Grèce: Varoufakis crée (encore) la polémique

©REUTERS

Le ministre grec des Finances Yanis provoque la polémique au sein du gouvernement grec, avec la nomination d'une représentante d'Athènes auprès du FMI.

Le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis a provoqué une polémique au sein du gouvernement de gauche radicale, après avoir nommé une ex députée socialiste controversée représentante de la Grèce au FMI.

L'économiste Elena Panariti avait participé à l'équipe du précédent gouvernement droite-socialiste aux négociations avec les créanciers, UE et FMI, sur l'application du premier plan d'aide au pays, marqué d'une politique stricte de rigueur.

Sa nomination a provoqué l'ire de 43 députés (sur un total de 149) de la gauche radicale Syriza, au pouvoir, ainsi que la réaction de nombreux cadres du gouvernement d'Alexis Tsipras, Premier ministre et président du Syriza.

"Une personnalité qui représente la politique du Memorandum (d'austérité ndrl)  ne peut pas représenter l'actuel gouvernement dont les principes et les valeurs sont totalement différents (...)", ont déclaré les députés dans une lettre ouverte publiée dimanche soir par l'Agence de presse grecque Ana (semi-officielle). "Il s'agit d'un sujet politique (...), c'est une décision erronée et on réclame son annulation", écrivent ces députés.

Une rencontre est prévue dimanche soir entre le Premier ministre Alexis Tsipras et Yanis Varoufakis sur ce sujet, a indiqué l'Ana.

Le ministre très médiatique Yanis Varoufakis, qui est aussi député du Syriza mais pas membre du parti, avait déjà provoqué la polémique au sein du gouvernement fin avril. A l'époque il avait été accusé d'avoir créé un climat négatif lors des négociations entre Athènes et les représentants des créanciers, UE et FMI, concernant l'accord qui doit être conclu sur l'avenir financier du pays.

Pour apaiser ce climat tendu à l'époque, Alexis Tsipras avait dû réorganiser l'équipe grecque chargée des négociations avec les créanciers.

"Il y a souvent une mauvaise compréhension" avec les équipes de l'UE et du FMI, et même "un climat négatif" envers Varoufakis, avait avoué le Premier ministre grec lors d'un entretien à la télévision grecque Star début mai.

• Et dans les négociations, où en est-on?

Le contexte

La Grèce, en manque de liquidités, est confrontée à une échéance de remboursement au Fonds monétaire international (FMI) le 5 juin tandis que l'actuel programme d'aide en sa faveur, gelé dans l'attente d'un accord sur un ensemble de réformes à mettre en oeuvre, prend fin le 30 juin.

Le commissaire européen Günther Oettinger juge possible un accord d'ici la fin de la semaine entre la Grèce et ses créanciers. "Il va nous falloir des progrès au niveau du groupe de travail afin que nous puissions nous entendre sur un programme de réformes, peut-être même d'ici la fin de la semaine, ce qui déclencherait le versement de la dernière tranche d'aide de l'actuel programme d'aide", dit le commissaire à l'économie et à la société numériques dans une interview publiée ce lundi par le journal Die Welt.

Mais pas ce lundi. Pas encore... Günther Oettinger minimise cependant les chances d'une percée significative lors de la réunion prévue ce lundi à Berlin entre la chancelière allemande Angela Merkel, le président français François Hollande et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. "Les défis de la Grèce sont trop importants pour être réglés en passant", juge-t-il.

♦ Alexis Tsipras s'est entretenu dimanche au téléphone avec François Hollande et la chancelière allemande, et tous trois ont réaffirmé la nécessité de trouver rapidement un accord sur l'aide financière à la Grèce. Il s'agissait de la deuxième conversation téléphonique entre les trois dirigeants en quatre jours, Alexis Tsipras recherchant une solution politique aux déboires économiques de son pays.

Günther Oettinger rapporte que les positions se sont rapprochées entre la Grèce et ses créanciers au sujet de réformes telles que celle sur la TVA mais que des divergences importantes demeurent sur des thèmes essentiels comme le marché du travail et le système de retraite.

De son côté, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a répété son opposition à une sortie de la Grèce de la zone euro, estimant que cela ferait fuir les investisseurs, dans un entretien avec le Süddeutsche Zeitung à paraître lundi.

"Je ne partage pas l'idée selon laquelle nous aurons moins de problèmes et de contraintes si la Grèce abandonnait l'euro", a déclaré M. Juncker avant sa rencontre lundi soir à Berlin avec la chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés