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Delhaize supprime 2500 emplois "tant qu'il est encore temps"

©BELGA

Quatre ans après Carrefour, Delhaize réduit la voilure sur le marché belge où sa rentabilité s’érode. La facture est salée: 2.500 emplois sur la sellette et 14 magasins fermés. "Aujourd'hui, il est encore temps de réagir", justifie le nouveau CEO de Delhaize Belgique.

C’est un sacré coup de massue dans le monde belge de la distribution. Delhaize a annoncé son "plan d'avenir" qui se traduit par 2.500 emplois perdus sur un total de 14.878 personnes employées (bureau central, logistique et magasins en propre) en Belgique. Il n’y aura pas de licenciement collectif pour les ouvriers et le personnel cadre. Le distributeur insiste: "les licenciements secs seront évités autant que possible". Les premiers départs sont prévus au premier trimestre 2015.

Outre la réduction d'effectifs, Delhaize Belgique veut aussi revoir à la baisse les conditions de travail et salariales du personnel.

"Afin d’assurer son avenir, Delhaize Belgique projette d’accélérer la mise en oeuvre de sa stratégie commerciale par un investissement supplémentaire de 450 millions d'euros durant la période 2015-2017. Pour financer cet investissement, une série de mesures sont envisagées. Celles-ci pourraient avoir un impact sur l’emploi de 2.500 collaborateurs de Delhaize Belgique dans les trois années à venir, et pourraient entraîner la fin de l’exploitation en gestion propre de 14 magasins en Belgique", lit-on.

En bref

Un temps révolu?

Chez Delhaize, cette décision marque en tout cas une rupture avec la gestion "familiale" qu’est toujours parvenu à préserver le distributeur belge jusqu’à présent. Mais le dernier descendant des Delhaize et Vieujeant, Pierre-Olivier Beckers, a dû quitter la barre l’an dernier.

Les 14 magasins qui seront fermés ne toucheront pas les magasins affiliés AD Delhaize, Proxy Delhaize et Shop & Go, ainsi que les activités de Delhaize Luxembourg, Red Market, Tom & Co et Caddy Home. Mais le SETCa indique que 25 à 30 magasins sont déficitaires.

Les sites qui seront fermés ou franchisés sont ceux de Aarschot, Berlaar, Diest, Dinant, Eupen, Genk (Stadsplein), Herstal, Kortrijk Ring, La Louvière, Lommel, Oude Vest (Dendermonde), Tubize, Turnhout et Verhaeren (Schaerbeek). Neuf magasins sont donc situés en Flandre où la concurrence avec Albert Heijn fait rage.

 

"Le marché belge est devenu en peu de temps l'un des plus concurrentiels en Europe (...). La concurrence s'intensifie avec l'arrivée de nouveaux acteurs. On compte huit grands acteurs de distribution sur le marché belge", a encore expliqué lors d'une conférence de presse Denis Knoops. Les discounters enregistrent ces dernières années une croissance continue. Les supermarchés Delhaize en gestion propre sont principalement affectés par ce contexte. "Cette situation n'est pas tenable sur le long terme", affirme Knoops.

 

Une thérapie de choc

Dans un tweet, la syndicaliste SETCa, Myriam Delmée, ne cachait pas sa colère. 

 

Delhaize reste une entreprise rentable mais annoncé le licenciement massif de 2500 pers, on cherche le plan commercial! Vrai scandale!— Myriam Delmée (@MyriamDelmee) 11 Juin 2014

 

"C'est une thérapie de choc alors que le problème est commercial et que le personnel est déjà confronté à une érosion des effectifs et a accepté une plus grande flexibilité", ajoute-t-elle.

"C'est un baffe pour le personnel", ajoute Veerle Verleynen de la LBC. Toutes deux doutent par ailleurs que de telles mesures ramènent les clients dans les magasins. 

En bref

Le Premier ministre Elio Di Rupo s'est entretenu mercredi matin avec l'administrateur délégué de Delhaize Belgique Denis Knoops . "Il lui a rappelé que le gouvernement veillera au strict respect de l'ensemble des lois sociales et des droits des travailleurs", selon un communiqué. Le Premier ministre et la ministre de l'Emploi Monica De Coninck rencontreront les délégations syndicales de Delhaize dans les prochains jours.

Plus que l'annonce, c'est la méthode qui est dénoncée par les syndicats. "La direction espère qu'en annonçant 2.500 emplois, les syndicats soient plus ouverts pour discuter des réductions des conditions de travail et des rémunérations", ajoute Myriam Delmée. De plus, ajoute-t-elle pendant le conseil d'entreprise, la direction informait le personnel en magasin "court-circuitant ainsi la concertation sociale".

"Ce chantage à l'emploi n'est pas la stratégie de Delhaize qui jusqu'ici a toujours respecté la concertation sociale", souligne Delphine Latawiec, CNE. Selon elle, les départs multiples de la direction avec le CEO Pierre-Olivier Beckers et les CEO américains et belges laissaient présager de quelque chose d'anormal.

Enfin, la direction a également tenu à mettre la pression en imposant un agenda de négociations serré dans le cadre de la loi Renault et balayé d'un revers de la main par les syndicats. L'heure sera aujourd'hui à l'information du personnel en magasins. Certains d'entre eux débrayent déjà.

A savoir

Fin mars 2014, le réseau de Delhaize Belgique se composait de 854 magasins exploités selon différentes formules: supermarchés Delhaize, AD Delhaize, Proxy Delhaize, Shop & Go, Tom&Co et Red Market.

Delhaize Belgique, qui a généré un chiffre d’affaires de 5,1 milliards d’euros en 2013 et qui possède une part de marché de 25,5 % en Belgique, emploie plus de 15.000 personnes.

L’enseigne fait partie du Groupe Delhaize, présent dans 9 pays sur 3 continents, et emploie environ 160.000 personnes de par le monde. Fin mars 2014, son réseau de vente était constitué de 3.520 magasins.

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