il ajoute que "la décision du cdH bloque toute avancée rapide en faveur des Wallons et des Bruxellois".

    Elio Di Rupo voit dans la décision du cdH une crainte face aux positions des socialistes en faveur du décumul.

    ©BELGA


  • Gosuin: "Je ne rentre pas dans ce genre de combine"

    "Je comprends qu'il (Benoît Lutgen, ndlr) critique comme moi le PS après le scandale de Publifin, mais mettre des gouvernements cul par-dessus tête, ce n'est pas une méthode", a réagi le chef de file de DéFI au gouvernement bruxellois Didier Gosuin. "Le cdH a été un long compagnon de route du PS. Agir de la sorte, c'est une manière de se donner du poids."

    Selon lui, le MR n'est pas à l'abri des critiques en matière de gouvernance dans le dossier du Kazakhgate, dans lequel l'ancien président du Sénat et désormais ex-bourgmestre d'Uccle Armand De Decker a joué un rôle de premier plan. "Je ne rentre pas dans ce genre de combine", a conclu Didier Gosuin.

  • Un bureau du MR ce soir

     

    "Le redressement des entités fédérées est vital. Le MR répondra donc favorablement à un appel au dialogue politique sur l'avenir des entités fédérées."
    Olivier Chastel
    président du MR

    Un bureau politique du MR se tiendra dans la soirée, à 19h30.

    L'annonce du président du cdH "confirme le constat posé par le MR. Depuis plusieurs mois, nous ne cessons de dénoncer l'inertie des gouvernements fédérés", ajoute le président du MR, Olivier Chastel. Selon lui, "en Wallonie, en Fédération Wallonie-Bruxelles et à Bruxelles, les ministres-présidents socialistes consacrent leurs forces à sauver leur parti. La gestion des entités fédérées passe totalement au second plan".

  • "Nous ne souhaitons pas quitter les gouvernements"

    "Nous ne souhaitons pas quitter les gouvernements au sein desquels nous nous trouvons, mais nous souhaitons un autre partenaire", a précisé après la conférence le vice-président du gouvernement wallon, Maxime Prévot (cdh), qui reste pour l'instant ministre.

    "Nous ne continuerons pas avec le PS. Il n'est plus possible de travailler avec lui de manière sereine. Il est temps de lancer une nouvelle donne politique plus moderne, plus volontariste", a-t-il ajouté.

  • Le MR est d'accord

    Le MR est disposé à dialoguer sur l'avenir des entités fédérées, répond Olivier Chastel à Benoît Lutgen.

  • La demande de Lutgen

    "Je lance un appel au MR, à Ecolo, à DéFI. Pour mettre en place de nouvelles majorités positives en Wallonie, à Bruxelles et en fédération Wallonie Bruxelles."

    Bref, le président du cdH veut éjecter le PS et constituer des majorités alternatives... Que vont répondre les autres partis?

    → Le cdH est dans la majorité avec le PS depuis 2004 en Wallonie et à Bruxelles.

  • Benoît Lutgen:

    "La politique doit servir et non pas le politique se servir."

  • "La rupture est nécessaire, elle doit être immédiate."

  • Benoît Lutgen:

    "Chaque scandale handicape l'action d'un gouvernement."

    "Il serait trop facile de déclarer que le PS détient le monopole des affaires. Beaucoup de ses membres sont révoltés par ces abus."

  • Benoît Lutgen:

    "La cupidité de certains a dépassé tout entendement. Leur conscience sociale a été emportée par l'appât du gain."

    "Je suis, nous sommes, profondément dégoûtés."

    "La soif d'argent de certains élus freine la transformation de notre Région."

  • Que va-t-il se dire?

    Plusieurs sources indiquent que le cdH "ne souhaite plus gouverner avec le PS". L'allocution de Benoît Lutgen n'a pas encore commencé. Elle était prévue à 13h15.

  • Ce qu'on attend

    Une déclaration "exceptionnelle" de Benoit Lutgen est prévue ce lundi à l'issue du Bureau politique du cdH. Suivez-nous en live pour en savoir plus.

  • Ecolo réunit son bureau politique

    Les Verts francophones se réuniront un bureau politique à 17 heures, à la place des Barricades, à Bruxelles.

    Selon l'agence Belga, les Verts n'auraient pas été informés préalablement de l'appel de Benoît Lutgen.

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