interview

Maxime Prévot: "Opportunistes? Mais non! On risque de tout perdre!"

©BELGA

Vice-président du gouvernement wallon, ministre au sein de l’exécutif Magnette, le cdH Maxime Prévot explique pourquoi son parti a choisi de ne plus gouverner avec le Parti socialiste.

Pourquoi avoir choisi de ne plus gouverner avec le Parti socialiste?

Lundi matin, au bureau de parti, Benoît Lutgen nous a fait part de son état d’esprit et de sa réflexion. Partout, en Wallonie et à Bruxelles, nous nous faisons interpeller par les militants du parti. C’est sans arrêt et cela atteint un niveau encore jamais vu jusqu’ici. Les gens sont dégoûtés par ces scandales à répétition qui touchent le Parti socialiste. Nous avons reçu des tonnes de signaux dans cette direction; toujours la même direction, en fait. C’était devenu intenable, a expliqué Benoît Lutgen, lors du bureau de parti. À partir de là, quand il s’est exprimé dans ce sens, ça a libéré la parole et tout le monde s’est exprimé dans le même sens. Il n’y a eu qu’une voix discordante, celle d’un président d’arrondissement. Tout le monde en a marre de cette étiquette de soi-disant scotchage au PS, ce n’est plus possible, les dernières affaires qu’on a connues à Bruxelles et en Wallonie ont rendu toute poursuite de gouvernement avec le PS impossible pour nous.

Mais vous avez quand même gouverné des années avec le Parti socialiste!
Vous savez, le PS est empêtré dans ses scandales et met toute son énergie pour essayer d’en sortir, il n’y a plus de temps ni d’énergie dans ce parti-là pour travailler au redressement économique de la Wallonie et de Bruxelles. Ils sont entièrement tournés vers les changements de règles internes et ne font plus grand-chose pour le mieux-être de nos régions. Ils portent une lourde responsabilité dans tout ce qui se passe aujourd’hui, cela fait trente ans qu’ils sont au pouvoir sans discontinuer; c’est beaucoup trop long.

Mais que répondez-vous à ceux qui vont dire: le cdH est opportuniste, il quitte le Parti socialiste maintenant que le Parti socialiste est à terre…
Oh, vous savez, on a aujourd’hui tous un devoir d’exemplarité. On tend la main a d’autres partenaires, c’est un risque, c’est même un gros risque. À ceux qui pensent que nous sommes opportunistes, je leur réponds simplement ceci: franchement, on saute dans le vide, on ne sait pas si d’autres partenaires vont accepter d’avancer avec nous. Notre démarche est très risquée, franchement, on prend tous le risque de perdre des situations confortables, avec des ministres, etc, pour un lendemain incertain. Ce que nous savons, c’est que nous voulons une rupture totale. Nous voulons un projet et une nouvelle dynamique. Nous voulons aussi arrêter la montée des extrêmes, on souffre de ce Parti socialiste qui s’ultra-gauchise sous la pression du PTB. Bref, on prend un grand risque et c’est tout sauf de l’opportunisme, nous risquons de tout perdre.

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