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interview

Comment éviter d'aller au clash?

©Dries Luyten

Si cela permet d’éviter d’aller au clash, un fonds de 50 milliards d’euros d’actifs grecs qui servirait de garantie est une piste à suivre, dit Roland Gillet, professeur de finance à la Sorbonne et à l’ULB (Solvay).

Sortir et puis revenir dans la zone euro, c’est un peu de la "science-fiction".

Tout semblait aller très bien à la fin de la semaine dernière avec le programme déposé par la Grèce. Or les réunions de ce week-end ont montré l’intransigeance de plusieurs pays, dont l’Allemagne.

Roland Gillet, professeur de finance à la Sorbonne et à l’ULB (Solvay).: Le contexte était problématique. Il y avait un problème de crédibilité pour Alexis Tsipras. Le fait d’avoir lancé un référendum, de l’avoir gagné avec le  "non" qu’il soutenait et d’avoir, à peine une semaine après, ramené aux créanciers un programme qui était le même que celui soumis à la population a nui à la confiance. Le fait d’avoir obtenu le "non" était bien plus handicapant pour lui que d’avoir un "oui" car cela a bloqué la situation.

Dire aussi comme l‘a fait Tsipras que des réformes ne seraient mises en place que lorsqu’il y aurait un accord sur tout était une erreur. Ces réformes sont attendues depuis des années. C’est dans l’intérêt de tous les Grecs d’avoir rapidement un système qui permet de lever l’impôt.

Cette proposition européenne d’un fonds de 50 milliards d’euros d’actifs grecs qui servirait de garantie, est-ce une bonne idée?
Si cela permet d’éviter d’aller au clash, c’est une piste à suivre. Même si, je le reconnais, ce n’est pas la solution que j’aurais préconisée initialement, si on avait réellement voulu être solidaire et responsable. Mais une telle mesure est la conséquence de l’attitude de Tsipras et du manque de confiance des créanciers. Cela peut apparaître comme une mise sous tutelle, mais si cela permet de de débloquer la situation et d’éviter une implosion du système financier, c’est positif. Les politiques doivent pouvoir prendre une décision pour que la BCE puisse continuer à soutenir le système bancaire grec. Dans le cas contraire, cela risque de coûter très cher à tout le monde.

Et cette hypothèse d’une sortie temporaire de la Grèce de la zone euro, est-elle crédible?
Sortir et puis revenir dans la zone euro, c’est un peu de la "science-fiction". Je pense que c’est surtout un moyen de mettre la pression sur la Grèce. Mais c’est une manière très bizarre de procéder. Il faut quand même rappeler que les Grecs ne veulent pas sortir de la zone euro. Les Grecs ne sont pas idiots car cela leur coûterait très cher. Et si la Grèce devait sortir, cela serait aussi très négatif pour l’image et la crédibilité de la zone euro. Car cela créerait un précédent.

Vous restez optimiste ?
Oui, je reste optimiste. Mais on ne décide pas encore actuellement d’un accord en bonne et due forme. On est d’abord en train de s’assurer du fait que les Grecs vont enfin mettre en œuvre les mesures promises. Cela leur laisse trois ou quatre jours de réflexion pour montrer leur résolution à aller plus loin.

Comprendre le bras de fer entre Alexis Tsipras et l'Europe.

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