A Ithaque, Tsipras célèbre un "jour de libération" de la Grèce

©REUTERS

Le Premier ministre grec estime que l'"Odyssée moderne" qu'a traversée la Grèce depuis 2010 a "pris fin". Libéré de sa tutelle et assis sur un solide coussin financier, le pays doit s'attendre à "de nouvelles batailles".

C'est loin d'Athènes, encore endeuillée par les incendies, qu'Alexis Tsipras a décidé de célébrer la première journée d'une Grèce libérée de sa tutelle financière. Ce mardi, un jour après la fin du troisième plan d'aide, le Premier ministre grec s'est rendu sur les collines d'Ithaque, en mer ionienne. Tout un symbole pour marquer la fin d'une Odyssée de dix ans: celle d'un pays plombé par les dettes, pris dans les remous des marchés financiers et piloté bon gré mal gré par la troïka de ses créanciers - le FMI, la BCE et la Commission européenne.

"L'Odyssée moderne que notre pays a traversée depuis 2010 a pris fin. Les plans de renflouement, l'austérité, la récession et la désertification sociale sont terminés", a déclaré Alexis Tsipras, qui s'était vu contraint d'accepter le troisième plan d'aide en 2015 contre l'avis du peuple grec. Au total, la Grèce a reçu 288,7 milliards d'euros d'aide financière depuis avril 2010 en contrepartie d'une politique d'austérité drastique.

"Ithaque n'est que le début. De nouvelles batailles nous attendent."
Alexis Tsipras
Premier ministre grec

"Notre pays reprend son droit de tracer son propre avenir", a asséné le Premier ministre, qui entend ainsi sceller huit années de stricte tutelle de l'Union européenne et du FMI. Forte d'une réserve comptable de 24 milliards d'euros, la Grèce doit dorénavant assurer seule ses financements sur les marchés et la gestion de sa dette. Mais la Grèce n'en a pas pour autant fini avec les problèmes financiers, à commencer par cette dette souveraine qui s'élève aujourd'hui à 175% du PIB. "Ithaque n'est que le début, a prévenu Alexis Tsipras. De nouvelles batailles nous attendent."

La fin du troisième plan de sauvetage ne signifie pas la fin de la crise pour le peuple grec: si le taux de chômage est passé sous la barre des 20% pour la première fois en sept ans, les salaires de la fonction publique ont été presque divisés par deux, et les pensionnés ont vu leurs retraites baissées à 23 reprises. Une 24e baisse est d'ailleurs prévue pour le 1er janvier 2019. Pour Panos Tsaklogou, professeur d'économie à l'université d'Athènes, c'est le symbole d'un quatrième plan de sauvetage "informel": "La Grèce s'est déjà engagée dans beaucoup de réformes pour les deux années à venir. Celles-ci ne sont pas profondément différentes des plans précédents", explique-t-il à CNBC.

"Aujourd'hui, un nouveau jour se lève pour notre pays", a assuré le Premier ministre devant les caméras de télévision. Mais il reste à voir si ce jour nouveau sera plus brillant que les dix années passées. La Grèce va devoir prouver quotidiennement son sérieux budgétaire sur les marchés. Selon tous les sondages, le gouvernement actuel de Tsipras sera laminé aux prochaines élections législatives d'automne 2019. Pour le quotidien grec Ethnos, "même après Ithaque, nous continuerons à ramer".


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