Les actionnaires de Delhaize fâchés sur les rémunérations

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Les actionnaires de Delhaize réunis jeudi en assemblée générale ont refusé d’approuver le rapport de rémunération 2014. Ce rejet n’aura aucune conséquence pratique dans l’immédiat, si ce n’est que la société va prendre langue avec les principaux contestataires. Il se pourrait que cette discussion débouche sur une adaptation de la politique de rémunération à l’avenir.

Surprise à l’assemblée générale de Delhaize: les actionnaires ont refusé d’approuver le rapport de rémunération 2014.  54% d’entre eux ont voté contre ce point.

Mats Jansson, le président du conseil d’administration, semblait s’y attendre puisqu’en préambule de la séance de votes, il avait tenu à réexpliquer en détail la politique de rémunération du groupe. Il avait souligné qu’en août 2013, Delhaize avait promis des primes en cash au management, dans le but de le stabiliser. C’était une période de transition, marquée par le changement de CEO, et la société redoutait une fuite de ses dirigeants.

Un total de 1,9 million d’euros a été accordé, à ce titre, au comité exécutif resté en place à fin juillet 2014. ISS, un organisme qui épaule les actionnaires, avait recommandé de voter contre le rapport de rémunération à cause de cette prime. Manifestement, il a été entendu.

Quelles conséquences pratiques aura ce vote?

"Nous allons discuter avec ces actionnaires et leur réexpliquer notre point de vue", a répondu Mats Jansson. Cela n’implique-t-il pas de devoir réécrire le rapport de rémunération, voire de modifier les principes et les montants qu’il décrit? "Non, ce serait d’ailleurs impossible", nous explique un avocat spécialisé dans le corporate, "car le rapport évoque des engagements contractuels déjà pris entre la société et des cadres. On ne peut pas les invalider. La société peut en revanche contacter les principaux actionnaires concernés et essayer de comprendre leurs raisons." Ce que Delhaize va donc faire. Suite à cela, la société pourrait modifier à l’avenir certains éléments de la rémunération qui les aurait fâchés.

C’est sans doute une première en Belgique. Le vote de ce rapport est prévu en assemblée depuis la loi de corporate gouvernance de 2010.

"Stand alone"?

Les autres points à l’ordre du jour ont tous été approuvés. Dominique Leroy, la CEO de Belgacom, et Patrick De Maseneire, le futur ex-CEO d’Adecco, ont été nommés administrateurs avec 97,9 et 99,8% des voix, respectivement. Ils siégeront comme indépendants.

Plusieurs actionnaires ont demandé où en étaient les discussions avec le Néerlandais Ahold. Le président Mats Jansson et le CEO Frans Muller ont à chaque fois botté en touche. On en reste au contenu du communiqué publié il y a deux semaines: on en est toujours aux discussions préliminaires en vue d’un éventuel rapprochement…

Interrogé sur la possibilité pour Delhaize de poursuivre sa route en "stand alone", Mats Jansson a répondu que, comparé avec la situation d’il y a trois ans, Delhaize s’est bien développé, a assaini son bilan et son portefeuille, bref, est plus compétitif. "Le cours de l’action a aussi rebondi. On est sur de bons rails, cela nous donne confiance", a-t-il déclaré. "Mais on doit encore faire beaucoup de choses à l’avenir. On fait face à une très rude concurrence."

Il s’est toutefois refusé à reprendre à son compte l’éventualité d’un "stand alone", une expression qu’il n’utilise jamais, a-t-il noté. 

 

 

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