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A quel point les hommes les plus riches sont-ils riches?

Le milliardaire Bill Gates ©AFP

Les huit hommes les plus riches possèdent autant que la moitié de la population mondiale, d'après Oxfam qui dénonce aussi la tendance à maximiser les bénéfices des actionnaires.

Les huit hommes les plus riches du monde possèdent autant que la moitié de la population mondiale, selon une étude de l'organisation non gouvernementale britannique Oxfam. Les inégalités sociales ont fortement augmenté ces douze derniers mois.

Bill Gates (Microsoft), Amancio Ortega (Inditex, Zara), Warren Buffett (Berkshire Hathaway), Carlos Slim (télécoms latino-américains), Jeff Bezos (Amazon), Mark Zuckerberg (Facebook), Larry Ellison (Oracle) et Michael Bloomberg (Bloomberg) détenaient l'année dernière 426 milliards de dollars, a indiqué Oxfam lundi, en marge du Forum économique de Davos (WEF). De l'autre côté, 3,6 milliards de personnes se partagent 409 milliards de dollars.

3. Warren Buffet : américain, PDG et premier actionnaire de Berkshire Hathaway (patrimoine de 60,8 milliards de dollars). ©REUTERS
5. Jeff Bezos : américain, fondateur, président et directeur général d’Amazon (patrimoine de 45,2 milliards de dollars). ©Bloomberg
6. Mark Zuckerberg : américain, président, directeur général et cofondateur de Facebook (patrimoine de 44,6 milliards de dollars) ©Bloomberg
2. Amancio Ortega : espagnol, fondateur d’Inditex qui détient la chaîne de prêt-à-porter Zara (patrimoine de 67 milliards de dollars). ©EPA
4. Carlos Slim: mexicain, propriétaire de Grupo Carso (patrimoine de 50 milliards de dollars). ©Photo News
7. Larry Ellison : américain, cofondateur et PDG d’Oracle (patrimoine de 43,6 milliards). ©Bloomberg
1. Bill Gates : américain, fondateur de Microsoft (patrimoine de 75 milliards de dollars). ©EPA
8. Michael Bloomberg (à droite) : américain, fondateur, propriétaire et PDG de Bloomberg LP, ancien maire de New York (patrimoine de 40 milliards de dollars). ©AFP

Il y a un an, c'étaient les 62 personnes les plus riches au monde qui possédaient autant que la moitié de la population mondiale. Les nouvelles données montrent que les disparités augmentent toujours plus, en particulier à cause de l'évolution en Chine et en Inde.

La question de l'inégalité dans la répartition des richesses n'épargne pas la Belgique: la tranche des 10% de Belges les plus riches possède près de la moitié (48,2%) du patrimoine net global des ménages du pays. Le pourcent le plus nanti de la population belge possède à lui seul 17,9% de ce patrimoine.

Même si les chiffres interpellent, ils apparaissent un peu moins inégalitaires que chez nos voisins, note Le Soir: Outre-Rhin, les 10% les plus riches possèdent près de 60%; et en France, le même chiffre dépasse les 50%.

Le Belge le plus riche, Albert Frère, pèse à lui seul autant, financièrement parlant, que le cinquième le plus pauvre de la population nationale. 

Que dénonce Oxfam?

Les plus riches et les grandes multinationales se construisent des avantages au détriment de l'intérêt général. Ils alimentent la crise des inégalités en:

• éludant l’impôt et en utilisant les techniques des paradis fiscaux pour rechercher les taux d'imposition les plus bas,
• réduisant les salaires de leur personnel,
• rabotant les prix payés aux producteurs à la base de leur chaîne d’approvisionnement,
• limitant les investissements dans leur propre activité,
 utilisant leur pouvoir pour influencer la politique.

Les dix plus grands groupes internationaux ont généré l'année passée plus de revenus que les 180 Etats ensemble.

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Les dix plus grands groupes internationaux ont généré l'année passée plus de revenus que les 180 Etats ensemble.

"Il est indécent que tant de richesses soient détenues par si peu de monde, quand une personne sur dix survit avec moins de 2 dollars par jour. Les inégalités enferment des centaines de millions de personnes dans la pauvreté, fracturent nos sociétés et affaiblissent la démocratie", a dénoncé Winnie Byanyima, directrice générale d'Oxfam international. Ce fossé grandissant met à mal la cohésion sociale, empêche la lutte contre la pauvreté et mine la démocratie, estime l'ONG.

Les gagnants et les perdants

Selon Oxfam, nos économies canalisent les richesses vers une élite fortunée aux dépens des couches les plus pauvres de la société.

Du côté des gagnants, on retrouve les riches, mais également les actionnaires. Oxfam critique notamment la tendance des entreprises à maximiser les bénéfices des actionnaires. En 1970, en Grande-Bretagne, 10% des gains étaient reversés aux actionnaires, alors qu'aujourd'hui, le chiffre est de 70%.

Du côté des perdants, les pauvres sont évidemment les premiers visés et les femmes en particulier, car elles sont souvent employées dans des secteurs à bas salaires, font l’objet de discriminations importantes au travail. "Si la tendance actuelle se poursuit, il faudra encore 170 ans pour que les femmes atteignent le même niveau de rémunération que les hommes", estime Oxfam.

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