Grèce: la fameuse liste de réformes est encore reportée...

Alexis Tsipras, Premier ministre grec. ©REUTERS

Patience, patience... La Grèce doit présenter à ses créanciers internationaux une liste de réformes, histoire de débloquer la dernière tranche du plan d'aide. On attendait cette liste détaillée pour la réunion de Riga ce vendredi, mais c'est reporté. Et mardi, Jeroen Dijssebloem, président de l'Eurogroupe, a dit "si c'est nécessaire, nous prendrons quelques semaines de plus" pour trouver un accord.

La Grèce ne présentera pas de liste de réformes économiques vendredi à Riga lors de la réunion des ministres des Finances de la zone euro, a déclaré un haut responsable de l'Union européenne, ajoutant qu'Athènes devrait pouvoir rester solvable jusqu'au mois de juin.

Quand alors? Thomas Wieser, qui dirige le groupe de travail Eurogroupe préparant les décisions des réunions ministérielles, a estimé que la Grèce devait en tous les cas présenter sa liste dans le mois à venir. "L'heure tourne. Il n'y aura pas de liste à Riga, mais dans le courant du mois de mai, elle faudra bien qu'elle soit remise", a-t-il dit mardi soir à la chaîne autrichienne ÖRF. "La situation de la Grèce en termes de liquidités est déjà un peu tendue mais cela devrait suffire jusqu'en juin", a-t-il ajouté.

Mardi, le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem a assuré mardi voir "des avancées" dans les discussions avec la Grèce sur un programme de mesures budgétaires qui lui permettront de recevoir l'aide internationale nécessaire pour ne pas faire défaut sur sa dette.
Sur la possibilité de trouver un accord avant la fin du mois, Dijsselbloem était resté vague, répondant: "c'est possible". Mais "si c'est nécessaire, nous prendrons quelques semaines de plus", a-t-il ajouté.

• La Grèce, qui commence à être à bout de ressources, avait dit à ses partenaires de la zone euro en février que d'ici la fin avril, elle s'entendrait avec ses créanciers internationaux sur une liste de réformes à mettre en oeuvre pour obtenir les 7,2 milliards d'euros restants prévus par le plan d'aide.

Les responsables de la zone euro s'attendaient initialement à ce que la liste des réformes soit soumise à l'Eurogroupe vendredi à Riga, avant que cet espoir ne s'amenuise.

La Banque centrale européenne (BCE) a encore relevé mercredi, d'un milliard et demi d'euros, le plafond de son financement d'urgence des banques grecques, qui passe ainsi à 75,5 milliards d'euros, a-t-on appris de source bancaire grecque.

Les obligations de l'Etat grec n'ayant plus la qualité de crédit minimum qu'accepte normalement la BCE, elles faisaient l'objet d'une exception. Mais cette exception a pris fin après l'arrivée au pouvoir de la gauche radicale Syriza en raison de la volonté qu'Alexis Tsipras manifestait alors de s'affranchir du programme de sauvetage européen en cours. 

Les banques grecques ont un sérieux besoin de liquidités. De début décembre à fin février, ménages et entreprises grecs ont retiré quelque 25 milliards d'euros de leurs comptes bancaires, et l'hémorragie a continué depuis, selon certains journaux grecs.


♦ Un petit matelas de 2,5 milliards

La Grèce veut se constituer un matelas de 2,5 milliards d'euros provenant du transfert des réserves de trésorerie d'entités publiques à la banque centrale afin de couvrir toutes les échéances jusqu'à la fin mai, a déclaré mercredi le vice-ministre des Finances Dimitris Mardas.

"Je veux ces 2,5 milliards d'euros pour couvrir tout besoin qui pourrait se présenter, je le répète, en prenant en compte les hypothèses les plus mauvaises et les besoins de mai", a-t-il ajouté, se disant persuadé de voir la Grèce s'entendre avec ses bailleurs de fonds.

→ Le gouvernement grec a donc ordonné lundi aux entreprises et administrations publiques de transférer leur excédent de trésorerie à la banque centrale, une nouvelle initiative visant à faire face à la pénurie de liquidités avant de nouvelles échéances de dette le mois prochain.

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