Grèce: pourquoi ce retour à l'optimisme?

L'effet Euclide Tsakalotos (dr.) commence à jouer dans les discussions sur la Grèce... La mise a l'écart de Varoufakis (g.) semble porter ses fruits. ©REUTERS

Un accord en mai: c'est l'objectif de la Grèce et de ses créanciers. La montée en première ligne d'Euclide Tsakalotos, vice-ministre grec, semble avoir permis de sérieuses avancées.

Les discussions entre la Grèce et ses créanciers semblent s'être soudain débloquées, même si elles achoppent encore sur "les lignes rouges" fixées par Athènes, un effet positif peut-être de l'arrivée comme coordinateur grec du ministre Euclide Tsakalotos.

Depuis jeudi, le "groupe de Bruxelles", qui rassemble des représentants d'Athènes, de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne (BCE), du Mécanisme européen de stabilité (MES) et du Fonds monétaire international (FMI), planchent pour trouver un accord permettant aux Grecs d'obtenir le déblocage de 7,2 milliards d'euros de l'UE, en échange de réformes satisfaisant ses créanciers.

Fait très rare depuis l'arrivée au pouvoir du parti de gauche radicale Syriza d'Alexis Tsipras en janvier, les créanciers ont fait des commentaires positifs dimanche soir, alors que la discussion va se poursuivre au-delà du week-end, dans ce qui est qualifié par Athènes d'un "deuxième round" de négociation.

Une source européenne a ainsi qualifié cette prolongation de "bon signe". Les discussions "sont constructives, j'oserais même dire encourageantes", a-t-elle même avancé.

 

"Je suis (...) absolument persuadé que le scénario du pire sera évité"  (Vitor Constancio, vice-président de la BCE)

 

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Côté grec, on partageait cet optimisme. L'équipe grecque de négociation s'est réunie dimanche soir autour de Tsipras. "Nous avons relevé que des pas très importants avaient été faits dans le groupe de Bruxelles, qui rapprochent de la conclusion d'un accord", a indiqué ensuite une source gouvernementale.

Selon elle, "l'objectif de toutes les parties est d'avoir un accord en mai au niveau du groupe de Bruxelles".

Athènes espère qu'un succès du round de discussion du groupe de Bruxelles, qui s'achève mercredi, pourrait "conduire à la reconnaissance par l'Eurogroupe (ministres des Finances de la zone euro) de l'important progrès accompli", et ainsi au versement d'argent.

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La raison de cette amélioration du climat des discussions semble tenir en grande partie aux changements effectués cette semaine par Tsipras dans son équipe de négociateurs, avec la montée en première ligne d'Euclide Tsakalotos, vice-ministre des Affaires étrangères en charge des Affaires économiques.

 

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Plus personne à Bruxelles, en effet, ne semble supporter le ministre des Finances et show-man Yanis Varoufakis, apparemment plus prompt à tweeter sur son sentiment d'inspirer "la haine" à ses pairs, ou à décrire par le menu dans un communiqué sa confrontation avec des anarchistes mardi dans un restaurant, qu'à se plier aux exigences délicates de la négociation bruxelloise.

La promotion comme "coordinateur de l'équipe politique de négociation" de Tsakalotos, peut-être plus dur idéologiquement que Varoufakis, mais plus neutre dans ses manières a arrangé les choses, une semaine après ce que la presse grecque a considéré comme "le naufrage" de l'Eurogroupe de Riga, le 24 avril.

 

• Moment 'critique'
"Les discussions menées avec l'équipe grecque remaniée ont clairement amélioré le processus, avec un clair calendrier des discussions, plus d'experts et de détails", a souligné dimanche la source européenne.

Varoufakis, dont les compétences d'économiste ne sont pas discutées, n'a cependant pas disparu. Il a participé à la réunion de dimanche soir autour de Tsipras.

Tout n'est pas réglé entre Athènes et les créanciers. "Plus de travail est requis" sur certains points, a indiqué une autre source européenne. Les discussions achoppent sur ce qu'Athènes considère comme des "lignes rouges".



→ Quelles sont les "lignes rouges"?

En particulier, les créanciers, a expliqué le porte-parole de Tsipras, sont opposés à une loi rétablissant les conventions collectives, et veulent "une libération totale des licenciements", "à l'encontre, selon lui, du cadre institutionnel en vigueur dans toute l'Europe".

Les créanciers veulent aussi "une nouvelle diminution des retraites, mais le gouvernement pense que ça suffit comme ça", a-t-il expliqué, faisant valoir que, "jusqu'à maintenant, le gouvernement grec a démontré une grande flexibilité", et qu'on "a besoin désormais de la même chez les créanciers".

Alors que la Grèce doit rembourser environ un milliard d'euros en mai à ces derniers, le moment est "critique" pour les finances de l'Etat, a confirmé le porte-parole.

D'autant que l'économie grecque réelle souffre beaucoup de toutes ces incertitudes. Les patrons des quatre grandes banques grecques ont appelé individuellement dimanche, dans le quotidien Kathimerini, à une issue positive rapide des négociations.

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