Le cdH a également les mains dans le cambouis des affaires

Le cdH Dominique Drion a par exemple joué un rôle de premier plan dans la mise sur pied des comités de secteur en tant que président la fédération provinciale liégeoise de la formation humaniste. ©BELGA

Le cdH ne risque-t-il pas d’être l’arroseur arrosé? Le parti de Benoît Lutgen a également trempé dans le scandale Publifin et toute la problématique du cumul des mandats.

Il y a des "trahisons" qui feront date. Le terme est d’Elio Di Rupo, le président du Parti socialiste, sonné par l’annonce choc de son partenaire de majorité en Wallonie et à Bruxelles. C’est le genre de coup qui laisse des traces. D’autres camarades parlent "du baiser de Judas". Mais Benoît Lutgen s’en défend en pointant la gestion de la chose publique à la mode socialise. Lui, il parle de "dégoût". Le Bastognard cogne sur la "cupidité qui a dépassé tout entendement" et la "conscience sociale emportée par l’appât du gain".

Si le PS porte une lourde responsabilité dans les dernières affaires (Publifin, ISPPC et le Samusocial), le cdH ne s’en sort pas complètement blanchi. Les affaires ne l’ont pas épargné.

Le PS n’a pas le monopole

Très vite lundi, de nombreux socialistes n’ont pas tardé à réagir en pointant l’hypocrisie des humanistes. "Ils sont complètement mouillés. Ils sont partout, dans toutes les instances. Ils ont peur aujourd’hui de ne plus exister après les élections de 2018 et 2019", susurre un camarade. Un autre analyse une panique des élus cdH par rapport au décumul intégral. "Mercredi dernier au Parlement wallon, les députés cdH nous ont dit qu’on était fous avec notre projet de décumul intégral. C’est incroyable cette hypocrisie!"

Même réaction dans les rangs d’Ecolo. "Nous sommes face à un coup politique du cdH. C’est une tentative désespérée pour sauver sa peau mais à aucun moment le cdH a essayé d’assainir la gouvernance wallonne. Avec le PS, ces deux partis traditionnels se sont entendus pour mettre au frigo une série de réformes. Le cdH a aussi été aux premières loges dans la désignation des hauts fonctionnaires."

Et tout le monde d’insister pour dire que le PS n’a pas le monopole des affaires.

Évacuons le dossier du Samusocial. Ce scandale est bien 100% socialiste. Dans Publifin, le dossier éclabousse autant des socialistes que des humanistes que des libéraux. Aux côtés des socialistes André Gilles et Stéphane Moreau, le cdH Dominique Drion a par exemple joué un rôle de premier plan dans la mise sur pied des comités de secteur en tant que président la fédération provinciale liégeoise de la formation humaniste. En tant que vice-président cdH de Publifin, il est également accusé par Cédric Halin (un cdH, il faut leur laisser), l’homme par qui le scandale Publifin est arrivé, de n’avoir pas réagi face au malaise de l’élu de Olne par rapport aux modes de rémunérations dans les comités de secteurs.

Dominique Drion, qui présidait le comité d’éthique, de déontologie et d’arbitrage, a également été fort critiqué pour ses rémunérations pour l’ensemble de ses mandats. On parle de plus de 150.000 euros brut par an. Le dossier a aussi entraîné la démission du cdH Didier Hamers de ses fonctions d’administrateur et vice-président de Publifin.

Dans l’affaire de l’intercommunale hospitalière ISPPC à Charleroi, où il est question de mauvaise gestion, certains rappellent que le cdH dispose d’un poste au sein du bureau exécutif.

Le cas de Philippe Buelen, chef de cabinet du ministre cdH Maxime Prévot au gouvernement wallon, a aussi causé des sueurs froides au parti. La justice s’intéresse à son passé et à son "mélange des genres" entre un ancien poste de conseiller chez le bourgmestre Prévot à Namur et un poste d’administrateur dans le groupe privé Immo Circus. Également critiqué pour ses multiples mandats rémunérés, il a accepté, sous la pression suite à l’affaire Publifin, de démissionner de la Sofico, de la SRIW, la Sowalfin, de New Win (filiale de Nethys) et de son mandat d’administrateur chez Immo Circus.

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