Publicité

"Cette histoire de sortie temporaire n'existe pas. C'est illégal"

Le Premier minisitre grec Alexis Tsipras (gauche), le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker (centre) et le Président français François Hollande (droite). ©ANP

C'est l'heure de vérité pour l'Union européenne. La tension entre Berlin, Athènes et le reste de l'Europe atteint son climax.

"Cette situation me rend malade", confesse un diplomate. Pendant que les chefs d'État et de gouvernement de la zone euro scellent le sort de l'Union monétaire, la "bulle européenne" - diplomates, fonctionnaires, journalistes - est en émoi. Dimanche, les ministres des Finances de la zone euro ont mis des mots très durs noir sur blanc. "Dans le cas où aucun accord ne pourrait être atteint, la Grèce pourrait se voir proposer des négociations rapides sur une sortie temporaire de la zone euro avec une possible restructuration de la dette." La sortie de la Grèce de la zone euro est envisagée. 

"Cette histoire de "sortie temporaire" n'existe pas. C'est illégal. C'est comme si vous écriviez qu'il doit y avoir du soleil tous les jours à Bruxelles", observe haut fonctionnaire. Et ce n'est pas la seule aberration, selon lui, du texte... 

Outre savoir si les chefs d'État et de gouvernement donnent un signal pour travailler au maintien ou à la sortie de la Grèce de la zone euro, une question centrale à trancher est celle de la gestion des privatisations grecques. Sous impulsion allemande, les ministres des Finances proposent qu'une société d'investissement grecque de droit luxembourgeois capitalise 50 milliards d'euros de garantie au travers de la vente d'actifs grecs. "Nous considérons qu'atteindre un tel montant  n'est pas réalisable", indique le haut fonctionnaire. 

Mais certains veulent relativiser la dureté des demandes formulées à l'Eurogroupe par le ministre Allemand des Finances. "Schäuble et Merkel, ce n'est pas la même chose, il y a un partage des rôles...", remarque un ministre des Finances, qui s'exprime "hors micro". À ses yeux, le pic de la crise est passé samedi, quand les ministres ont commencé "à se dire les choses avec une rare intensité de vérité". À ce moment, Wolfgang Schäuble et d'autres avaient décidé de passer outre la position des trois institutions créancières qui estimaient qu'Athènes avait apporté le socle nécessaire à un accord, et de mettre sur la table des conditions supplémentaires - "ce qui est assez inhabituel", souligne une autre source européenne.

C'est à présent dans les mains des chefs d'État et de gouvernement qu'est placé le sort de la Grèce. Ils vont tenter de condenser en une page ou deux les fondements d'un accord pour le maintien de la Grèce dans la zone euro. À charge ensuite, le cas échéant, aux ministres des Finance d'en tirer les conséquences techniques pour permettre aux finances grecques de retouver de l'air. 

À ce stade, souligne notre haut fonctionnaire, le simple fait qu'un texte soit sur la table et que les chefs d'États et de gouvernement en débattent est positif: "Depuis le référendum, nous sommes dans une situation où l'on peut encore discuter, c'est en soi un véritable miracle."

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés