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Athènes voudrait un accord rapide pour sauver ses banques

Le texte des ministres des Finances de la zone euro fixant les conditions d'une reprise du dialogue sur le renflouement de la Grèce est "très mauvais" mais Athènes en discuterait et souhaiterait lancer rapidement des négociations pour sauver ses banques.
  • Le sommet de la zone euro a été à nouveau interrompu tard dans la soirée de dimanche. Objectif : organiser des consultations en plus petits comités pour accélérer les discussions. Lors d'une interruption similaire, plus tôt dans la journée, Alexis Tsipras s'était entretenu avec le président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel.

    Les discussions achoppent entre autres sur la volonté de l'Eurogroupe de voir la Grèce approfondir son programme de privatisations, notamment celle du réseau de distribution de l'électricité.

    D'après le dirigeant maltais, des progrès ont été enregistrés dans les négociations "mais il reste du chemin".

  • La Grèce dit qu'elle ne peut pas attendre pour commencer à négocier un plan de renflouement du pays, au vu de la "gravité" de la situation de ses banques, à court de liquidités, a indiqué dimanche une source gouvernementale grecque.

    "Nous ne voulons pas de délai", jusqu'à mercredi, comme le propose l'Eurogroupe, "car en attendant, il n'y a pas assez de liquidités de la BCE (injectées dans les banques grecques, ndlr) et la situation est grave (...). Jeudi serait trop tard", a déclaré cette source.

  • Selon une source gouvernementale grecque, Athènes juge le plan de l'Eurogroupe "très mauvais" et tente de "trouver des solutions".

  • Un troisième plan d'aide pourrait être sur pied fin juillet

    Un troisième plan d'aide pour la Grèce pourrait être sur pied fin juillet, si les dirigeants de la zone euro parviennent dimanche soir à donner un signal politique positif et après validation des Parlements devant être consultés, a indiqué un responsable européen sous couvert d'anonymat.

    Les 19 chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro étaient réunis dimanche à Bruxelles pour étudier les conditions d'un éventuel troisième plan d'aide à la Grèce, qui divise profondément, certains pays refusant "un accord à tout prix".

    Si le sommet de dimanche s'avère conclusif, il faudrait "deux ou trois semaines" pour qu'un troisième plan d'aide de plus de 80 milliards d'euros voit le jour, soit "vers fin juillet", a estimé un responsable européen, en marge de la réunion à Bruxelles.

    Avant cela, le calendrier sera très serré, a-t-il prévenu, avec la Grèce qui s'est engagée à voter lundi et mardi un certain nombre de mesures, dont la réforme de la TVA, des pensions, de la procédure civile et à adopter le mécanisme européen pour la résolution des crises bancaires.

    Ensuite, les Parlements de plusieurs pays de la zone euro, Allemagne en tête, devront donner leur feu vert pour le lancement des négociations sur ce nouveau programme d'aide, le troisième pour la Grèce qui a bénéficié de 240 milliards d'aide depuis 2010.

    A partir de jeudi-vendredi, les éléments pour engager les négociations pourraient être sur la table, tant côté grec qu'en ce qui concerne le reste de la Zone euro, a poursuivi ce responsable, évoquant dans ce scénario optimiste de nouvelles réunions des ministres des Finances à venir.

    Même si des négociations pour un nouveau plan d'aide s'engagent, Athènes aura besoin d'une aide intermédiaire ("bridge") pour faire face à une importante échéance de remboursement le 20 juillet auprès de la Banque centrale européenne, la dernière institution à maintenir en vie les banques du pays grâce à des prêts d'urgence.

    Ce sujet pourrait être au menu de la réunion des ministres des Finances de la zone euro qui se tient lundi à Bruxelles et était prévue de longue date.

  • Le point sur la situation

    • Un accord a été conclu lundi: la Grèce bénéficiera d'une aide du Mécanisme européen de stabilité en contrepartie de la mise en oeuvre de réformes sérieuses.
    • Le parlement grec commence ses travaux. Il adoptera d'ici le 15 juillet une réforme de la TVA et des retraites avant d'enclencher le processus formel d'un troisième plan de sauvetage. L'approbation du Parlement n'est pas gagnée vu les tensions qui existent au sein du parti Syriza.
    • Alexis Tsipras ne démissionnera pas Il a déclaré qu'il voulait prendre ses responsabilités jusqu'au terme de ma législature. Il remaniera probablement son gouvernement lorsque le parlement se sera prononcé mercredi.
    • Le plan de financement transitoire est toujours à l'étude. Haircut? Selon un rapport confidentiel du FMI, la Grèce a besoin d'un allégement de sa dette. 
    • Les autres parlements nationaux devront donner leur accord (jeudi ou vendredi) avant l'ouverture de nouvelles négociations. Le Bundestag procédera au vote ce vendredi.
    • Les banques pourraient rester fermées un mois de plus, selon Alexis Tsipras.

  • Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a eu une nouvelle conversation téléphonique avec le secrétaire américain au Trésor Jack Lew dimanche, auquel il a dit qu'un accord devait "respecter les Grecs", a indiqué une source gouvernementale grecque.

    Le Premier ministre "a parlé au téléphone" avec Jack Lew et lui a dit que "pour obtenir un accord il fallait de la bonne volonté des deux côtés", que "la Grèce avait prouvé qu'elle voulait un accord, mais que pour que celui-ci soit viable, il devait respecter les Grecs et tous les sacrifices qu'ils ont faits depuis cinq ans", a ajouté cette source.

    ©BELGA



    Dans un commentaire sur cette conversation, un porte-parole du Trésor américain a souligné que M. Lew "suivait de près" les négociations en cours et était "encouragé par les informations faisant état de progrès, même si du travail reste de toute évidence encore à faire".

  • André Sapir (ULB) : "Je comprends cette demande de garanties"

    La garantie d’un fonds de 50 milliards d'euros composé d'actifs publics grecs apparaît comme une bonne idée, selon André Sapir (ULB) qui s'exprimait sur RTL-TVI.
     
    "Ce n’est pas la fin du rêve européen. La crise grecque dure depuis 2010 et je pense qu’on arrive à  la fin d’une longue séquence avec des choix difficiles. On n’a pas toujours bien expliqué les enjeux, tant aux Grecs qu’aux Européens. Aujourd’hui, l’obtention de garanties par les créanciers fait partie de ces choix difficiles" a indiqué André Sapir, professeur à l’ULB, lors du journal télévisé de RTL.
    "Le plan du gouvernement grec était un bon plan, qui satisfait globalement les créditeurs " a-t-il dit. " Mais ce qui manquait, c’est la confiance vis-à-vis du gouvernement grec. Je comprends donc très bien cette demande d’avoir un certain nombre de garanties. Et cette garantie constituée par un fonds de 50 milliards d'euros composé d'actifs publics grecs apparaît comme une bonne idée."
    Mais, ajoute-t-il, il ne faut pas augmenter les demandes à l’égard de la Grèce, autres que des garanties. "Le gouvernement grec a déjà cédé sur beaucoup de choses, il ne faut pas arriver à une humiliation du peuple grec. Ce serait contre-productif."

  • Le Grexit temporaire est bien une option

    Les ministres des Finances de la Zone euro ont transmis dimanche aux chefs d'Etat un document qui évoque noir sur blanc l'option d'une "sortie temporaire de la zone euro" de la Grèce, selon une copie obtenue par l'AFP.

    "En cas d'échec à trouver un accord, la Grèce se verrait proposer de négocier rapidement une sortie temporaire de la zone euro, avec la possiblité de restructurer sa dette", selon ce document. Ce passage figure entre crochets pour signifier qu'il n'a pas emporté l'adhésion de tous les ministres et qu'il revient aux chefs d'Etat de trancher.

    ©EPA

    Ce document de quatre pages est le résultat des 15 heures de négociations pied à pied des ministres et des institutions européennes déchirées entre les partisans d'une ligne dure avec Athènes, et les colombes.

    Illustration de ces désaccords: onze passages de ces quatre pages sont entre crochets.

    L'Eurogroupe exige plusieurs mesures d'Athènes, dont des abandons de souveraineté puisque la Grèce devra soumettre aux institutions certains projets de loi avant de les passer au Parlement.

    L'Eurogroupe s'est au moins accordé pour estimer qu'un troisième plan d'aide à la Grèce devrait peser entre 82 et 86 milliards d'euros et pour demander à la Commission, au FMI et à la BCE d'essayer d'alléger cette enveloppe en travaillant sur la fiscalité grecque ou les privatisations exigées d'Athènes.

    En revanche, il n'y a pas eu de consensus sur l'épineuse question de la soutenabilité et d'une éventuelle restructuration de la dette grecque, le passage étant lui aussi entre crochets:

    "Dans le contexte d'un éventuel programme (...), l'Eurogroupe se tient prêt à envisager de possibles mesures additionnelles pour adoucir le service de la dette grecque, si nécessaire" par un rééchelonnement. En revanche un réduction pure et simple de la dette est exclue.

    ©BELGA



    Le document fait la liste les exigences imposées par l'Europe à la Grèce, et là encore, il n'y a pas eu de consensus sur tout.

    L'Eurogroupe demande à Athènes de légiférer d'urgence sur certains dossiers chauds, d'ici mercredi, pour "reconstruire la confiance", entre les créanciers et Athènes.

    Il s'agit notamment de légiférer sur la TVA, les retraites, la procédure civile, l'indépendance de l'Office grec des statistiques.

    Ces nouvelles lois seront un préalable à la reprise des discussions pour un plan d'aide.

    Dans le cadre de cette négociation à venir, "les propositions de réformes grecques doivent être considérablement renforcées pour tenir compte de la forte détérioration économique et budgétaire du pays", selon le document.

    Il s'agit schématiquement de libéraliser l'économie, en modifiant par exemple les règles en vigueur dans le secteur énergétique, les retraites, le marché du travail, celles régissant le travail du dimanche, les périodes de soldes, sur les boulangeries ou le commerce du lait...

    L'Eurogroupe a ajouté quatre exigences: plus de privatisations, réduire le coût de l'administration, faciliter le travail de surveillance des institutions internationales, et imposer un droit de regard des institutions sur les projets normatifs grecs.

    "Le gouvernement doit consulter et obtenir l'accord des institutions sur tout projet de loi dans certains domaines importants (...) avant de le soumettre à une consultation publique ou au Parlement", selon le texte de l'Eurogroupe. Enfin, Athènes doit revenir sur certaines des mesures adoptées depuis la victoire électorale de Syriza eu début de l'année 2015 (ce dernier point n'ayant pas fait l'objet d'un consensus de l'Eurogroupe).

  • Une réunion "au finish"

    L'intention du président du Conseil, Donald Tusk, est de poursuivre les discussions "au finish", jusqu'à obtenir un "oui" ou un "non" des chefs d'État et de gouvernement pour financer la Grèce, selon une source européenne.

    La réunion des chefs d'État et de gouvernement a commencé vers 16h20 avec une série d'exposés. Jeroen Dijsselbloem, Jean-Claude Juncker, Christine Lagarde et Alexis Tsipras se sont relayés pour donner leur point de vue sur la situation. La réunion s'est ensuite interrompue tenter de préparer les termes d'un accord et doit reprendre en cours soirée.

    Plus tôt dans la journée, les ministres des Finances de la zone euro avaient transmis un "non paper" aux chefs d'État et de gouvernement: un état des lieux des discussions qui met en lumière les points de désaccord:
    -Un fonds doit-il être établi pour réunir des biens publics grecs ? Le "non paper" évoque un montant de 50 milliards d'euros placé dans un fonds existant comme le Institution for Growth à Luxembourg.
    -Le Fonds monétaire international doit-il être impliqué ?

    Le document estime les besoins de financement de la Grèce entre 82 et 86 milliards d'euros. Athènes aurait besoin de 7 milliards pour le 20 juillet et 5 milliards de plus pour la mi août.

    Si les chefs d'État et de gouvernement parviennent à un accord ce soir, c'est aux ministres des Finances de la zone euro - le conseil des gouverneurs du Mécanisme européen de stabilité (MES) - qu'il reviendra de prendre la décision formelle d'un 3e plan d'aide à la Grèce. Une réunion est prévue ce lundi.

  • L'argent des privatisations grecques appartient-il à la Grèce ?

    L'une des questions de la réunion de ce soir sera bien de s'accorder sur la création d'un fonds grec dans lequel seraient versés les actifs "liquidifiés" grecs, a confirmé le présient du Parlement européen Martin Schulz: l'argent des privatisations promises par Athènes.

    Mais alors que la piste avancée par Berlin serait d'établir ce fonds hors de Grèce, Martin Schulz estime que le fonds devrait appartenir à la Grèce. C'est un élément de "la fierté d'un peuple, il faut la respecter", a-t-il dit en marge du sommet de la zone euro.

    L'Allemagne aurait proposé de créer hors de Grèce un fonds regroupant des actifs grecs à hauteur de 50 milliards d'euros. Martin Schulz a souligné que l'idée originelle avait été émise dans le cadre de la préparation du premier plan d'aide à la Grèce, par l'actuel président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

  • L'Eurogroupe s'accorde sur une liste de demandes

    Les ministres des Finances de la zone euro ont rédigé dimanche une liste de nouvelles conditions réclamées au gouvernement grec pour commencer à négocier un nouveau plan de sauvetage financier du pays, soumis à l'arbitrage des dirigeants de l'Union monétaire, ont indiqué des sources européennes.

    "Nous avons parcouru un long chemin (...) il y a encore des questions majeures" à régler, a affirmé le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, à l'issue de la réunion.

    "C'est aux dirigeants de décider", a-t-il ajouté, en référence au sommet s'ouvrant dans la foulée à Bruxelles des chefs d'État et de gouvernement de la zone euro.

    "Nous avons fait des progrès même si des points de divergence doivent être comblés. C'est maintenant aux dirigeants de trouver le termes d'un accord", a résumé de son côté Pierre Moscovici, le commissaire européen en charge des Affaires économiques.

    "Beaucoup de progrès ont été faits" pour la mise au point de cette feuille de route, a renchéri sur son compte Twitter le ministre des Finances finlandais, Alexander Stubb.

    "Il y avait unanimité au sein de l'Eurogroupe pour dire que les propositions grecques étaient vraiment insuffisantes pour assurer un rétablissement de l'économie grecque", a commenté Johan Van Overtveldt, ministre belge des Finances. "Nous avons développé une série d'éléments complémentaires qui étaient nécessaires pour rendre possible la reprise de la croissance."
         La discussion, qui s'est tenue sur deux jours (samedi pendant neuf heures et dimanche de 11h00 à 16h00) a été "très longue et par moment très difficile", a souligné le ministre. "Il y a maintenant consensus sur 90%" de la discussion, les 10% restants devront "être tranchés par les chefs de gouvernement".

    Parmi les engagements réclamés à Athènes figure le vote "d'ici le 15 juillet" par le Parlement grec d'un premier volet des mesures promises par Athènes. Le gouvernement grec de gauche radicale devra aussi accepter "de dures conditions" en ce qui concerne "la réforme du marché du travail et du système de retraites, la fiscalité et la TVA", a-t-il ajouté.

    Le texte préparé par les ministres inclut aussi parmi les options la proposition allemande de création hors de la Grèce d'un fonds regroupant des actifs grecs à hauteur de 50 milliards d'euros pour garantir les privatisations promises par Athènes, a précisé un diplomate européen.

    L'Eurogroupe a travaillé "sur un document avec des mots entre parenthèses", qui devra être finalisé par les dirigeants, a ajouté une source proche des négociations. Ces 19 dirigeants "rempliront les blancs", a-t-elle indiqué.

    Si les Grecs acceptent au final les conditions qui leur sont posées, la zone euro donnerait son feu vert à l'ouverture de nouvelles négociations entre Athènes et ses créanciers pour un troisième plan d'aide, de plus de 74 milliards d'euros sur trois ans.

    Mais "il est probable que le feu vert final ne soit donné qu'après un vote demain par le Parlement grec d'une série d'actions préalables", a estimé une source européenne.

    Une version antérieure de la liste préparée par les ministres incluait aussi dans la matinée "entre parenthèse" une deuxième idée allemande, celle d'une sortie provisoire de la Grèce de la monnaie unique pour cinq ans, assortie d'une restructuration de la dette du pays, selon un autre diplomate européen.

    Mais cette option ne figurait plus dans la version en cours de rédaction par les ministres en début d'après-midi, selon une source européenne.

    Les dirigeants de la zone euro doivent prendre le relais de leurs ministres des Finances pour décider de lancer, ou non, de nouvelles négociations avec Athènes sur un troisième plan d'aide, condition sine qua non pour éviter au pays une sortie de la zone euro.

    En échange, la Grèce s'est engagée à mener coupes budgétaires et réformes, mais ses partenaires lui demandent davantage d'efforts et des garanties de mise en oeuvre.

  • Les Verts veulent connaître le mandat de Van Overtveldt

    En Belgique, les députés Verts ont demandé au président de la Chambre, Siegfried Bracke, d'organiser une réunion de la plénière durant laquelle le Premier ministre Charles Michel et le ministre des Finances Johan Van Overtveldt apporteront des éclaircissements sur leur position en ce qui concerne le dossier grec. "Le Premier ministre et le ministre des Finances n'ont pas le mandat suffisant du parlement pour suivre la position allemande dans le dossier grec", a estimé dimanche le chef de groupe Ecolo/Groen à la Chambre, Jean-Marc Nollet.
        Les députés de l'opposition, les écologistes Kristof Calvo et Jean-Marc Nollet, ont regretté dimanche que le gouvernement belge s'aligne de plus en plus sur la position "extrême" des Allemands. "Cela ne peut se faire sans associer le parlement ou sans mandat", a souligné Kristof Calvo (Groen).
         De son côté, le porte-parole de Charles Michel a indiqué que le Premier ministre avait déjà promis vendredi qu'il viendrait avec des éclaircissements sur les négociations lundi après-midi à la Chambre, et plus précisément à 14h15 dans le cadre du Comité d'avis fédéral chargé des questions européennes.

  • Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, a dit dimanche arriver au sommet de la zone euro avec l'espoir d'une solution au problème grec.

    "Nous travaillerons jusqu'à la dernière milliseconde pour trouver une solution. Nous arrivons avec l'espoir qu'une solution prévaudra", a-t-il déclaré aux journalistes.

  • François Hollande doit "se ressaisir" et reconstituer son alliance avec Angela Merkel sur la Grèce, a déclaré dimanche Nicolas Sarkozy après une réunion avec les dirigeants conservateurs de la zone euro, dont la chancelière allemande.

    L'ancien président français, qui s'exprimait à Bruxelles avant l'ouverture d'un sommet de la zone euro consacré au lancement de nouvelles négociations pour un troisième plan d'aide à la Grèce, a jugé le compromis "nécessaire", même si la question principale est selon lui la confiance que l'on peut accorder aux engagements du gouvernement grec.

  • La chancelière allemande Angela Merkel a affirmé qu'"il n'y aura pas d'accord à n'importe quel prix" pour sauver la Grèce, en arrivant dimanche au sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro à Bruxelles.

    ©EPA

    "La valeur la plus importante, à savoir la confiance et la fiabilité, a été perdue" avec Athènes, a ajouté la chancelière qui a promis des "négociations ardues".

  • Pas d'accord a priori

    Reuters s'est procuré le projet de communiqué de l'Eurogroupe, qui devrait sortir à la fin de la réunion qui débute dans un quart d'heure.

    Selon ce texte, la zone euro ne voit toujours de base pour l'ouverture de négociations pour un troisième plan d'aide à la Grèce.

    "L'Eurogroupe (...) est parvenu à la conclusion qu'il n'y a pas encore de base pour commencer les négociations sur un nouveau programme", constate le document obtenu par Reuters.

    Les négociateurs européens veulent qu'un certain nombre de réformes demandées à la Grèce soient votées au Parlement avant d'entamer formellement les négociations.

    Le projet de communiqué stipule que des changements dans laTVA, les retraites et l'indépendance de l'office statistique en Grèce doivent intervenir avant l'ouverture d'une procédure formelle sur un nouveau plan de sauvetage.

    La Grèce doit aussi renforcer son programme de privatisations et une décote sur la dette grecque est exclue, ajoute le document.

    En outre, la Grèce devrait accepter de transférer 50 milliards d'euros d'actifs publics dans un fonds de garantie.


  • "La France va tout faire" pour garder la Grèce dans la zone euro
    François Hollande
    Président français

    ©AFP

  • Un accord est possible "dimanche si toutes les parties le veulent"

    Un accord entre la Grèce et ses partenaires européens est possible dimanche "si toutes les parties le veulent", a affirmé le Premier ministre grec Alexis Tsipras à son arrivée à un sommet de la zone euro à Bruxelles, qui va tenter de trouver un compromis afin d'éviter une sortie du pays de la monnaie unique.

    "Je suis ici pour parvenir à un compromis honnête, nous devons cela au peuple européen", a déclaré Alexis Tsipras. "Nous pouvons parvenir ce soir à un accord si toutes les parties le veulent", a-t-il ajouté.

    ©EPA

  • L'Eurogroupe exclut toute décote sur la dette grecque

    D'après un projet de déclaration de l'Eurogroupe, dont Reuters a pu prendre connaissance, les ministres des Finances de la zone euro estiment qu'il n'y a "pas encore de base pour l'ouverture des négociations sur un troisième plan d'aide à la Grèce."

    "Des changements dans la TVA, les retraites et l'indépendance de l'office statistique doivent intervenir" avant tout nouveau plan, poursuit le document qui exclut "toute décote sur la dette grecque et insiste pour que le pays approfondisse son plan de privatisations"

  • Le premier secrétaire du parti socialiste français Jean-Christophe Cambadélis a lancé dimanche un appel à son homologue allemand, le président du SPD Sigmar Gabriel, pour qu'il fasse pression sur Angela Merkel dans le dossier grec.

    Sigmar Gabriel est également ministre de l'Economie et vice-chancelier.

  • L'ancien Premier ministre François Fillon, qui exhorte François Hollande à "déverrouiller la France", estime que le président français a empêché qu'une solution rapide soit trouvée sur la Grèce en jouant un "trouble jeu" avec Athènes et Berlin.

  • Divisée, la zone euro tente d'avancer seule sur la Grèce

    L'incertitude reste totale, de nombreux pays estimant que le gouvernement du Premier ministre Alexis Tsipras ne dispose pas de la crédibilité nécessaire pour enclencher le processus formel d'un nouveau plan de sauvetage, même si le parlement grec a approuvé samedi un programme de réforme proche de celui proposé par les créanciers et rejeté par référendum en Grèce.

    "Le principal obstacle pour aller de l'avant est le manque de confiance", a déclaré à son arrivée à l'Eurogroupe le ministre italien des Finances, Pier Carlo Padoan.

    Pier Carlo Padoan, ministre italien des Finances, Pierre Moscovici, commissaire européen pour les affaires financières et économique, et Michel Sapin, ministre des Finances. ©© Wiktor Dabkowski/dpa/Corbis



    Même au sein de la Commission européenne, des avis divergents s'expriment, entre optimisme et pessimisme.

  • Illustration des fractures au sein de la monnaie unique: la réunion a été suspendue tard samedi soir par le patron de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem en raison de la tension entre le ministre allemand Wolfgang Schäuble et le gouverneur de la BCE Mario Draghi, le premier intimant au deuxième de "ne pas (le) prendre pour un imbécile", selon l'agence de presse grecque ANA.

  • La Slovaquie estime impossible un accord sur la Grèce dimanche

    Il ne peut pas y avoir d'accord sur une nouvelle aide à la Grèce ce dimanche lors des réunions des ministres des Finances puis des dirigeants de la zone euro, a estimé le ministre slovaque des Finances, Peter
    Kazimir, en appelant Athènes à mener très vite les réformes promises.

    "Il n'est pas possible de parvenir à un accord aujourd'hui", a déclaré Peter Kazimir avant la reprise des discussions de l'Eurogroupe, suspendues samedi en fin de soirée.

    "Nous pouvons faire des recommandations aux chefs d'Etat (ndlr: qui se réuniront à partir de 14h00 GMT), c'est tout. La rupture de confiance est tellement frappante qu'il ne peut pas yavoir d'accord", a-t-il ajouté.

    A la question de savoir ce que le gouvernement grec devrait faire pour restaurer la confiance, le ministre slovaque a répondu: "Mener très vite les réformes."

  • La Commission européenne juge "très peu probable" d'obtenir dimanche le feu vert politique pour négocier un troisième plan d'aide pour la Grèce, qui risque à tout moment une sortie de l'euro, a affirmé dimanche le vice-président de l'exécutif européen, Valdis Dombrovskis, à Bruxelles.

    "Il est très peu probable que la Commission obtienne un mandat de négociation" ce dimanche, a affirmé M. Dombrovskis, avant de reprendre les discussions, avec les ministres des Finances de la zone euro, sur le sort de la Grèce.

  • "Je suis toujours optimiste mais ce sont des négociations très très difficiles parce qu'il y a beaucoup de points sur lesquels nous n'avons pas d'accord"
    Hans Joerg Schelling
    ministre autrichien des Finances

    ©EPA

  • La Grèce ne doit pas quitter la zone euro, martèle dimanche le président du Conseil italien Matteo Renzi dans un entretien accordé au journal Il Messaggero, dans lequel il assure qu'il va demander au gouvernement allemand d'accepter un compromis et de ne pas humilier Athènes.

    ©© Valentin Morariu/Demotix/Corbis

  • Le sommet européen remplacé par un sommet de la zone euro

    Le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne prévu ce dimanche n'aura pas lieu pour permettre aux seuls dirigeants de la zone euro de négocier un accord avec la Grèce à partir de 16h00
    (14h00 GMT) et "jusqu'à ce qu'une décision soit prise", a annoncé le président du Conseil européen, Donald Tusk, sur son compte Twitter.

    ©EPA



    Ce sommet fera suite à une nouvelle réunion des ministres des Finances de la zone euro, à partir de 11h00 (9h00 GMT).

    L'Eurogroupe s'est séparé dans la nuit de samedi à dimanche sans s'entendre sur l'octroi d'un nouveau plan d'aide à la Grèce, plusieurs pays, dont l'Allemagne, demandant davantage de garanties à Athènes.


  • La réunion entre les ministres des Finances de la zone euro doit reprendre ce dimanche matin faute d'accord intervenu hier soir. Les négociations semblent particulièrement difficiles et certaines sources proches des discussions affirment que l'Eurogroupe demandera la mise en place de réformes supplémentaires au gouvernement d'Alexis Tsipras.

    Des sources au sein du gouvernement grec estiment "évident que certains pays" européens ne veulent pas qu'un accord soit trouvé pour sauver Athènes de la banqueroute, rapporte dimanche l'agence de presse grecque ANA.

    "Il est évident que certains pays, pour des raisons qui n'ont rien à voir avec les réformes et le programme, ne veulent pas d'un accord", déclarent ces sources citées par ANA.

    ©EPA



    Elles affirment que les ministres des Finances de la zone euro s'étaient mis d'accord sur "un calendrier pertinent" et qu'un "accord de principe" avait été trouvé, mais qu'un "groupe de pays ont soulevé la question de la +confiance+, sans toutefois préciser ce qui devrait être fait".

    Dans un climat de défiance envers Athènes, et avec certains pays évoquant ouvertement un Grexit, les ministres ont échoué samedi à Bruxelles à accoucher d'un texte qui servirait de base au sommet des chefs d'Etat et de gouvernement européens dimanche, régulièrement présenté comme la dernière limite pour sauver la Grèce de l'effondrement financier. Les travaux doivent reprendre dimanche à 09h00 GMT.

    "Il y a plusieurs pays qui bloquent" et ne veulent pas d'un troisième plan d'aide, a résumé une source européenne, alors qu'Allemagne et Finlande, deux faucons vis-à-vis d'Athènes, semblent près de dire ouvertement qu'ils ne veulent plus de la Grèce dans la zone euro.

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